Saint-Barth et ses vainqueurs

 

– Le tour de l’île en point d’orgue des Voiles de Saint-Barth 2011
– Rambler 100, Vesper, Nix, Mariella et Fat Cat rois de la fête
– Rendez vous en avril 2012

Le ciel de Saint Barthélémy s’était habillé de contrastes pour saluer dès 11 heures la dernière régate des Voiles de Saint-Barth version 2011, un tour complet de l’île ; contrastes des formes et des couleurs, entre immensité de l’azur et de sombres cumulus chargés de pluie qui ont donné un relief encore inédit aux courses de la semaine. Le vent généreux depuis lundi était à nouveau au rendez-vous, obstinément calé à l’est pour 17 à 18 nœuds, le « range » idéal pour plaquer sur 400 et quelques faces tannées et burinées, le sourire extatique du marin qui sait qu’il recevra une fois encore sa juste rasade d’embruns chauds et d’émotions brûlantes au plus près des côtes du paradis. A cette unanime satisfaction se mêlait au moment des départs ici et là l’inévitable nervosité des compétiteurs bien décidés à concrétiser par la victoire lors de la dernière manche les efforts de la semaine. Contrat rempli pour Rambler 100, star de ces Voiles, et qui apporte à son propriétaire George David un deuxième triomphe dans la classe « reine » des Maxi Yachts après celui de l’an passé sur « l’autre » Rambler de 90 pieds. Le flamboyant TP 52 Vesper peut partager la même euphorie ; il a lui aussi lutté face à une flotte homogène et contre le chronomètre pour surmonter un rating défavorable et remporter magistralement le Groupe des « Cruising ». Nico Cortlever (Nix) en Racing Cruising, Carlo Falcone (Mariella) chez les Classiques et John Winter (Fat Cat) en multicoques complètent le palmarès.

Rambler 100 contre la montre

Le suédois Hugo Stenbeck et son équipage hétéroclite américano-suédois, issus de la fondation de l’académie de la Marine Marchande Américaine (US MMA) on pris un malin plaisir à faire jusqu’au bout douter « l’ogre » Rambler 100. Inférieur en vitesse pure, sauf peut-être au portatif, le grand plan Dubois récent vainqueur de la Pineapple Cup, s’est appuyé cette semaine sur le lourd handicap en temps compensé de son rival, pour jouer avec les nerfs de l’américain Ken Read et de ses hommes du Puma Ocean Team embarqués sur Rambler, en restant obstinément calé dans le sillage du géant Kouyoumdjian. Cette course contre la montre tournait d’ailleurs à l’avantage des Suédois lors du tortueux parcours de mardi qui l’emportaient en temps compensé. Piqué au vif, Ke! n Read s’inscrivait alors dans la logique d’un contre la montre ; « l’idée est de les lâcher irrémédiablement jusqu’à ne plus les voir à l’horizon » résumait le skipper du projet Puma pour la prochaine Volvo Ocean Race. Objectif tenu ! Rambler maître de ses nerfs et de sa technique, franchissait la ligne d’arrivée devant Gustavia après avoir effectué le tour de l’île en juste deux heures, 12 minutes devant son adversaire. Pour 2 petites minutes en temps compensé, Genuine Risk devait s’incliner. Le grand ketch Sojana des français Lionel Péan et Jacques Vincent a fait le spectacle toute la semaine dans un vent jamais inférieur à 17 noeuds, avec une pointe lundi dernier au vent de l’île à 32 nœuds. Ses déboulés sous spi et spi d’artimont ont fait le régal des a! mateurs de belles voiles. Sa troisième place au général ne souffre d’aucune contestation et son skipper des US Virgin Islands Peter Holmberg s’estime ce soir « parfaitement satisfait… »

Vesper sans trembler

L’américain Jim Swartz, déjà présent en 2010 avec son Swan 601 Monneypenny se présentait cette année, toujours épaulé par le Néo Zélandais Gavin Brady, à bord de son TP 52 Vesper récemment acquis, et parfaitement rénové. Les quelques inconnus qu’il pouvait avoir sur les performances du TP52 dans la brise et sur la forte houle caribéenne ont été rapidement levés ; Vesper aime le vent soutenu, ne rechigne pas à affronter une houle estimée lundi à près de 3 mètres, et affole les chronos quelles que soient les allures. Seule une avarie de génois survenue lors de la première course de la semaine l’empêchait de signer un sans faute. Mais le pugnace grand Soleil 43 Antilope du Néerlandais Willem Wester, très en verve ce printemps dans toutes les régates de la cara&i! uml;be, jouait crânement sa chance et fort de son intéressant rating, maintenait la pression sur le bateau noir et vert, ex Quantum. « Nous savions que nous n’avions pas droit à l’erreur aujourd’hui » raconte le Néo-Zélandais Gavin Brady, barreur de Vesper. « Nous nous sommes posés la question à bord de savoir si nous devions marquer Antilope ou jouer notre carte. Nous avons décidé de miser sur la vitesse de Vesper, sans nous préoccuper de nos adversaires. « C’est donc avec une certaine surprise que Brady et ses hommes voyaient dès le départ l’équipage Néerlandais lancer Antilope à l’assaut du meilleur placement sur la ligne, et entamer une phase de contre bords agressifs digne d’un match race. Vesper s’échappait du piège et se consacrait tout au long des 23 milles du pourtour de l’île à optimiser ses performances ; « Nous continuons à apprendre le bateau » confiait l’américain Jim Swartz, propriétaire de Vesper ; « Sur une mer maniable, on a pu tirer dessus aujourd’hui sans casser. Avec des bascules de près de 40 degrés, la partie sous le vent de l’île était en définitive plus tactique qu’une simple question de vitesse. » Willem Wester et Antilope n’inscriront pas leur nom sur les trophées des Voiles, trophées réalisés pour la petite histoire, par BoiteInox, sur une idée originale de François Tolède. Grand animateur de la semaine dans cette catégorie tonique des Racing, Wester pourra se targuer d’un beau parcours qui le place loin devant le puissant Farr 60 Venemous de Peter Cunningham, malheureux aujourd’hui avec une 9ème place dans la manche autour de l’île. La bonne surprise vient naturellement du régional de l’étape, Raymond Magras du Yacht Club de Saint-Barth qui, à force de régularité, et à la lumière de sa troisième place du jour, pousse sur le podium les 33 pieds de son Speedy Nemo.

Le finish de James Dobbs

Dans un groupe des Racing Cruising très étoffé avec 24 entrants, et dominé de la tête et des épaules par le Néerlandais Nico Cortlever sur son X Yacht Nix, le sociétaire d’Antigua James Dobbs, auteur d’un début de semaine laborieux, est revenu de la journée de relâche avec de belles intentions pour signer consécutivement deux belles performances, une victoire et une seconde place, qui le propulsent ce soir sur la seconde marche du podium. L’autre Néerlandais Jeroen Min et son skipper Frans Vandyk du First 50 Black Hole font les frais de ce retour tonitruant malgré une dernière manche disputée sur les talons des leaders.

Classiques et multis

Ils ont toute la semaine participé à cette grande fête de la voile, en mêlant leurs silhouettes caractéristiques sur les lignes de départ à celles des grands yachts ; multicoques et classiques disposaient cette semaine de leur groupe propre, au sein desquels évoluaient respectivement 5 unités. L’élégant yawl bermudien signé Mylne Mariella de l’italien Carlo Falcone a fait le spectacle, et l’emporte dans sa catégorie, tandis que le grand catamaran Fat Cat au Britannique John Winter, bien que distancé en temps réel par le véloce trimaran Dauphin Télécom d’Erick Clément, grimpe sur la plus haute marche du podium en temps compensé.

Prix et récompenses…

C’est à 18 heures locales que s’est déroulée la très festive et très attendue remise des Prix des Voiles de Saint-Barth 2011. Chaque équipage vainqueur est monté sur l’estrade recevoir ses récompenses. George David, vainqueur avec son Rambler 100 dans la classe des Maxi-Yachts, a reçu l’édition spéciale «Voiles de Saint-Barth» de la montre Richard Mille RM 028

Les vainqueurs des classes Racing, Racing Cruising, Classic, et multicoques se voient remettre chacun un séjour d’une semaine complète dans une des somptueuses villas des sociétés WIMCO et Sibarth Villas, spécialisées dans la location de villas de luxe.

Les différents vainqueurs des régates de la semaine ont reçu différents cadeaux offerts par les sponsors Gaastra, Mount Gay Rum, Taittinger Champagne, et la Banque des Antilles Françaises.

A 20 heures éclataient le feu d’artifice de clôture.

Ils ont dit :

Ralf Steitz, Genuine Risk

« Naviguer ici est tout simplement spectaculaire ; on tourne autour de cailloux qui n’apparaissent sur aucune carte. C’est plaisant, drôle, et les conditions sont incroyables. Les gens sont adorables et nous nous sommes véritablement « éclatés ». Aujourd’hui, il nous fallait coller au tableau arrière de Rambler pour l’emporter et empocher la régate. On échoue de quelques minutes.

Genuine Risk appartient à l’US Merchant Marine Academy Sailing Foundation de King’s Point, New York. Il y a beaucoup de suédois à bord. On a beaucoup navigué à Saint Thomas, Saint Martin et nous partons pour Antigua. Nous essayons d’amener le plus grand nombre de jeunes vers le sport de voile, tout en prenant beaucoup de plaisirs à régater….

Ken Read, Rambler 100

« Le bateau aime beaucoup les allures travers au vent, et le près débridé. Genuine Risk était un peu plus rapide au vent arrière et surtout, on leur doit beaucoup de temps en fonction de leur rating. On leur doit 11 minutes par heure ! Ces bateaux sont vraiment rapides, mais il nous faut aussi se battre contre le temps pour espérer l’emporter. Il faut vraiment qu’on mette beaucoup de distance entre eux et nous, au point de ne plus les voir à l’horizon. On a eu un problème dès le premier entraînement en éclatant un grand spi. On a couru sans cette importante voile de portant. Mais les Voiles de Saint-Barth demeurent une course très excitante, très amusante… »

Jim Swartz, Vesper

« Je suis venu ici un très grand nombre de fois, et c’est notre deuxième participation aux Voiles. Cette régate est ma course préférée, vraiment. La course, et ce petit morceau de France, avec son style et sa gastronomie… Le vent ici est stable, la mer est formée, d’un bleu exceptionnel. C’est fabuleux ! On prend beaucoup de plaisir sur Vesper que nous apprenons à maîtriser. Naviguer en TP 52 était une expérience très attrayante pour moi. J’aime beaucoup la monotypie, courir à armes égales sans problème de handicap. Il y a un grand nombre de TP 52 construits chaque année et de nombreuses unités arrivent sur le marché de l’occasion. On en compte bien 10 ou 15 disséminés aux Etats-Unis et on va essayer de s’organiser un peu pour voir si on ne peut pas faire venir ici un groupe conséquent. Ce serait fabuleux !

On a nous aussi connu notre lot de problème. Le bateau est fragile, et on est toujours en phase d’apprentissage. Ce bateau a été conçu pour la Méditerranée et des navigations dans du temps clément. Nous avons connu ici les conditions les plus dures jamais rencontrées par ce bateau…. »

François Tolède, organisateur des Voiles

« Le retour des marins, skippers ou propriétaires est unanimement enthousiastes. Notre pari de créer un événement ludique et familial à terre, sérieux et compétitif sur l’eau est réussi. Nous n’avons que deux années d’existence et notre croissance est exponentielle. A nous de savoir la maîtriser… »

Le saviez vous ?
La casquette rouge

C’est un des traits caractéristiques et communs aux nombreux régatiers présents aux Voiles de Saint-Barth, la présence d’une casquette d’un rouge plus ou moins délavé couvrant les chefs de moult équipiers ou skippers. La casquette rouge, ou « red cap », est, depuis 1984 et la Barbados Yacht Club Regatta, devenue au fil du temps l’emblème, le signe de reconnaissance des régatiers ayant couru dans les caraïbes. A l’origine, la marque Mount Gay Rum, partenaire de l’épreuve, décidait, pour rappeler la couleur rouge de ses bouchons, d’affubler chaque participant d’une casquette rouge. Chaque régate soutenu par la marque fait depuis l’objet d’un modèle de casquette rouge millésimée, que les régatiers s’arrachent, afin de revendiquer course après course leur participation à telle ou telle classique. Certaines « red cap » n’ont ainsi plus! de la couleur originale que le nom, le soleil et les embruns ayant au fil des courses fait leur ouvrage de décoloration. Qu’importe, porter la « red cup » est un clin d’oeil qui réunit désormais et sur toutes les mers du monde les régatiers partageant le même goût pour les belles régates au chaud soleil des îles.

Le partenaire du jour, Mount Gay Rum

Mount Gay Rum viennent de lancer leur forum en ligne destiné à la communauté des marins et régatiers, Sailing Spoken Here. L’idée est d’encourager les marins du monde entier à partager des informations, des réflexions et toutes sortes de questions. Ce forum se veut le premier réseau social en ligne pour les marins. Sailing Spoken Here a été développé par l’agence OgilvyOne et se trouve à l’adresse sailingspokenhere.com, sur facebook et sur les apps Iphone. 50 000 participants sont espérés dès ce printemps. Ce réseau permet d’échanger phots et vidéos de régates, partager des expériences de course et aussi de trouver les bons bars de marins dans le monde….

Classement général de Voiles de Saint-Barth 2011

Groupe Classic (CLA) après 4 courses

1: « Mariella », Carlo Falcone (Italie) 4 points

2: « White Wings », Faraday Rosenberg (Etats Unis D’am) 8 points

3: « Kate Dutch Sailing Team », Philip Walwyn 12 points

4: « La Sirene », David Pertel (Saint Barthelemy Yacht Club) 17 points

Groupe Multicoques (MUL) après 4 courses

1: « Fat Cat », John Winter 4 points

2: « Bordelo », Stephane Penigaud (Saint Barthelemy Yacht-Club) 12 points

3: « Dauphin Telecom », Erick Clement (Club Wind Adventures) 13 points

4: « Blanca », Hervé Marolis (France) 21 points

—: « Phaedo », Lloyd Thornburg 24 points

Groupe Racing (RAC) après 4 courses

1: « Vesper », Jeff Price (Etats Unis D’am) 5 points

2: « Antilope », Willem Wester (Hollande) 7 points

3: « Speedy Nemo », Raymond Magras (Saint Barthelemy Yacht Club) 16 points

4: « Venemous », Peter Cunningham (Etats Unis D’am) 20 points

5: « Mae-Lia », Raphael Magras (Saint Barthelemy Yacht Club) 20 points

6: « Technomarine », Christian Deredec (Douarnenez Voile) 26 points

7: « Puffy », Patrick Demarchelier (Etats Unis D’am) 28 points

8: « Solano », Frederic Rialland (S N Trinite S/mer) 32 points

9: « Panick Attack », Jan Van Den Eynde (Antilles Hollan) 35 points

10: « Spirit Of Juno », Rory Faulkner (Grande-Bretagne) 43 points

Groupe RACING CRUISING (R_C) après 4 courses

1: « Nix », Nico Cortlever (Hollande) 8 points

2: « Lost Horizon », James Dobbs (Antigua) 10 points

3: « Black Hole », Jeroen Hin (Grande-Bretagne) 13 points

4: « L’esperance », Bobby Velasquez (Antilles Hollan) 16 points

5: « Affinity », Jack Desmond (Etats Unis D’am) 21 points

6: « Coyote 2 », M Van Oranje 22 points

7: « Hotel California Too », Steve Schmidt 26 points

8: « Fenix », Moritz Burmester (Grande-Bretagne) 29 points

9: « Shamrock », Thomas Mullen (Etats Unis D’am) 36 points

10: « L’ile », Mowgli Fox (France) 41 points

11: « Thula », Max Imrie (Etats Unis D’am) 45 points

12: « Triton », Boyd Taylor 55 points

13: « Costa Mesa », Pascal Rey (Saint Barthelemy Yacht Club) 56 points

14: « Corban », Dan Harper (Etats Unis D’am) 58 points

15: « Tanagra », Andre Gahinet (le Triskell) 63 points

16: « Mr Walker », Danielle de Luca (France) 66 points

17: « Sugar Cane », André Reese 67 points

18: « Diamonds Are Forever », Annie O’sullivan (Grande-Bretagne) 72 points

19: « Lancelot », Serge Maziero (France) 72 points

20: « Ormeau », Alain Charlot (France) 79 points

21: « Splendido », Philippe Hervouet ( Bucket Regattas) 83 points

22: « Ilost », Hennecke Stegweg (Hollande) 87 points

23: « Aegir », Gerard Beck (Club Wind Adventures) 90 points

24: « Tara II », Henry Albert (Allemagne) 95 points

Groupe SUPER YACHT (SUP) après 4 courses

1: « Rambler 100 », Ken Read (Etats Unis D’am) 5 points

2: « Genuine Risk », Hugo Stenbeck (Etats Unis D’am) 7 points

3: « Sojana », Marcus Fitzgerald (Bucket Regattas) 12 points

4: « Highland Breeze », Albert Keularts (Hollande) 16 points

5: « Spiip », Robin de Jong (France) 20 points

6: « Django Too », Christophe Righezza (France) 28 points

7: « Icarus », Barry Duck 28 points