Swiss Sailing League : On rejoue le match

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On prend les mêmes et on recommence : la Société Nautique de Genève (SNG), le St. Galler Regattaclub Bodensee (RCB), le Regattaclub Oberhofen (RCO) et la Seglervereinigung Kreuzlingen (SVK) – les quatre clubs représentant la Suisse dans la Champions League – continuent de survoler la Super League. Avec une victoire dans la troisième étape qui s’est déroulée à Lucerne, les Genevois se rapprochent du RCB. Deux petits points séparent désormais les deux équipages en tête.

act-1-Locarno_von_Claudia_SLa Swiss Sailing Super League 2018 a connu un début de saison difficile. À Locarno, l’inverna, un vent thermique du Sud soufflant sur le lac Majeur, ne s’est pratiquement pas manifesté. Après une seule et unique course, il avait déjà tiré sa révérence. La deuxième étape à Kreuzlingen a profité de bien meilleures conditions. Une belle bise soufflant pendant les trois jours de course a permis de lancer l’ensemble des 42 manches prévues. Pour la première fois, la première et la deuxième ligue ont évolué sur le même terrain de jeu. Selon Felix Somm, le race officer, ce double événement est l’un des meilleurs moments depuis la création de la ligue, « une immense fête nautique avec beaucoup de vent sur l’eau et une grande soirée samba à terre. Même si les courses se sont déroulées sur deux parcours en parallèle, tout s’est passé de manière optimale et les changements d’équipage se sont faits en douceur. » D’après lui, un détail important mérite pourtant d’être changé : « Pour l’avenir, nous essayons de trouver des concepts qui nous permettront de réduire le nombre de zodiacs. L’investissement est trop important, aussi bien sur le plan économique qu’écologique. » En dépit de l’atmosphère bon enfant, de la gastronomie, de la diffusion en direct des courses sur grand écran, et du live tracking, Felix Somm dresse à terre un bilan plutôt mitigé : « Notre objectif était d’intéresser un public plus large, mais nos efforts n’ont pas eu le succès escompté, ceci malgré la grande couverture médiatique à la télévision locale ainsi que nos efforts de publicités diffusées sur internet, dans la presse et sur les affiches. Peu de supporters des clubs participants ont fait le déplacement, même ceux de la région la plus proche ne sont pas venus. Si nous n’arrivons pas à mobiliser le public a priori intéressé par notre sport, comment voulons-nous créer une émulation plus large ? Une tâche qui s’annonce ardue ! Ceci dit, les expériences de cette saison nous seront utiles pour faire évoluer la ligue et planifier la saison 2019. » Parmi ces expériences figurent aussi les bouées robotisées utilisées pour la première fois dans la ligue. Felix Somm se dit pleinement convaincu par cette innovation : « Avec ces bouées, il nous faut moins de bénévoles, en plus, elles permettent un positionnement plus rapide et plus précis du parcours », relève-t-il avant de rajouter : « Sur le lac Majeur, qui a une profondeur de plus de 200 mètres, les bouées se sont montrées particulièrement efficaces. Sur la base des expériences faites avec ces prototypes, les développeurs des logiciels et du matériel pourront améliorer les bouées de manière continue. Une entreprise dotée des ressources nécessaires au développement, à la construction et à la commercialisation des bouées travaille actuellement sur la première version de série qui sera disponible en automne. »

Conditions limites à LucerneRCB-Cervo_von_Lars_Wehrmann

Si pour la plupart des connaisseurs, il ne faisait aucun doute que les quatre équipages représentant la Suisse dans la Champions League allaient continuer à survoler la Super League cette saison, peu de gens auraient parié sur une domination aussi nette de la SVK. Dans les deux premières étapes, les navigateurs de Kreuzlingen n’ont fait qu’une bouchée de leurs concurrents. Pour la troisième étape, la SVK a pourtant renoncé à s’aligner avec son équipage habituel, non sans regret, comme l’a relevé le skipper Tom Rüegge : « À l’origine, nous avions prévu de disputer toutes les épreuves, mais après notre qualification pour la Champions League, et vu que nous visons également la finale à Saint-Moritz, ce n’était tout simplement plus possible. La plupart de nos équipiers naviguent aussi sur d’autres supports et nous ne pouvons pas être partout à la fois. » À Lucerne, le scénario de l’année dernière s’est répété. Ne disposant pas d’un deuxième équipage de même niveau, la SVK a terminé bon dernier et peut faire une croix sur ses espoirs de remporter le titre. À Lucerne, les régates ont été marquées par des conditions de vent extrêmement difficiles. Le thermique et la bise se sont livré une bataille sans merci ce qui a provoqué de nombreuses bascules de vent, de soudaines pétoles et des rafales qui ont mis à rude épreuve les navigateurs et le comité de course. C’est l’équipage de la SNG qui a le mieux géré ces conditions pour finalement s’imposer haut la main. « Nous avons trouvé une bonne vitesse et une bonne tactique », a déclaré le skipper Guillaume Rigot, qui a réussi à maintenir les grands rivaux du RCB à distance dès le premier jour. Bon perdant, Julian Flessati du RCB, a tenu à féliciter les vainqueurs : « Le vent était limite, mais les Genevois étaient plus rapides que nous et méritaient de gagner. » Malgré la défaite à Lucerne, le RCB prend la tête du classement général.

Quatre équipes suisses à la finale de la Champions League ?

À Porto Cervo en Sardaigne, le vent a pour une fois joué le jeu. Les épreuves de qualification pour la Champions League ont bénéficié de conditions idéales. Le RCB, qui a terminé au pied du podium, et le RCO, qui a réalisé une excellente 7e place, se sont facilement qualifiés pour la finale qui se disputera sur le lac de Saint-Moritz. Quant à la SNG et la SVK, elles ont toutes les cartes en mains pour décrocher leur ticket à Saint-Pétersbourg. « Il serait évidemment fantastique de voir nos quatre meilleurs clubs s’aligner à Saint-Moritz, admet Felix Somm. Pour les organisateurs, j’espère que le fameux vent de Maloja sera au rendezvous et nous gratifiera d’une finale pleine de suspense. Nos équipes connaissent le lac et y sont chez elles. J’espère de tout coeur qu’on retrouvera au moins un club suisse sur le podium et, pourquoi pas, sur la première marche. »

La Swiss Sailing League sur tous les fronts

Dans la deuxième ligue appelée Challenge League, une seule épreuve avait eu lieu lors du bouclage du magazine. Le Yachtclub Zug y a clairement affiché ses ambitions : sa relégation ne sera qu’une parenthèse. Avec sa victoire, il a posé le premier jalon pour remonter en Super League. Dans la nouvelle Promotion League, c’est le Cercle de la Voile d’Estavayer qui mène les débats après les deux premières épreuves. La Swiss Sailing League Youth Cup suscite quant à elle un intérêt sans pareil. Pour élargir la flotte à 24 clubs, la ligue a augmenté le nombre de bateaux mis à disposition. Au moment d’écrire ces lignes, trois places sont encore disponibles. Quant à la Women’s Cup qui accueillera 12 à 18 équipages au maximum, elle a déjà reçu onze inscriptions. Dans la foulée, les femmes disputeront un Match Race Grade 1, les Women’s International Match Race Series à Ascona