Une journée décisive

La situation est de nouveau plus maniable pour les dix-sept concurrents de la Transat Bénodet Martinique. En effet, depuis hier soir, le vent de nord-est a mollit, se stabilisant autour de 15-20 noeuds. Des conditions qui permettent aux solitaires de maintenir de bonnes vitesses de progression en direction de l’ouest de Madère mais surtout de recharger les batteries avant une journée de transition, demain, dans du petit temps.

 

Après près de 24 heures considérablement musclées, les concurrents bénéficient désormais de conditions plus agréables et progressent au portant sous pilote automatique à des vitesses comprises entre 8 et 10 nœuds dans une mer moins désorganisée qu’au large du cap Finisterre. L’occasion pour certains de panser les petits « bobos » survenus à bord, l’opportunité pour tous de ranger le bateau, de faire un bon repas et de se reposer. Car si la journée s’annonce calme, elle risque bien, malgré tout, d’être déterminante pour la suite. Des décisions vont devoir être prises et ce, même si l’évolution météorologique présente pas mal d’incertitudes. L’actuel leader, Nicolas Lunven (Generali), avouait ce matin à la vacation prendre le temps de la réflexion : « J’émets des réserves sur la pertinence des fichiers. Je fais tourner les routages et observe la situation avec attention. Je retarde la prise de décision. Pour l’instant, je reste sur la route directe pour me laisser le choix.». Idem pour Erwan Tabarly (Nacarat), Gildas Morvan (Cercle Vert), Thomas Rouxel (Bretagne- Crédit Mutuel Performance), Francisco Lobato (Roff), Fabien Delahaye (Port de Caen Ouistreham), Jean-Paul Mouren (Groupe SNEF), Jeanne Grégoire (Banque Populaire) ou encore Anthony Marchand (Bretagne –Crédit Mutuel Espoir). En revanche, d’autres comme Eric Drouglazet (Luisina), Fred Rivet (Vendée 1), Eric Péron (Macif 2009) ou encore Yannig Livory (One Network Energies) semblent avoir clairement choisi d’aller au sud. L’enjeu ? Traverser la zone de transition qui se présente sur la route en ralentissant le moins possible et trouver la meilleure porte de sortie. Affaire à suivre…

Ils ont dit :

Nicolas Lunven (Generali) : « Le vent a mollit depuis hier après midi, cela laisse le temps de remettre en état le bateau ! Ca m’a permis de faire un premier vrai repas hier soir et de faire des siestes plus longues. Je profite des conditions. Le vent est instable mais il y a quand même 15/20 nœuds. On est au portant, des conditions parfaites pour le pilote, donc c’est assez agréable. La mer aussi s’est calmée même s’il y a un résidu significatif. Il faut donc être vigilant. La situation météo a pas mal évolué. Moi, j’arrive sur une route directe – j’accorde beaucoup d’importance aux fichiers de midi et minuit et ceux d’hier étaient assez différents, donc j’émets des réserves sur leur pertinence. Je ne sais pas encore trop comment gérer la suite. Il y a une sorte de petite dorsale à traverser, mais pour la sortie, les modèles ne sont pas d’accord. On va passer dans une zone de vent faible, sûrement la nuit prochaine, donc j’attends un peu. Le fait qu’il y n’y ait pas de marque de parcours laisse le champ libre et stratégiquement c’est plutôt bien ! Erwan (Tabarly) est juste dans mon tableau arrière. Depuis hier midi, on ne se quitte plus ! Ca m’intéresse dans ces situations délicates de savoir où sont les camarades. »

Erwan Tabarly (Nacarat) : « La nuit a été plutôt tranquille par rapport à la nuit précédente où on a eu beaucoup de manœuvres et d’activités. A des moments, j’ai dû affaler tellement il y avait du vent ! Ces dernières heures, j’en ai donc profité pour bien me reposer. Pour la suite, la décision est à prendre maintenant, car demain on sera déjà engagé. J’attends les nouveaux fichiers météo avec impatience. Souvent ils divergent donc c’est dur de voir comment ça va évoluer sur les 2/3 prochains jours. La zone de transition est à passer, c’est sûr. Avec peu de vent. Il faudra passer ça sans trop s’arrêter. La journée va être calme, on va pouvoir se reposer car on s’est bien donné les deux premiers jours. C’est important de se remettre d’aplomb. Je guette vraiment ce que font les autres. Les options qui se dessinent. J’observe ça et pour ma part je tente de faire la meilleure route ! »