Une première nuit agréable

Après un départ en douceur hier après-midi, les dix-sept concurrents de la Transat Bénodet Martinique ont bénéficié de conditions agréables cette nuit et continuent de filer à 9-10 noeuds sous spi ce lundi matin, Gildas Morvan (Cercle Vert) toujours en tête.

« Ca glisse, ça glisse » lâchait ce matin Gildas Morvan, skipper de Cercle Vert et vainqueur de la dernière édition en 2009 à la vacation. De fait, le leader de la flotte – depuis le premier passage de la bouée de Bénodet hier après-midi – et ses poursuivants progressent sur la route à plus de 9 nœuds, sous spi, poussés par un vent de 15-20 nœuds. Dans ces conditions, c’est bien sûr la vitesse qui prime. Tous les solitaires sont donc concentrés sur les réglages. Ils enchaînent les manœuvres avec précision et passent un maximum de temps à la barre. « Je ne l’ai quasiment pas lâchée de la nuit. Il faut être dessus car le pilote ne tient pas et les adversaires ne sont pas loin » a indiqué le géant vert. De fait, écarts sont infimes. Les huit premiers au classement de 5 heures se tiennent en moins de 2 milles et le dernier, Louis-Maurice Tannyères (ST-Ericsson) ne compte pas plus de 6 milles de retard. La flotte reste donc très groupée même si l’on note quelques décalages. Au vent du groupe de tête composé notamment de Nicolas Lunven (Generali), Thomas Rouxel (Bretagne – Crédit Mutuel Performance), Erwan Tabarly (Nacarat), Anthony Marchand (Bretagne – Crédit Mutuel Espoir) et Eric Drouglazet (Luisina), un petit groupe est emmené par Jeanne Grégoire (Banque Populaire) tandis que Francisco Lobato (Roff) et Eric Péron (Macif 2009), tentent une route plus abattue. Dans les heures qui viennent, le vent devrait temporairement légèrement mollir mais la course de vitesse va se poursuivre. Très vite, les marins vont devoir empanner et choisir le meilleur moment pour déclencher la manœuvre. Ils vont également devoir essayer d’engranger un peu de sommeil avant leur atterrissage sur le cap Finisterre. Et pour cause, le passage de la pointe nord-ouest de la péninsule ibérique s’annonce délicat avec des vents assez forts et pourrait bien être le premier jalon de la course.

Ils ont dit (Vacation de 5h) :

Gildas Morvan (Cercle Vert) : « Le départ s’est bien passé. On n’a pas eu beaucoup de vent, il a fallu faire avec les conditions qu’on avait sur le plan d’eau. Ce n’était pas évident mais dans la nuit, on a mis le spi et maintenant, ça glisse. Tout va bien mais il ne fait pas chaud : polaire obligatoire ! Je vois les feux de mes concurrents derrière mais également des quelques cargos et bateaux de pêches que l’on croise…. c’est plutôt agréable. Je n’ai quasiment pas lâché la barre de la nuit. Juste le temps de me faire un café et les paupiettes de maman pour le diner ! On est tous très serrés, il faut être dessus d’autant que le pilote ne tient pas. Il va y avoir du boulot dans les prochaines heures : quelques changements de voiles, des manœuvres … Ensuite, on verra les positions d’empannage. Pour l’heure, on s’occupe de la vitesse. Dans la journée, on avisera pour la suite. Il va falloir dormir, c’est sûr parce que après ca risque d’être plus dur ! »

Nicolas Lunven (Generali) : « Cette première nuit s’est bien passée. Le départ a été assez mou sous génois mais ensuite on a touché du vent. On a eu pas mal de manœuvre à faire… de quoi s’occuper en somme. La flotte est assez groupée avec un paquet de huit bateaux dans lequel je me trouve. C’est bien d’être au contact. Les conditions sont sympathiques et c’est super de pouvoir commencer comme ça. J’espère que ca va durer car on va avoir un passage du Cap Finisterre pas facile. Il faut se reposer un peu avant ce passage un peu musclé. Pour le moment c’est une course de vitesse mais la suite va être plus stratégique avec un empannage à placer. Il ne faut pas s’endormir car il va certainement se passer pleins de choses ! »