Plein Sud

Au large de Salvador de Bahia ce vendredi après-midi, Groupama 3 continue sa descente vers le Sud à la recherche d’une dépression orageuse en formation sur le Brésil. À plus de vingt-cinq noeuds de moyenne, Franck Cammas et son équipage possèdent toujours 680 milles d’avance sur le tableau de marche du record.

La visio conférence organisée au PC Course parisien de Groupama n’a pu avoir lieu pour des raisons techniques dues à la transmission défaillante d’Inmarsat, mais Franck Cammas a pu participer à la vacation radio animée par Stanislas Grenapin qui recevait l’animateur météo Laurent Cabrol. Anticyclone, Pot au Noir, alizés, dépressions… le skipper de Groupama 3 a pu expliquer la situation dans laquelle il navigue depuis son passage de l’équateur en 5 jours quinze heures.

« Il fait beau avec quelques cumulus de beau temps, avec des alizés de travers mais un peu instables. Il faut manoeuvrer assez souvent entre trinquette et solent parce que ça varie entre 14 et 22 noeuds… Nous sommes obligés de faire un grand tour autour de l’anticyclone de Sainte-Hélène : nous allons longer les côtes brésiliennes pendant deux jours pour gagner dans le Sud afin d’attraper une dépression qui se crée en ce moment sur le continent sud-américain. Elle nous poussera alors vers l’Est rapidement… Mais il ne faut pas la rater car il n’y a plus rien derrière ! Le rendez-vous est prévu pour samedi midi : après, ça va allumer… Pour l’instant, l’enchaînement est plutôt positif avec un anticyclone devant nous que la dépression va pousser : nous aurons une mer plate avec du vent portant ! » Racontait le skipper de Groupama 3.

Cap au Sud

 Alors que Jacques Caraës avait montré à ses co-équipiers avant le départ de Ouessant, où il habitait (à l’Aber Wrac’h), c’est au tour de Ronan Le Goff de passer devant sa maison brésilienne dans la baie de Bahia… Le trimaran géant suit en effet une route parallèle à la côte, prenant même un peu de Sud-Ouest dans son cap, pour descendre le plus vite possible vers le 22° Sud. En fait, en raison d’une situation météorologique différente, Groupama 3 se positionne environ 200 milles plus à l’Ouest que la route du détenteur du Trophée Jules. Un différentiel lié à un passage de l’équateur plus à l’Ouest (par 30° W contre 26° pour Orange 2) mais aussi parce que la priorité actuelle n’est pas de se rapprocher tout de suite de la route directe mais bien de se placer devant le front froid brésilien.

De fait, les routes des deux multicoques à quatre ans d’écart sont assez similaires depuis le Pot au Noir, et les vitesses sont identiques ce qui maintient la stabilité de l’avance de Groupama 3 (680 milles) depuis deux jours. À la vue des conditions météorologiques annoncées, Franck Cammas et ses neuf équipiers vont obliquer vers le cap de Bonne-Espérance approximativement sur la même latitude que Bruno Peyron en 2005 (22° Sud) : cette grande courbe vers l’océan Indien va surtout déterminer à quelle latitude vont débuter les longs surfs autour de l’Antarctique : il y a en effet plus de 9 000 milles à parcourir ensuite dans les Quarantièmes Rugissants !