Podium de géants et bagarre à tous les étages

Avec l’arrivée de Thomas Coville aujourd’hui à Pointe à Pitre, on connait désormais le podium des Ultimes. Rien que des favoris, des bateaux au meilleur de leurs performances, trois personnalités fortes, riches et inspirées ; Franck Cammas (Groupama 3), Francis Joyon (Idec) et le skipper de Sodebo, ne pouvait-on rêver plus joli tableau de famille pour le retour des géants de l’Atlantique sur la Route du Rhum – La Banque Postale ? Pour ces trois là, le Rhum a la saveur des grands bonheurs et des petits regrets. Pour leurs quatre concurrents encore en mer, il prend les allures d’un chemin de croix. En Imoca, l’heure est aux incertitudes et au casse-tête météo. Le coup de frein annoncé sur la tête de course pourrait bien relancer les débats d’une flotte qui tient ses cinq premiers concurrents en une centaine de milles. Toujours aux commandes, Roland Jourdain (Veolia Environnement) reste donc plus que jamais sous la menace de ses poursuivants. Du côté des Multi50, la résistance s’organise pour le leader Lalou Roucayrol (Région Aquitaine – Port Médoc) qui se retrouve en position de chassé alors qu’en Class 40, Thomas Ruyant (Destination Dunkerque) entretient le fossé qui le sépare de ses poursuivants.

 

 

 

Ultimes : Thomas Coville (Sodebo), troisième de la Route du Rhum – La Banque Postale

      Troisième des Ultimes de la 9ème Route du Rhum -La Banque Postale, Thomas Coville a coupé la ligne d’arrivée en Guadeloupe à 16 heures 15 minutes 11 secondes (Heure de Paris), complétant ainsi un superbe podium déjà formé de Franck Cammas (Groupama 3) et Francis Joyon (Idec). Déçu de n’avoir été le premier à accueillir ses concurrents à Pointe-à-Pitre et visiblement ému, le skipper de Sodebo est revenu sur ces dix jours de course, sa route Nord, son avarie cachée, sa déception, ses bonheurs… Extraits de la conférence de presse

Le sentiment qui domine après cette troisième place ?
      « Il y a un Monsieur qui est parti il n’y a pas longtemps, qui s’appelait Michel Malinovski et qui a écrit un livre qui s’appelle « Seule la victoire est jolie ». C’est ce qu’on va chercher dans le Rhum, à chaque fois. Ce n’est pas de l’orgueil que de dire ça, mais dans la machine naturelle de l’homme, la victoire fait partie de ce qu’on va chercher. Franck est un très beau vainqueur, avec une très belle équipe. C’est moins difficile de se battre contre quelqu’un qu’on connait et qu’on respecte. C’est une superbe année pour Franck et son bateau est fantastique. Je savais que dans notre mano a mano, il fallait autre chose pour faire la différence.
Quand as-tu compris que la victoire s’envolait ?         « On a fait un choix il y a deux jours, on était à moins de 200 milles de Franck , il y avait un décalage qu’on pouvait encore jouer en essayant de prendre l’intérieur dans une bulle. On s’est dit : « Si ça marche, on peut encore attaquer Franck. Si ça ne marche pas, on perd la deuxième place ». J’ai préféré être à l’attaque tout le temps, jusqu’au bout. Dans l’attitude qu’on avait avec Sodebo dans cette Route du Rhum, on était vraiment dans la philosophie de Malinovski. Le plus dur c’est de s’apercevoir qu’on ne peut pas gagner. Retrouvez l’intégralités des réactions de Thomas Coville sur le site internet de la Route du Rhum – La Banque Postale.
Imoca : Le casse-tête météo   Finie la dépression Tomas pour la flotte Imoca, place à l’imbroglio le plus complet pour les derniers jours de course.       Boule de cristal, marc de café, cartomancie… Les coureurs ne savent plus à quel saint se vouer pour comprendre la météo à venir. Les fichiers météo ne s’accordent que sur un seul point : le vent sera léger, voire très très léger. Reste à savoir de quelle direction ce léger zéphyr soufflera. Roland Jourdain (Veolia Environnement) occupe la première place depuis maintenant une semaine. Les routes convergentes du leader et de son dauphin pourrait mettre fin à l’option décalé au Sud, puis à l’Est, d’Armel Le Cléac’h (Brit Air) toujours aussi menaçant. Le ralentissement par devant devrait également profiter aux poursuivants de Jourdain dont Jean-Pierre Dick (Virbac-Paprec 3) repassé sous la barre des 100 milles de retard. Tout au Sud, Arnaud Boissières (Akena Vérandas) et Michel Desjoyeaux (Foncia), qui affichent plus de 550 milles de retard, sont encalminés de l’autre côté de cette immense zone sans vent.
Multi50 : Lalou Roucayrol fait de la résistance       Toujours en tête de la flotte, Lalou Roucayrol (Région Aquitaine – Port Médoc) bataille ferme dans des petits airs erratiques au Nord et voit fondre son avance « comme pétole au soleil » selon son expression. Impuissant, prisonnier d’une bulle sans vent, il ne possède ce mercredi plus que 102 milles d’avance – contre 150 la veille – sur Lionel Lemonchois qui, pour la deuxième fois en deux jours, est le plus rapide de la flotte sur 24 heures. Le skipper de Prince de Bretagne, situé plus au Sud, bénéficie pour sa part d’une bonne quinzaine de nœuds mais progresse au près,  prudemment afin d’éviter un nouveau problème technique. Par ailleurs, Franck-Yves Escoffier et Yves Le Blévec  sont  parvenus à apporter des solutions intéressantes à leurs problèmes toutefois Crêpes Whaou ! et Actual ont décidé d’unir leurs moyens pour dépêcher un bateau à leur rencontre afin d’anticiper une dégradation de la météo et de l’état des trimarans. Ce catamaran d’assistance de 75 pieds quittera la Guadeloupe vers 22h, heure française, ce soir.
Class 40 : Perturbations… et Rhum dérangé !         Au 10è jour de course, l’incertitude météo domine toujours. Difficile en effet d’y voir clair dans les cartes et modèles qui s’accordent pour dire qu’un grand flou artistique l’emporte sur les devants de la scène de la flotte de la Class 40. Résultat : les bateaux s’éparpillent dans tous les sens. Pour autant, pas de « perturbations » qui tiennent en tête de flotte : Thomas Ruyant (Destination Dunkerque) trace toujours sa trajectoire avec autant d’inspiration que de conviction. Pointé en première ligne depuis plus d’une semaine, fort aussi d’un confortable matelas d’avance, le jeune skipper venu du Nord ne s’endort pas pour autant sur ses lauriers océaniques. Qu’importe que la deuxième partie du parcours en direction des Antilles s’annonce perturbée par une météo aussi imprévisible que complexe, il s’en arrange : cap à l’Ouest ! Comme ses poursuivants qui fourbissent leurs armes et attaquent de tous les côtés dans son Sud.
Catégorie Rhum : Ca revient par le Sud       Dans la flotte Rhum, les trajectoires commencent à converger entre les nordistes, Charlie Capelle (Acapella) et Pierre-Yves Guennec (Jeunes Dirigeants – Lorans) passés au-dessus des Açores et les sudistes arrivés par le large du Portugal. Les premiers naviguent dans un vent de Sud-est relativement faible ce mercredi et affichent des vitesses moyennes inférieures à celles des seconds qui profitent actuellement de l’alizé. De ce fait, Andrea Mura (Vento di Sardegna) pointe toujours en tête au classement avec désormais plus de 140 milles d’avance mais le changement notable aujourd’hui, c’est le retour aux avant-postes de Luc Coquelin (Pour le Rire Médecin), 2e et de Julien Mabit (Monopticien.com), 3e. Derrière le Sarde, ils sont donc quatre bateaux à se tenir en moins de 40 milles. Etienne Giroire (ATNinic.com) reste en embuscade un peu plus au sud. Pour tous, les prochaines heures risquent de corser leur progression, la faute à l’arrivée d’une perturbation par l’ouest. A suivre donc.