To be or not to be…à Wellington

– Bricole à terre pour Virbac-Paprec 3
– Groupe Bel a doublé Estrella Damm et Neutrogena volé la 6e place à Mirabaud
– Problème de rail de grand-voile sur Hugo Boss

 

En Nouvelle Zélande, sur la terre ferme, les travaux suivent leur cours à bord de Virbac-Paprec 3. Sous la houlette de Luc Bartissol, une équipe technique de 8 personnes (les fournisseurs néo-zélandais du bateau) prend soin du monocoque bleu pendant que Jean-Pierre Dick et Loïck Peyron dorment de tout leur soûl pour repartir, selon les mots du skipper, « en pleine forme ». Pendant ce temps, en mer, tout le monde se tâte sur l’opportunité de relâcher à Wellington.

AprèsEstrella Damm hier, Iker Martinez (MAPFRE) et l’équipage d’Hugo Boss ont évoqué aujourd’hui l’éventualité d’un arrêt au stand. Ces derniers ont une avarie sur leur rail de mât depuis le 28 janvier qui les empêche de hisser totalement leur grand-voile (un morceau de 50 cm a sauté en haut de l’espar, à la hauteur du premier ris). Par vent fort ce n’est pas trop handicapant, mais dès que les conditions mollissent, comme c’est le cas actuellement dans le sud-ouest de la Tasmanie, Hugo Boss se trouve automatiquement ralenti. Andy Meiklejohn et Wouter Verbraak espèrent pouvoir réparer en navigation. Toutefois, l’équipe technique d’Hugo Boss accompagnée d’Alex Thomson est en train d’organiser un déplacement à Wellington…au cas où…

48 heures contre 50 jours

Avec un demi-tour du monde sous les carènes, il est certain qu’aucun des 60 pieds n’a été épargné par la casse. Pas des avaries rédhibitoires, mais des petits dommages qui contrarient la vie quotidienne des marins et/ou les performances du bateau. Sur la Barcelona World Race, l’autorisation donnée aux équipages de faire une escale technique met en relief l’avantage de remettre le bateau en état et de tout checker avant de poursuivre sa route vers Barcelone. Pour le groupe des leaders, un stop de 48 heures ne présente que 4 % environ du chemin qu’il reste à parcourir vers la ligne d’arrivée. Encore moins pour les poursuivants… Tout dépend en fait de la décision prise par ses adversaires, mais aussi et surtout des conditions météorologiques au moment du (re) départ.

L’équipage de MAPFRE a indiqué qu’il prendrait sa décision vendredi matin, au moment où Virbac-Paprec 3 reprendra la mer. Iker et Xabi sont attendus dans le détroit de Cook samedi à l’aube. Une vingtaine d’heures plus tard, Groupe Bel devrait s’amarrer à Wellington.

Remaniements Pacifiques

Cet après-midi en mer de Tasmanie, Kito de Pavant et Sébastien Audigane ont réussi à doubler Estrella Damm et occupent désormais la 3e place. En plus de la position plus favorable de Kito et Seb par rapport à l’anticyclone qui barrait la route, on sait aussi qu’Estrella Damm a perdu du terrain lors d’une mésaventure survenue il y a 48 heures : drisse de code zéro cassée, voile passée à l’eau (3 heures pour la récupérer) et ascension dans le mât pour réinstaller une drisse neuve…

Au près dans leur remontée au large de l’île du Sud, les deux bateaux se sont croisés, sur deux bords opposés, à 45 minutes d’intervalle. Les deux monocoques rouges ont passé beaucoup de temps ensemble depuis le début de la Barcelona World Race. Ils arriveront probablement de concert dans le détroit de Cook, d’ici deux jours.

Autre duo d’inséparables: Mirabaud et Neutrogena, entrés ce matin dans le Pacifique. La bagarre qui les oppose depuis 19 jours (avant le cap de Bonne Espérance) a tourné aujourd’hui à l’avantage de Boris Hermann et Ryan Breymaier, ravis de cette saine concurrence qui leur permet de rester motivés chaque minute de course.

La motivation est une vraie question pour les concurrents qui ferment la marche. Et notamment pour Juan Merediz et Fran Palacio (We are Water) distancés à plus de 4000 milles des leaders. Ces derniers ne cessent de passer d’un extrême à l’autre. Après les petits airs anticycloniques qui les ont enfermés ces derniers jours, ils s’apprêtent à passer leur week-end dans la tempête…

Classement du 17 février à 15 heures (TU+1) :

1 VIRBAC-PAPREC à 11533,1 milles de l’arrivée

2 MAPFRE à 311,2 milles du leader

3 GROUPE BEL à 511,7 milles

4 ESTRELLA DAMM Sailing Team à 531 milles

5 RENAULT Z.E à 850,1 milles

6 NEUTROGENA à 1150,8 milles

7 MIRABAUD à 1166,8 milles

8 HUGO BOSS à 1384,2 milles

9 GAES CENTROS AUDITIVOS à 1679,6 milles

10 FORUM MARITIM CATALA à 3386,7 milles

11 CENTRAL LECHERA ASTURIANA à 3799,6 milles

12 WE ARE WATER à 4202,1 milles

ABD FONCIA

ABD PRESIDENT

Ils ont dit :

Kito de Pavant, Groupe Bel :« Nous sommes contents d’être revenus sur Estrella Damm. On a passé beaucoup de temps depuis Barcelone ensemble. C’est bien de les retrouver. Ils ont très bien navigué jusqu’à maintenant. Là, ils n’ont pas eu le bon timing avec l’anticyclone tandis que nous avons fait un bon coup en nous faufilant entre l’anticyclone et la dépression. Ici, les températures s’améliorent. Il fait bien meilleur, nous avons pris presque 10°C en trois jours. Il manque encore un petit peu de soleil et de beau temps pour que ça ressemble à l’été. Nous avons enlevé quelques couches de polaires et cela fait 3 jours qu’on ne met plus le chauffage à l’intérieur du bateau. (….) Il va y avoir un nouveau départ au niveau de Wellington et ça va être sympa pour la régate. Pour l’escale, nous avons l’obligation de rester 48h à quai donc nous allons pouvoir beaucoup bricoler sur le bateau. Nous avons le droit à peu près à tout sauf changer les voiles. J’étais un des premiers à faire le forcing pour éviter que des bateaux amènent un stock de voiles neuves à Wellington. Mais j’aurais mieux fait de me taire parce que là ça me retombe dessus ! La grande inconnue pour notre arrivée à Wellington c’est le vent. Nous pensons y être samedi soir ou dimanche matin. Ce n’est pas très précis. Au nord du détroit de Cook ça ne va pas être trop venteux et il y aura du courant puisque ce sont les grandes marées.»

Dominique Wavre, Mirabaud : « Nous avons une jolie lune avec quelques étoiles et pas mal de nuages, une mer assez forte avec des vagues à 3-4 m de haut. La journée et la nuit passées nous avons subi un coup de vent. C’est monté jusqu’à 35-40 nœuds. On a été très très secoué mais tout s’est bien passé. Nous allons garder de très très beaux surfs en souvenir et beaucoup de boucan ! Neutrogena nous a passé. Ils naviguent très bien. Nous avons eu un petit souci de pilote. Nous avons dû ralentir le bateau pour bricoler. C’est remis en place maintenant. Mais ils font très peu d’erreurs et naviguent très bien et très régulièrement. Ce sont de bons adversaires. J’ignore si Boris et Ryan ont l’intention de s’arrêter. On verra bien. C’est assez marrant cet arrêt facultatif à Wellington. Il y a 4 ans nous nous étions arrêtés à cause de nos problèmes sur la quille. Nous ne nous étions pas posés de questions. Là c’est différent nous n’avons pas d’avaries graves, juste une série de petits trucs. On verra un peu plus tard quelle décision nous prenons. Il y a quatre ans, cela avait été extrêmement agréable de prendre une douche. De constater qu’on pouvait continuer la course. Ça avait fait beaucoup de bien de recharger les batteries ».

Iker Martinez, MAPFRE : « À ce niveau de la course, tous les bateaux ont des dommages. Ce n’est pas un secret, mais nous allons voir ce que nous allons faire. Nous vous le dirons demain. Cela dépend de nombreux aspects. Le plus important est de penser à celui qui nous permettra de rejoindre le plus rapidement l’arrivée. Pour l’instant nous n’avons pas pris notre décision. C’est difficile, car notre équipe à terre nous dit de nous arrêter par sécurité alors que nous ne le souhaitons pas. Nous aimerions mieux faire 3e ou 4e sans arrêt que second avec un arrêt. Aujourd’hui il est plus que probable de pouvoir arriver à Barcelone sans s’arrêter. Inutile de jouer avec des facteurs que tu ne maîtrises pas dans le futur et ne pas savoir comment tu vas pouvoir récupérer ces 48 heures. »