Un prologue du Vendée Globe, en double

La seconde édition de la Barcelona World Race va quitter la capitale catalane juste avant le passage à l’année 2011. L’épreuve qui se dispute en binôme compte cette année quinze équipages. Elle a été imaginée par le brillant Mark Turner avant d’être reprise par la FNOB (Fundació Navegació Oceànica Barcelona) qui l’organise cette année. La course a aujourd’hui acquis sa notoriété et est quasiment incontournable pour plusieurs skippers IMOCA. Unique tour du monde en double, elle autorise, contrairement au Vendée Globe, l’assistance technique sous certaines conditions. Elle constitue par ailleurs un ex- cellent banc d’essai pour le Vendée Globe. Ce point constitue proba- blement son meilleur atout vis-à-vis des concurrents.

Flash-back
La première édition en 2007-2008 a réuni neuf voiliers. Jean-Pierre Dick et Damian Foxall se sont imposés après 92 jours de mer. Alex Thomson et Andrew Cape ont terminé deuxièmes sur Hugo Boss, alors que Dominique Wavre et Michèle Paret sont montés sur la troisième marche du podium. Trois voiliers ont par ailleurs relâché à Wellington, en Nouvelle-Zélande, pour réparer avant d’entreprendre la traversée du Pacifique. Au final, seuls cinq concurrents ont franchi la ligne d’ar- rivée. L’Estrella Damm de Guillermo Altadill et Jonathan McKee a aban- donné dans la première partie de la course. PRB de Vincent Riou et Sébastien Josse, Delta Dore de Jérémie Beyou et Sidney Gavignet ainsi que Veolia Environnement de Roland Jourdain et Jean-Luc Nélias ont tous trois été contraints de renoncer dans l’Océan Indien.

 

Un plateau hétéroclite

Les équipages engagés dans cette deuxième édition sont pour le moins bigarrés, et on trouve, à l’image d’autres grandes épreuves du genre, quelques amateurs éclairés dans les inscrits. Les meilleurs skip- pers IMOCA sont néanmoins présents, aux côtés de quelques incon- ditionnels, toujours présents mais rarement sur les podiums. Les favoris sont relativement facilement identifiables, même si les réserves d’usage doivent être prises en terme de pronostic. Michel Desjoyeaux et François Gabart sont bien sûr au tableau des potentiels vainqueurs, de même que le duo Dick/Peyron. Jean Le Cam et Bruno Garcia ou encore Kito de Pavant et Sébastien Audigane ne comptent pas faire de la figuration. L’expérience de Dominique Wavre et Michèle Paret reste par ailleurs un atout de poids pour cet unique équipage mixte. «Le podium est tout à fait à notre portée, déclarait Dominique Wavre lors d’un passage à la SNG en octobre. La victoire risque d’être un peu plus complexe à viser, car certains concurrents pourraient être très difficiles à battre.» Avec un départ et une arrivée en Espagne, les partenaires ibériques sont assez bien représentés auprès des concurrents, démontrant le fort intérêt que portent les milieux économiques de la région à la course au large.

 

Un format idéal pour les sponsors
En autorisant les arrêts à terre sous certai- nes conditions, les organisateurs comptent prévenir l’hécatombe habituelle des tours du monde, qui voient généralement revenir moins de la moitié des bateaux engagés. Le format est effectivement intéressant, parti- culièrement du point de vue des sponsors. Dominique Wavre s’accorde avec cette vi- sion, même s’il ne la voit pas s’appliquer sur l’épreuve reine de l’IMOCA. «Le Vendée doit rester la course ultime qui ne laisse passer que celui qui ne casse pas. Une régate com- me la Barcelona qui ouvre son règlement à une possible assistance est par contre bien- venue. La course est complémentaire dans le calendrier.» Reste à savoir si le principe fonctionne vraiment. Avec cinq bateaux sur neuf à l’arrivée, l’édition 2007 ne l’a pas franchement prouvé.