Trois arrivées, trois profils

Après Bertrand Delesne (Prati’Buches), c’était le tour de Thomas Normand  Financièrede l’Echiquier) puis de Xavier Macaire (Starter) de couper la ligne d’arrivée. Tout en émotion retenue, Thomas Normand s’émerveillait encore de sa deuxième place et du plaisir qu’il avait pris, quand Xavier Macaire laissait exploser sa joie devant sa famille et ses amis venus en nombre fêter sa victoire en bateau de série.

 Quand il débarque sur le ponton de Port Olona, Thomas Normand n’en croit pas encore ses yeux. Il vient de tenir la dragée haute à presque toute la flotte à l’exception de l’extra-terrestre Bertrand Delesne. Lui, le benjamin de la course, s’est évertué à naviguer comme un sage, prenant du plaisir à chaque instant, adaptant sa course aux circonstances et aux performances des autres concurrents. Il avait failli abandonner à l’aller quand sa pile à combustible était tombée en rade après deux jours de course. Une escale à La Corogne, le temps d’embarquer un groupe électrogène et Thomas repartait la fleur au fusil pour rallier Horta. Cette deuxième étape rachète toutes les déconvenues de l’aller. Elle témoigne surtout de la vitesse d’adaptation de Thomas et de son talent évident.

Le talent de Xavier Macaire était déjà connu. Présenté comme un des favoris de la course, il a fait honneur à son rang. Sa réputation de savoir aller particulièrement vite quand le vent commence à monter dans les tours, s’est, une fois de plus, confirmée. Crédité du troisième temps scratch sur l’étape retour, il a connu aussi la joie de savoir qu’il détenait maintenant le record de vitesse sur 24 heures en bateau de série. Xavier envisage pour l’an prochain de rejoindre le circuit Figaro Bénéteau. Son sens de la course et son tempérament de battant devraient trouver-là un terrain pour s’exprimer.

Bertrand Delesne aura eu besoin d’une étape, selon ses dires, pour apprécier à nouveau les pleines sensations de son prototype. Mais, une fois la bonne cadence trouvée, quel festival : le navigateur costarmoricain a su trouver les bons moments pour pousser ses limites, se mettre dans le rouge et ceux où il fallait laisser reposer bonhomme et machine. Son secret : jouer avec le front qui les a accompagnés tout au long de la traversée. En restant en avant, Bertrand bénéficiait d’une part d’un vent puissant et de l’autre d’une mer pas encore trop formée. Une stratégie payante qui lui a permis de faire exploser la concurrence et d’aligner jour après jour des moyennes exceptionnelles.

 Un podium international en proto

Derrière ces trois-là, un autre groupe de concurrents était en lice pour la quatrième place au scratch et qui plus est, le podium de l’étape en prototype. Nicolas Boidevezi (GDE), Véronique Loisel (De l’espace pour la mer) et Andrea Caracci (Speedy Maltese) se tenaient en moins de trois milles à moins de deux heures de l’arrivée aux Sables d’Olonne. Au final, c’est Nicolas qui devait l’emporter vraisemblablement devant Véronique et Andrea.  Au delà du caractère symbolique de cette troisième place, Andrea Caracci ferait malgré tout une bonne opération puisqu’il devrait s’emparer de la troisième place au classement général au détriment de Sébastien Rogues (Eole Génération GDF Suez), Jörg Riechers devant a priori conserver la deuxième place.  Cette troisième place, Vincent Barnaud (NorthStar) a pu un temps espérer la conquérir. Le navigateur de la Trinité sur Mer, auteur d’une deuxième étape remarquable tenait encore la corde, hier avant que l’on ne constate qu’il avait fortement ralenti dans les dernières vingt-quatre heures. Confirmation en était donné par Véronique Loisel qui avait doublé son collègue démâté au niveau du premier étage de barre de flèche. Vincent va bien, mais on imagine que sa déception doit être à la hauteur des espérances qu’il avait pu avoir. Autre navigateur qui semble aux prises avec des difficultés, Ysbrand Endt (Mediabrein) en bateau de série, qui pourrait avoir subi le même sort. Visiblement, la dernière dépression qui est passée sur la flotte a laissé des traces : entre spis déchirés, tangons brisés ou problèmes de safrans, les solitaires ont souffert. Après douze jours de mer à mener les bateaux sur le fil du rasoir, le matériel n’avait pas forcément besoin de cette dernière épreuve.