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Tour de France à la Voile: nouvel épisode de la saga Mettraux

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Elles n’ont pas le mal de terre ! Les filles du team SCA sont heureuses de fouler à nouveau régulièrement le plancher des vaches après une année plus qu’intense à sillonner les océans du monde entier. Seul accroc de fin de parcours, le sponsor SCA, convaincu d’avoir « atteint toutes ses cibles » lors de la Volvo, a récupéré sa mise et ne soutiendra plus la voile féminine. Bien décidée à ne pas laisser la dynamique retomber, Élodie-Jane Mettraux veut embarquer ses ex-camarades d’équipage dans un nouveau projet : le Tour de France à la voile.

Elles sont de retour. Toujours affublées de leurs tuniques roses et bleues aux couleurs du team SCA, Élodie Mettraux, Annie Lush et Sally Barkow étaient de passage à la Société Nautique de Genève en octobre dernier pour essayer une nouvelle machine, le Diam 24. « SCA c’est terminé », regrette Élodie qui ne donne pas l’impression de s’épancher sur cet état de fait, bien au contraire, elle veut aller de l’avant. « Bien sûr, on espérait que SCA allait continuer à sponsoriser la voile féminine, sous une forme ou une autre mais ça n’a pas été le cas. Maintenant, nous voulons faire savoir qu’il y a dix filles expérimentées qui recherchent des projets professionnels pour l’année prochaine. » déclare-t-elle, décidée à ouvrir un nouveau chapitre dans sa carrière.

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LES FILLES ESPÈRENT INTÉGRER LA FLOTTE DU TOUR DE FRANCE À LA VOILE L‘ANNÉE PROCHAINE, MAIS AVANT CELA UN SPONSOR DOIT D‘ABORD APPORTER SON SOUTIEN FINANCIER AU PROJET. © Morgan BOVE / ASO

Retour aux fondamentaux

A l’origine, les trois consoeurs sont plus familières des régates en flotte que de la course au large. Élodie a passé cinq années en D35 tandis qu’Annie et Sally affichent un CV complet, du Yngling au match racing en passant par une participation aux JO chacune. A ce propos, Sally Barkow, l’américaine du trio, déclare : « c’est tellement plus simple de participer à des régates en flotte. Personnellement, j’ai mis du temps avant de m’adapter aux stratégies de la course au large », et Élodie complète « Garder sa motivation, sa concentration et surtout de l’intensité tout au long du parcours est beaucoup plus dur lorsqu’il n’y a plus aucun bateau en vue ».

Le Tour de France à la voile nouvelle formule leur sera certainement un terrain plus favorable, sans oublier qu’elles l’aborderont avec l’expérience acquise sur la Volvo ce qui est loin d’être négligeable à ce niveau. Leur objectif est d’être prêtes pour courir leur première régate fin mars lors du Spi Ouest-France. D’ici là, les navigatrices devront accumuler des centaines d’heures d’entraînement en multicoque, en Bretagne et sur le Léman. Élodie s’est quant à elle lancée, sans attendre, à la poursuite de partenaires financiers qui pourraient se reconnaître dans les valeurs véhiculées par la voile féminine. Et que personne n’en doute, elles comptent bien se mesurer aux grands noms de ce rendez-vous : Cammas, Stamm, Riou, Beyou et consorts… le premier équipage suisse sur le parcours serait donc féminin, mais pourquoi une telle désaffection du Tour par les grandes écuries helvètes ?

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© Anna-Lena Elled

C’est la navigatrice qui fait le bateau

Le choix du Diam 24 par ASO et le nouveau format de course ont évidemment laissé plus d’un navigateur sceptique au départ, mais la nouvelle organisation a finalement convaincu les pros. Cependant, pour Élodie la question n’est pas là : « le Tour de France propose des régates de proximité qui plaisent au public et surtout une concurrence d’un excellent niveau. Il est vrai que les écuries suisses ne semblent pas motivées par le bateau, mais ce qui nous intéresse, c’est d’affronter les autres navigateurs en lice. » Annie Lush relativise ce manque d’enthousiasme : « au départ, tout le monde critique les supports dans la monotypie. Un bateau monotype est plus simple, moins cher et plus solide, alors c’est évident que l’on trouvera toujours à redire dessus. C’était la même chose avec l’arrivée des Volvo 65. » Le bilan de la première édition semble pourtant appuyer le bien-fondé de cette nouvelle approche. Le Tour de France 2016 ouvrira ses portes à 35 équipes contre 28 en 2015. A l’issue de leur première navigation en Diam 24, les filles étaient même agréablement surprises trouvant le bateau « assez réactif dans des airs de 10 à 15 noeuds et doué d’une bonne accélération au portant ». Les nouveaux arguments du Tour de France pourraient donc en faire changer d’avis plus d’un, en attendant, c’est Élodie Mettraux qui se jette à l’eau la première.

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APRÈS AVOIR PARTAGÉ UNE VOLVO, LES TROIS SPORTIVES ONT DÉVELOPPÉ DES AUTOMATISMES ET SE CONNAISSENT TRÈS BIEN. UN PLUS POUR LEUR FUTURE PRÉPARATION. © Quentin Mayerat

Attention ! Une soeur Mettraux peut en cacher une autre

Fonctionnent-elles vraiment toujours par paire ? Alors que Justine s’est directement lancée après la Volvo dans la préparation de la solitaire du Figaro, Élodie a recruté Lauranne, la benjamine de la famille. La navigatrice de 23 ans a passé une bonne partie de sa vie sur l’eau et a déjà obtenu des résultats prometteurs avec le Centre d’Entraînement à la Régate de Genève. « J’ai beaucoup navigué avec Lauranne au CER, c’est sûr que ça me ferait plaisir de participer au tour avec elle et je dois dire qu’elle a passé tellement d’heures sur l’eau qu’on ne voit pas tellement de différence de niveau avec les filles du circuit professionnel » précise son aînée. En attendant une hypothétique entrée dans le monde de la voile professionnelle, Lauranne garde la tête froide et préfère se fixer comme objectif de poursuivre en priorité ses études. Un choix salué par sa soeur même si, à l’avenir, on l’imagine bien occuper un rôle principal dans la « saga Mettraux ». Mais pour l’heure, Élodie met tout en oeuvre pour nous offrir le prochain épisode, alors bon vent !