Transat 6,50

INVITATION

Mesdames, Messieurs, chers amis,

Deux voiliers portant les couleurs de l’entreprise genevoise TeamWork participeront cet automne à la Transat 6,50.

Etienne David s’alignera à la barre de son voilier TeamWork, tandis que son nouveau collègue d’écurie naviguera sur un prototype totalement novateur.

Nous avons le plaisir de vous inviter à une présentation durant laquelle ces deux marins d’exception décriront leurs projets et leurs objectifs respectifs. Vous aurez par ailleurs l’occasion de découvrir cet étonnant prototype et de poser vos questions à son concepteur, constructeur et skipper.

Date : Jeudi 7 avril

Heure : 19h00

Lieu : Société Nautique de Genève, Port Noir

Nous profiterons de cette réunion pour faire le point sur la participation du M2 TeamWork au championnat annuel de la série, et pour vous décrire brièvement le volet montagnard de ce projet, initié il y a un an et qui consiste à gravir les 82 sommets de plus de 4000 mètres des Alpes.

Nous nous réjouissons de vous rencontrer à cette occasion.

Philippe Rey-Gorrez

Président

TeamWork

Transat 6,50

Pouvez-vous nous rappeler la genèse de votre projet ?
MV : J’ai dessiné mon bateau dans le cadre d’un travail de groupe, pendant mes études d’architecture navale à l’université de Southampton. Il s’agissait d’un projet qui devait avoir une valeur de développement scientifi que, en étudiant par exemple l’implication entre différents paramètres du dessin et les contraintes imposées par la jauge. Une fois mes études terminées, j’ai eu envie de concrétiser ce projet en construisant le bateau. J’ai pu trouver des fonds pour le faire, et je me suis lancé.
FG : J’ai conçu ce projet dans le cadre de mon travail de diplôme, lors de mes études d’architecture navale en Angleterre. J’ai attaqué la construction en 2003 et je l’ai mis à l’eau en 2007. Je n’aurais jamais cru que ça allait être aussi long. J’ai également sous-estimé la question du budget. Trouver de l’argent est réellement difficile, j’ai donc dû travailler parallèlement pour payer le matériel et pour vivre, ce qui a largement ralenti mon planning.

Cette course est-elle pour vous une étape dans une carrière de course au large, ou plutôt un projet en soi ?
MV : Je dirais plutôt qu’il s’agit d’une expérience globale qui me permet de valider mon dessin et d’acquérir de l’expérience en construction et en gestion de projet. Au début, je pensais mettre le bateau à disposition d’un autre coureur. Rapidement, j’ai réalisé que j’aurais de la peine à le laisser avec toute l’énergie et le temps que j’investissais. Je verrai pour la suite après la course.
FG : À l’heure actuelle, mon objectif est la Transat, on verra après. En tant qu’architecte naval, ce projet à une valeur professionnelle importante. Maintenant, je verrai après la course si je poursuis dans cette voie. Une seule chose est claire à l’heure actuelle, c’est que je ne m’engagerai plus dans un projet sans budget, c’est beaucoup trop galère.

Quelles sont les particularités de votre bateau, ses forces et ses faiblesses ?
MV : C’est un bateau très léger donc rapide mais il manque parfois un peu de puissance. Il a donc un petit déficit de vitesse au près à partir de 15 nœuds, mais c’est un choix architectural. Au niveau de ses forces, il a un fort potentiel dans le petit temps et au portant, sans compter qu’il est éprouvé et que je le connais par cœur.
FG : Je l’ai conçu dès le départ comme un bateau polyvalent. Il n’a normalement pas de trous de vitesse. Il va vite à toutes les allures et cet aspect a été éprouvé dans plusieurs courses. Actuellement, certains protos derniers cris sont peut-être un peu plus puissants, ce qui les favorise au reaching, mais ce n’est pas l’allure principale de la course.

Quelle est votre opinion sur le développement de la classe Mini ?
MV : La classe a rencontré des diffi cultés en 2007, avec une mauvaise communication envers les coureurs et des règlements qui changeaient à la dernière minute. Les choses se sont largement améliorées de ce point de vue. Pour les autres aspects, plus globaux, je pense que la question des coûts demeure une vraie problématique. Un proto Mini est trop cher et les coûts ne sont pas toujours liés à des développements architecturaux, mais plutôt à des équipements. Je pense qu’il faut poser des limites pour ne pas casser la classe. Par contre, les bateaux de série se portent bien, je pense qu’ils présentent la meilleure alternative pour celui qui veut naviguer à un bon niveau en Mini.
FG : Je pense que la question des budgets doit réellement être prise en main. Les batteries au lithium ou les pilotes de dernière génération n’ont pas vraiment leur place en Mini, compte tenu de leurs coûts. Un Mini ne devrait pas coûter plus cher qu’un OPEN 40, pourtant, on voit certaines personnes arriver avec des moyens colossaux, je ne crois pas que ça ait du sens. Mais en dehors de ça, l’ambiance est toujours géniale, la majorité des concurrents collaborent volontiers entre les courses et la classe fait un bon travail.

Finalement, quels sont vos objectifs pour cette transat ?
MV : Le premier est de finir et d’avoir du plaisir. Autrement, ils dépendent de beaucoup de choses. Lors de la course des Açores, je partais pour gagner, et j’étais finalement content de finir sans avoir eu recours à une quelconque assistance alors que j’ai eu de nombreuses avaries. Aujourd’hui, j’attends de voir ! Disons qu’une place dans les 10 premiers serait une belle récompense.
FG :
Je pars avec l’idée de gagner. Je crois que c’est fondamental au niveau de l’état d’esprit. Mais si je finis dans les 10 premiers, ça serait déjà génial. J’ai fait deuxième à la San-Remo Mini Solo, et 4ème au Grand prix d’Italie en double avec Etienne David. Je pense que mon bateau a le potentiel pour être devant, alors je me fi xe un objectif ambitieux.