PATIENCE EST « MER » DE VERTU

Il aura fallu s’armer de patience en ce début de journée pour voir les premiers monocoques prendre le départ de cette nouvelle journée des Voiles de Saint-Tropez. Après un long moment d’hésitation, dû à la rotation du vent et à son manque de souffle, le comité de course a pu libérer toutes les classes sur des parcours différents.

Les classiques, derniers à s’élancer, ont eu le droit à un parcours de 9 milles pour les petites unités, les grandes couvrant quant à elles, une manche longue de 14 milles.

Les pavillons, hissés en haut de la capitainerie de Saint-Tropez ont eu bien du mal à flotter au vent ce matin. Ce n’est finalement qu’aux alentours de 13 heures que les Wally ont pu prendre un départ, suivi une demi-heure plus tard par les modernes. Positionnés de l’autre côté de la baie, les classiques ont dû patienter un peu plus longtemps. Peu après 14 heures, une fois le vent calé en force et en direction, le comité de course a pu enfin donner le second départ de cette deuxième journée. Avec un vent soufflant à 10 nœuds de sud avec une rotation vers l’ouest en fin d’après-midi, l’ensemble des concurrents a fait son entrée dans la baie au près bon plein, offrant aux spectateurs massés sur les quais de magnifiques scènes de voiles.

Dès demain, les premiers résultats provisoires du « Trophée Rolex »  devraient être divulgués, offrant un premier aperçu des forces en présence. Rowdy est en bonne position pour un triplé mais il restera encore 2 journées de régates pour toucher au but. La journée de demain sera réservée aux Défis, un retour aux sources de la Nioulargue.

Elena 

Au commencement il y avait un homme, Nathanael Herreshoff, dit le « magicien de Bristol ». Au commencement il y eut Westward, une goélette conçue pour avaler les milles à grande vitesse. Puis il y eut, Elena, commandé pour battre Westward en compétition. Au final, ces deux unités d’exception disparurent pour reprendre vie à la fin du XXème siècle sous forme de répliques exactes. Westward devint Eleonora, sous l’impulsion de Ed Kastelein, tandis qu’Elena repris vie en Espagne au chantier Factoria Naval de Marin. C’est en 2009 aux Voiles de Saint-Tropez que les deux goélettes purent tirer les premiers bords ensemble. À peu près similaires, les deux yachts sont difficiles à différencier.

La grande différence se trouve sous le niveau de l’eau, la quille, un peu plus longue et racée offre à Elena de meilleures performances au prés.

Difficile d’imaginer, depuis les quais ou même en mer, que ces deux goélettes ne sont vieilles que de 10 ans et 1 ans. Le travail des constructeurs et des artisans qui ont transmis à ces unités toute la grâce, l’élégance et la performance voulue par Herreshoff est spectaculaire. Avec 1180 m2 de voilure, Elena impose sa silhouette dans la baie de Saint-Tropez face à des yachts classiques comme Cambria, Mariska ou encore Altaïr.

Elena s’est imposée en une année comme un classique désormais incontournable de la scène méditerranéenne. Il participe activement au renouveau de ces cathédrales qui ont, durant le début du siècle dernier, apporté leurs lettres de noblesses à la voile.

Pour la cinquième année, Rolex fait partie du club des partenaires des Voiles de Saint-Tropez. Ce rassemblement, organisé par la Société Nautique de Saint-Tropez (SNST), a rejoint le programme des Voiles Rolex qui rassemble chaque année une vingtaine de courses renommées telles que la Rolex Sydney Hobart, la Rolex Fastnet Race ou encore la Maxi Yacht Rolex Cup et le Rolex Farr 40 World Championship.