Mirabaud, journal de bord du mardi 18 janvier 2011

Quatre saisons en trois semaines

Parti de Barcelone le 31 décembre, le Mirabaud a connu l’hiver lors du départ, puis des températures printanières au large de Madère, une grosse chaleur au large du Sénégal, un climat orageux et lourd à l’approche du Brésil – lors du franchissement de l’Equateur – puis désormais une chaleur tropicale qui va rapidement laisser la place à des frimas automnaux au large du Chili puis aux grands froids de l’Atlantique sud…

« En ce moment, et pour une fois, on est peinards », raconte Dominique. « L’alizé est bien établi, on navigue au près bon-plein sous grand voile haute et génois, le pilote automatique tient parfaitement. On en a profité pour recharger nos batteries et on a récupéré notre quota de sommeil. »

D’ici demain, et le 20è parallèle Sud, la situation météorologique va sérieusement se compliquer: à l’Ouest, une perturbation orageuse tourne sur elle-même et va générer un vent de secteur Nord soutenu dont Foncia et Virbac-Paprec 3 vont bénéficier brièvement, avant de butter dans un nouvel anticyclone qui pourrait fortement les ralentir.

Sur la route (presque) directe qu’ont choisi Estrella Damm, Groupe Bel et Mirabaud, une petite bulle anticyclonique va aussi bloquer le passage et rendre la vie des équipages difficile. « On va essayer de se glisser entre les deux bulles anticycloniques qui se dressent devant nous. Mais il va sûrement y avoir des périodes de calme. Ça va être très délicat à gérer. »

Un jeu de poker menteur

Le règlement de la Barcelona World Race autorise les concurrents à naviguer – à une reprise pendant l’ensemble de la course – en mode furtif pendant vingt quatre heures, c’est-à-dire qu’ils disparaissent des écrans radars et que seuls les organisateurs connaissent encore leur position pour des raisons de sécurité.

Dimanche, c’est l’équipage espagnol de Mapfre qui a abattu son joker pour réapparaître vingtquatre heures plus tard sur les écrans et dans le classement, suivi ce matin par Paprec Virbac. Les Espagnols ont-ils joué au poker menteur, et essayé de faire croire à leurs adversaires qu’ils allaient couper au plus court en direction de l’Est… alors précisément que c’est une option très risquée avec une petite chance de faire le break mais surtout une importante probabilité de rencontrer des vents faibles et contraires ?

« Je n’en pense pas grand chose », raconte Dominique, qui n’est pas très porté sur ce « gadget ». « Nous, on a fait notre route indépendamment de leur stratégie, quelle qu’elle soit. Je pense que le concept du mode furtif peut être amusant pour le public ; mais pour nous il ne change pas grand-chose. Cela dit, nous allons peut-être l’utiliser si l’occasion se présente. C’est amusant et on ne se gênera pas de jouer avec s’il y a une opportunité. » la réparer, mais pour cela il nous faut une mer plate car nous devons l’étaler sur le pont. Or, nous faisons tout pour éviter les mers plates… »

Le blog de Michèle

« Le matin du départ, quelle ne fut pas ma surprise de découvrir à bord un étrange petit animal à grandes oreilles, heureusement il ne s’agissait pas de celui auquel vous pensez et dont la présence est totalement bannie à bord ! Ce curieux petit compagnon, dont je vous joins la photo, a pris ce que nous avons coutume d’appeler la véranda, pour sa niche. Assis là en face de moi, il accompagne tous nos quarts de veille, il n’en a manqué aucun depuis le départ de Barcelone !

Il n’obéit pas encore très bien, mais est d’une écoute attentive, et qui sait avec un peu plus de temps, de fatigue, ou encore si la magie du grand Sud opère, qui sait alors, l’entendrais-je même peut-être un jour me répondre !

Hier j’ai définitivement enlevé le pansement protecteur sur mon pouce, et je profite de ce petit mail nocturne pour adresser un grand merci aux docteurs de la clinique Teknon qui ont fait des merveilles pour ma «pince digitale».