Mirabaud, journal de bord du vendredi 4 février 2011

Des conditions atypiques

Tout comme ses concurrents, le Mirabaud navigue actuellement dans des conditions atypiques, et un peu moins vite que prévu.

« Nous sommes au près bon-plein, dans une mer chaotique », raconte Michèle Paret. « Le vent est irrégulier et il oscille de 12 à 25 noeuds. Nous ne pouvons pas passer notre vie à changer de toile, donc nous adoptons un réglage moyen et nous affinons surtout les réglages et les angles de navigation lorsque le vent mollit ou qu’il se renforce. Par contre la température est toujours agréable, il fait environ 10 degrés dans le bateau, et c’est aussi la température de l’eau. Nous sommes bien équipés, mais nous ne portons pas encore toutes nos couches et nous ne souffrons pas du froid. »

Naviguant à environ 80 degrés du vent réel, le Mirabaud tape actuellement beaucoup et des paquets d’eau s’abattent sur le pont et le cockpit à chaque vague. « C’est assez sportif », confirme Michèle. « Les chocs avec la mer sont très puissants et lorsqu’on est sur le pont les forces sont énormes, nous devons vraiment faire très attention. Lorsque nous manoeuvrons, nous abattons de quelques degrés afin d’améliorer notre sécurité (le barreur se rapproche de l’angle du vent). Nous nous attachons aussi systématiquement s’il s’agit d’une manoeuvre complexe. »

Le Mirabaud est actuellement sixième de la course, à environ 1300 milles du leader. C’est aujourd’hui le 34è jour de course, et les marins ont probablement franchi le tiers du temps qu’ils passeront en mer.

« Madame est servie ! »

Avant de rencontrer les vents puissants qui leur permettent enfin de débouler à vive allure, Michèle Paret nous a transmis ce message : « Une nuit à lutter dans la pétole, le tout dans une mer grosse et totalement désorganisée. Le décor est posé autour de Mirabaud et son copain Neutrogena. Douze empannages dans «du pas de vent», croyez-moi ça calme vos ardeurs !

Et c’est un peu groggys et calmés par cette nouvelle nuit de hautes pressions, qu’un bon flux de 20 noeuds au près refusant est venu nous cueillir sous une espèce de crachin très breton, réveil tonique assuré ! Deux virements de bord et un ris plus tard, re-pétole histoire surtout que l’on ne s’endorme pas tout de suite … Décidément notre cher Eole pense à tout.

Je vous rassure, depuis nous avons enfin un flux régulier de 15/18 noeuds, de Sud-Est. Fini le beau soleil d’hier, le crachin est toujours de la partie, le près lui aussi hélas, mais au moins nous parvenons à avancer dans la bonne direction.

Madame est servie !!

En tête de la course

Jean-Pierre Dick et Loïck Peyron poursuivent leur parcours victorieux en tête de la Barcelona World Race. Bien que bénéficiant d’une avance confortable, ils sont néanmoins loin de vivre une promenade de santé.

A leurs trousses, l’étonnant duo composé des champions olympiques Iker Martinez / Xabi Fernandez accentue en effet la pression, et a battu mercredi le record de vitesse en 24 heures avec une moyenne époustouflante de 26.8 noeuds. L’écart qui sépare leur voilier Mapfre des leaders s’est réduit à un peu plus de 400 milles ; une bonne journée de navigation. L’autre tandem espagnol, composé de Alex Pella et Pepe Ribes, tient également la distance, de même que le Groupe Bel de Sébastien Audigane et Kito de Pavant, à environ 600 milles du leader Avec encore le Renault ZE de Pachi Rivero et Toni Piris, ces cinq voiliers constituent le groupe de tête, positionné environ 500 milles devant le Mirabaud, à l’affût des prochaines opportunités.