Plus que 1400 milles

Virbac-Paprec 3 à la latitude des Canaries
Son ETA à Gibraltar : dans la nuit du 31 mars au 1er avril
Central Lechera Asturiana va repartir cette nuit de Wellington après 25 jours d’escale technique

 

Tandis que Jean-Pierre Dick et Loïck Peyron n’ont plus que 1400 milles (2592 km) à parcourir jusqu’à la ligne d’arrivée espagnole, Juan Merediz et Fran Palacio, à 10 000 milles du bateau bleu, ont décidé de repartir de Wellington cette nuit pour terminer leur tour du monde…

 

Cap à l’Est puis au Nord, Virbac-Paprec 3 tente d’échapper aux hautes pressions et remonte au près, 90 milles dans l’ouest des Canaries. Tout porte à croire que Jean-Pierre et Loïck ont décidé de laisser cet obstacle à tribord pour éviter le dévent de ces îles aux reliefs imposants. Rappelons que le sommet le plus haut d’Espagne se trouve dans cet archipel : un volcan nommé Teide culminant à plus de 3700 mètres. 242 milles plus au sud, la problématique est la même pour l’équipage de MAPFRE : remonter en escalier vers le nord, parer l’archipel canarien sans se faire piéger.

A bord de l’ancien Foncia, les médaillés olympiques et multi champions du monde Iker Martinez et Xabi Fernandez ne se résignent pas à occuper la place de dauphin, mais ils savent aussi que leur destin n’est plus totalement entre leurs mains. Avec un retard qui représente 17% du chemin à parcourir et une stratégie quasi obligatoire au près, les voies de dépassement seront rares… Virbac-Paprec 3 est attendu à Gibraltar dans la nuit du 31 mars au 1er avril. MAPFRE 24 heures plus tard.

Neutrogena handicapé par sa quille

Derrière, dans le sud du Cap Vert, Renault Z.E réussit fort bien à maintenir ses deux rivaux à distance. Pachi Rivero et Antonio Piris ont bénéficié les premiers du renforcement des alizés. Et comme il n’y a ni coups fourrés ni grandes stratégies à l’horizon, la hiérarchie devrait rester la même pendant au moins une bonne semaine avec Estrella Damm en 4e position et Neutrogena cinquième. A ces allures de près un peu costaud, le bateau de l’équipage germano-américain est handicapé par l’impossibilité de basculer totalement la quille (problème de vérins constaté en début de mois). Neutrogena va moins vite et Boris Hermann ne se fait pas d’illusion quant à l’issue de cette course de vitesse face au vent.

Journée bricole pour les filles

A l’entrée du Pot au Noir, Dee Caffari et Anna Corbella ont sacrifié la journée d’hier pour réparer la cloison de ballast avant de Gaes Centros Auditivos. Elles ont passé pratiquement 24 heures arrêtées avec trois ris dans la grand-voile pour mener à bien les travaux de stratification. Anna a profité de cette « pause bricole » pour faire une ascension dans le mât et constater que le gréement du bateau était impeccable. Les voici de nouveau en route vers l’équateur, à faible allure mais à bientôt à 100% de leur capacité.

Hugo Boss file à l’anglaise

Dans le Sud du Brésil, profitant d’une météo complexe où dépressions et anticyclones se succèdent, Hugo Boss est en train de semer son compagnon FMC. Il y a quelques jours, lorsque Wouter Verbraak et Andy Meiklejohn quittaient les Malouines après leur escale technique destinée à réparer leurs voiles et le rail de mât, les deux bateaux n’étaient séparés que de 120 milles. Aujourd’hui, cet écart se monte à 489 milles car les premiers filent au largue quand les seconds luttent contre des vents contraires.

Central Lechera Asturiana va repartir en course

Alors que We are Water progresse péniblement à 150 milles du cap Horn, Central Lechera Asturiana est sur le point de le rejoindre dans le Pacifique, après 25 jours d’escale à Wellington. Le 3 mars dernier, Juan Merediz et Fran Palacio s’arrêtaient dans la capitale néo-zélandaise pour réparer leur mât cassé deux jours plus tôt en mer de Tasmanie. Le bateau a été remâté il y a 48 heures et le gréement a été testé. L’équipage souhaite désormais terminer son périple autour du monde. D’après un communiqué envoyé par leur équipe, Juan et Fran ont prévu de larguer les amarres ce soir à 00h00 TU (lundi 02 heures du matin en Europe). Ils repartiront alors avec plus de 10 000 milles et presque deux océans de retard sur les leaders…

Classement du 27 mars à 16 heures (TU+2) :

1 VIRBAC-PAPREC 3 à 1400, 8 milles de l’arrivée

2 MAPFRE à 242,9 milles

3 RENAULT Z.E à 1080,7 milles

4 ESTRELLA DAMM Sailing Team à 1236 milles

5 NEUTROGENA à 1271,9 milles

6 GAES CENTROS AUDITIVOS à 1845,7 milles

7 HUGO BOSS à 3366,8 milles

8 FORUM MARITIM CATALA à 3855,3 milles

9 WE ARE WATER à 5640,2 milles

10 CENTRAL LECHERA ASTURIANA à 10149,5 milles

ABN FONCIA

ABN PRESIDENT

ABN GROUPE BEL

ABN MIRABAUD

Ils ont dit :

Iker Martínez (ESP), MAPFRE : “Tout va bien à bord, nous continuons notre petit chemin. Actuellement nous sommes au près, comme depuis le passage de l’équateur. Notre stock de lyophilisé est mauvais, nous l’analyserons quand nous arriverons. Conséquence directe, cela fait trois semaines que nous nous rationnons, mais il faut dire que nous avons l’habitude puisque quand on court en 49er nous devons faire très attention au poids. Une raison de plus pour avoir envie d’arriver ! En termes de stratégie, il semble qu’il n’y aura pas beaucoup à jouer dans les Canaries. Nous faisons une route plein nord et nous devrons virer de bord, tout dépendra de l’anticyclone. Une fois que nous aurons viré, nous verrons si ça passe par le nord ou à travers les îles, ce qui est toujours assez compliqué. Mais à l’heure actuelle, le plus préoccupant est la situation entre les Canaries et le détroit de Gibraltar, où il semble y avoir très peu de vent ».

Anna Corbella (ESP), Gaes Centros Auditivos : « Nous avons eu besoin de 24 heures pour que la réparation prenne bien et il faudra 48 heures pour que cela se solidifie, donc il faut naviguer calmement et avec peu de voile. Nous devons traverser le Pot au Noir le plus vite possible et éviter au maximum que le bateau ne tape ce qui est le pire. Nous ferons notre possible pour ne pas avoir d’autres problèmes techniques. Et normalement demain nous naviguerons à nouveau normalement. Hier, comme nous n’avions rien d’autre à faire, nous avons décidé de réviser intégralement le bateau. Nous sommes montées au mât et nous avons fait la révision générale, le mât est parfait, juste des petites choses sans importance. »