Trophée Jules Verne

Alors qu’il reste encore un peu plus de 5 000 milles à courir jusqu’à Ouessant, l’écart virtuel entre Groupama 3 et Orange 2 joue au yo-yo depuis trois jours. Le trimaran géant a en effet retrouvé des moyennes plus élevées depuis sa sortie d’une bulle anticyclonique quand, il y a cinq ans, le maxi-catamaran commençait à peiner aux abords des côtes brésiliennes…

 Cent milles d’avance après le passage du cap Horn, 190 milles de retard en face de l’Uruguay quand Franck Cammas et ses hommes commençaient leur louvoyage dans les hautes pressions et enfin 360 milles mardi à 8h00 (heure française)… Popurtant, depuis que Groupama 3 a retrouvé des vents de secteur Est puissants, le compteur s’est inversé au point que le retard s’amoindrit lentement, mais sûrement : 30 milles gagnés en sept heures.

 « La nuit a été brutale, avec une mer forte, même si le vent était moins violent que prévu. Trente noeuds de secteur Est à Nord-Est avec de bonnes vagues de quatre mètres… Nous sommes tous angoissés à l’idée de casser du matériel, on est donc très prudent. On a deux ris dans la grand-voile et je crois que sur le pont, ils viennent d’affaler le foc de brise ! A l’intérieur, on a du mal à se tenir. C’est plus éprouvant pour les hommes que pour le bateau qui en a vu d’autres ! » indiquait Fred Le Peutrec à la vacation radio de 12h30 avec le PC Course parisien de Groupama.

 Respecter le couloir…

Ces conditions ont entamé le repos de l’équipage qui n’a pas vraiment pu dormir ces dernières heures, au point que Bruno Jeanjean a passé une nuit blanche… De plus, la chaleur devient un peu suffocante à l’intérieur avec 28° et dehors, c’est la douche tiède.
Mais la situation météorologique est en cours de changement, le vent repassant au secteur Nord avant la nuit. Il va donc de nouveau falloir tirer des bords…

 « Nous sommes dans un grain et c’est bien orageux ! On va retrouver des vents de Nord bientôt, en arrivant dans une dépression brésilienne : il ne devrait pas y avoir trop de mer car le flux vient juste de s’installer, mais on va se méfier des grains… Nous allons plutôt louvoyer dans ce régime de Nord pour ne pas trop s’écarter de la route directe et sortir le plus vite possible de ce vent contraire. Il n’y a pas trop de brise dans notre Ouest et il est très instable : on va éviter de s’empêtrer dans ces souffles erratiques mais il faudra monter jusqu’au 25° Sud pour trouver des vents plus réguliers. »

…pour ne pas s’embourber

La stratégie va donc consister à se maintenir dans un couloir d’une centaine de milles de large pour arriver jusqu’à la latitude Rio de Janeiro où les alizés d’Est vont reprendre leurs droits. A trop se rapprocher des côtes brésiliennes, Groupama 3 tomberait dans un marais barométrique sans beaucoup de brise, tandis que l’option au large remettrait Franck Cammas et ses neuf équipiers dans un flux de Nord-Est peu favorable. La pause tropicale devra donc attendre encore une bonne journée ! Mais ensuite, le trimaran géant pourra de nouveau allonger la foulée et très probablement refaire une partie de son retard sur Orange 2 qui n’avait pas été très véloce lors de sa remontée le long des côtes brésiliennes.

« Physiquement, nous sommes quand même bien entamés : l’environnement nous sollicite en permanence et en ce moment, je n’arrive pas à parler tellement on se fait brasser… On est moins bavard, très concentré sur soi et sur les bruits du bateau qu’on connaît bien maintenant. On ne se détendra que lorsque nous aurons atteint les alizés de Sud-Est ! On est à l’équivalent de la latitude des Canaries, mais si les températures sont déjà plus clémentes, ce sont plutôt des couleurs de Ouessant avec un ciel gris et il pleut ! On va encore patienter un peu avant de se laver mais ça commence à sentir fort… ».  

Tableau de marche de Groupama 3
(départ le 31 janvier à 13h 55′ 53 » TU)

 (Nombre de milles parcourus par rapport à la route optimale du Trophée Jules Verne)

 Jour 1 (1er février 14h TU) : 500 milles (retard = 94 milles)
Jour 2 (2 février 14h TU) : 560 milles (avance = 3,5 milles)
Jour 3 (3 février 14h TU) : 535 milles (avance = 170 milles)
Jour 4 (4 février 14h TU) : 565 milles (avance = 245 milles)
Jour 5 (5 février 14h TU) : 656 milles (avance = 562 milles)
Jour 6 (6 février 14h TU) : 456 milles (avance = 620 milles)
Jour 7 (7 février 14h TU) : 430 milles (avance = 539 milles)
Jour 8 (8 février 14h TU) : 305 milles (avance = 456 milles)
Jour 9 (9 février 14h TU) : 436 milles (avance = 393 milles)
Jour 10 (10 février 14h TU) : 355 milles (avance = 272 milles)
Jour 11 (11 février 14h TU) : 267 milles (retard = 30 milles)
Jour 12 (12 février 14h TU) : 274 milles (retard = 385 milles)
Jour 13 (13 février 14h TU) : 719 milles (retard = 347 milles)
Jour 14 (14 février 14h TU) : 680 milles (retard = 288 milles)
Jour 15 (15 février 14h TU) : 651 milles (retard = 203 milles)
Jour 16 (16 février 14h TU) : 322 milles (retard = 375 milles)
Jour 17 (17 février 14h TU) : 425 milles (retard = 338 milles)
Jour 18 (18 février 14h TU) : 362 milles (retard = 433 milles)
Jour 19 (19 février 14h TU) : 726 milles (retard = 234 milles)
Jour 20 (20 février 14h TU) : 672 milles (retard = 211 milles)
Jour 21 (21 février 14h TU) : 584 milles (retard = 124 milles)
Jour 22 (22 février 14h TU) : 607 milles (retard = 137 milles)
Jour 23 (23 février 14h TU) : 702 milles (avance = 60 milles)
Jour 24 (24 février 14h TU) : 638 milles (avance = 208 milles)
Jour 25 (25 février 12h TU) : 712 milles (avance = 365 milles)
Jour 26 (26 février 14h TU) : 687 milles (avance = 430 milles)
Jour 27 (27 février 14h TU) : 797 milles (avance = 560 milles)
Jour 28 (28 février 14h TU) : 560 milles (avance = 517 milles)
Jour 29 (01 mars 14h TU) : 434 milles (avance = 268 milles)
Jour 30 (02 mars 14h TU) : 575 milles (avance = 184 milles)
Jour 31 (03 mars 14h TU) : 617 milles (avance = 291 milles)
Jour 32 (04 mars 14h TU) : 492 milles (avance = 248 milles)
Jour 33 (05 mars 14h TU) : 445 milles (avance = 150 milles)
Jour 34 (06 mars 14h TU) : 461 milles (avance = 58 milles)
Jour 35 (07 mars 14h TU) : 382 milles (retard = 100 milles)
Jour 36 (08 mars 14h TU) : 317 milles (retard = 326 milles)
Jour 37 (09 mars 14h TU) : 506 milles (retard = 331 milles)

Record WSSRC de l’équateur à l’équateur (par les 3 caps)

Orange 2 (2005) : 33j 16h 06′

L’équipage et l’organisation à bord de Groupama 3

 Quart n° 1 : Franck Cammas / Loïc Le Mignon / Jacques Caraës

  • Quart n° 2 : Stève Ravussin / Thomas Coville / Bruno Jeanjean
  • Quart n° 3 : Fred Le Peutrec / Lionel Lemonchois / Ronan Le Goff
  • Navigateur hors quart : Stan Honey monte sur le pont pendant les manoeuvres
  • Un quart sur le pont, un quart en stand-by prêt à manoeuvrer, un quart de repos total

• Chaque quart dure trois heures sauf entre 12 et 18 heures TU ou ils ne durent que 2 heures.

 Le record à battre

 Détenu depuis 2005 par Bruno Peyron sur Orange 2 en 50 jours 16 heures 20 minutes à 17,89 noeuds de moyenne. Étaient à bord : Lionel Lemonchois, Ronan Le Goff et Jacques Caraës.