Stève Ravussin

Stève, vous menez pour la première fois votre propre projet pour le Challenge Julius Baer 2009, comment avez-vous préparé votre saison?
Nous avons reçu notre bateau le 24 avril, soit deux semaines avant le premier grand prix. J’aurais aimé démarrer un peu plus tôt, mais ce n’était pas possible pour le chantier. Nous avons donc réalisé le maximum de travail en amont; l’équipage n’a eu que peu de temps pour prendre ses automatismes. Tout le monde a néanmoins consacré une semaine à plein temps au projet avant le premier grand prix, afin d’être au point pour cette entrée en matière.

Comment avez-vous constitué votre équipage?

J’ai simplement fait appel à mes amis et aux compétences que je connaissais. Je n’ai pas recruté une équipe de mercenaires. Je privilégie les équipiers locaux car je pense que c’est important pour la voile lémanique. Je regrette d’ailleurs un peu que ce ne soit pas plus le cas sur les autres bateaux. L’ambiance à bord fait également partie de mes préoccupations. Boris Lerch, ancien de Cadence, vient donc nous rejoindre ainsi que mon petit frère Sébastien. Il y a ensuite Andreas Schuler un membre du CER (Centre d’Entraînement à la Régate) qui possède un excellent niveau. Il a notamment remporté les Cinq Jours du Léman et il est équipier sur le Ville de Genève au Tour de France à la voile. Frank David champion olympique de planche à voile, ami de toujours, rallie aussi le team. Nous nous connaissons très bien et gérons de nombreux projets ensemble. Il y a finalement le propriétaire et sponsor du bateau Marco Siméoni. Des renforts ou remplaçants sont ponctuellement envisagés avec Alex Detrey. Comme vous le voyez, il s’agit d’une équipe d’amateurs, tout le monde travaille en dehors de son activité vélique. Notre programme d’entraînement est adapté en conséquence.

Pouvez-vous nous parler de votre rencontre avec Marco Siméoni?
Nous nous sommes connus par amis interposés et avons parlé de bateaux par intérêt commun. Sans être un compétiteur, Marco est un navigateur de longue date, il a son permis mer et est régulièrement sur l’eau. Il m’a fait part de sa volonté d’acquérir un voilier en mer pour des actions de relations publiques. Je l’ai conseillé et l’ai mis en garde sur les coûts et contraintes que ça représentait en lui disant qu’il y avait peut-être de meilleurs investissements à faire. Nous nous sommes ensuite recroisés sur le Challenge Julius Baer en 2008, alors que je naviguais sur Zen Too. Il m’a proposé de monter un projet de Décision 35 et j’ai accepté.

Quels sont vos objectifs sportifs pour cette saison?
La flotte promet d’être encore plus homogène que l’an passé, il est donc très difficile de se positionner à ce stade. Je pense que nous avons le potentiel de réaliser quelques jolis coups. Faire un pronostic sur la saison est en revanche impossible, le Challenge va être très serré. Nous réévaluerons notre position après les premiers résultats et en fonction de l’évolution de notre classement dans le championnat. Pour l’instant nous souhaitons simplement naviguer le mieux possible et nous faire plaisir.

Avez-vous déjà identifié les forces en présence?
Comme je l’ai dit, c’est très difficile à dire. Il y a bien sûr le trio de tête de l’an passé qui reste au top. Mais l’arrivée de Bidégorry pourrait bien remettre pas mal de choses en cause. Smart Home renforce son équipage avec des professionnels ainsi que Zen Too avec qui nous avions terminé 4e en 2008. Il faut s’attendre à un championnat très disputé, tous les concurrents doivent être considérés comme sérieux.

Yvan Ravussin, votre frère naviguera sur Banque Populaire avec Pascal Bidégorry, comment abordez-vous cette concurrence?
Avec Yvan, nous avons l’habitude d’être coéquipiers et concurrents, ça ne change pas grand-chose à mon approche du Challenge. Je suis content qu’il soit là. Notre petit frère Sébastien navigue avec moi, c’est assez sympa d’avoir toute la famille. Au-delà de ça, Yvan est un adversaire comme un autre et mon objectif reste d’être devant lui. Le fait d’être frère ne crée aucune ambiguïté, nous sommes tous des compétiteurs à 100% une fois sur l’eau.