Varier les plaisirs

 

– Un long parcours autour de Saint-Barth au programme du jour
– Rambler 100 et Vesper chassent le « rating »
– Lost Horizon, le retour…

Après une belle journée de détente intensément mise à profit par l’ensemble des 48 équipages internationaux engagés aux Voiles de Saint-Barth, retour aujourd’hui à la compétition pure avec au programme, la course numéro 3. Et puisque c’est dorénavant une des marques de fabrique des Voiles, l’exercice au menu du jour présentait de radicaux changements de zones d’évolution aux régatiers. Le vent toujours aussi fermement calé à l’est, avec une zest de nord, pour 18 nœuds allant mollissant en fin de journée, offrait à la direction de course l’occasion de lancer petits et grands yachts dans un tour incomplet de l’île par le sud. Néophytes ou habitués du secteur ont pu goûter à l’extrême richesse d’un plan d’eau qui offre aux navigateurs toutes les! formes et états de mer, des plus reposantes au plus mouvementés, et des allures autorisant le passage en revue de l’intégralité des voiles embarquées. Sous un soleil resplendissant, la flotte s’est ainsi dès 11 heures disséminée au hasard des pointes, roches et îlots qui habillent le parcours, et les 400 et quelques marins ont toute la journée goûté à la magie des belles navigations ventées, humides et toniques sous le soleil brûlant de la caraïbe.

Rambler 100 assoit son leadership

Rambler 100 et le TP 52 Vesper partageaient ce matin à l’heure de l’envoi de leur signal d’aperçu respectif la même problématique : l’emporter en temps réel, et laisser suffisamment loin de leur tableau arrière leurs protagonistes immédiats, aux ratings plus généreux. Ainsi Ken Read et ses hommes du Puma Ocean Racing se lançaient-ils avec une belle détermination à l’assaut de la ligne de départ mouillée devant Gustavia. Un petit contre-bord pour prendre la gauche du plan d’eau, et le puissant plan Kouyoumdjian entamait un impressionnant déboulé bâbord amure au vent du pain de sucre, vers le large et les paysages à couper le souffle qui font la magie du lieu. Genuine Risk, le plan Dubois de Hugo Stenbeck et Rolph Steitz, très en retard sur la ligne, perdait l’occasion de coller au plus près de son adversaire. Il laissait Sojana, toujours très en jambes quand l’anémomètre flirte avec les 20 nœuds et quand la mer se cabre et ondule, s’intercaler à l’occasion d’un premier long bord de près au vent de l’île. Travers au vent dans le sud de l’archipel, les Maxi Yachts pouvaient doucement ouvrir les voiles au fur et à mesure qu’ils enroulaient le sud de Saint Barthélémy. Genuine Risk, décidément très à l’aise dans la mer formée, revenait au contact pour s’offrir un somptueux déboulé au portant lors du retour vers l’arrivée. Mais Rambler 100 était lui aussi à son affaire, et c’est à plus de 25 nœuds qu’il franchissait la ligne d’arrivée, après avoir bouclé les 32 milles du jour en moins de 2 heures et demi ! Foin de rating, Ramble! r 100 a su profiter de ce long tracé autour de Saint Barthélémy pour s’assurer du gain de la manche et affermir sa position de leader au général. Sojana monte sur la troisième marche du podium provisoire.

Vesper pour la gagne

A problématique similaire, scénario différent pour les protagonistes du Groupe très disputé des Racing de 50 pieds et plus. Le TP 52 Vesper à l’américain Jim Swartz est au coude à coude avec le véloce Grand Soleil 43 Antilope du Néerlandais Willem Wester à qui il rendait un temps conséquent au moment du décompte. Vesper, qui a passé le plus clair de la journée de repos d’hier à s’entraîner, s’emparait ainsi dès le coup de canon la tête de la course et imprimait un tempo d’enfer à ses adversaires. Le grand Farr 60 Venemous de Peter Cunningham et Tony Rey emboîtait le sillage du véloce TP 52 et entamait, à l’instar de l’ensemble de ce groupe très homogène, une remontée au vent des plus musclées, sur une mer allant grossissante au large des s! ublimes plages de Gouverneur et des Salines. Antilope jouait crânement sa chance et, s’il voyait Vesper creuser inexorablement l’écart au reaching, s’attachait à naviguer « propre », reprenant sur le bord de portant Venemous pour signer une seconde place en temps réel, quelques 28 minutes après Vesper. « Les longs bords jouent en notre faveur » expliquait Gavin Brady, car ils nous permettent de creuser l’écart de façon significative avec nos poursuivants aux ratings plus avantageux. » Et Wester d’enchérir : « Aux allures de reaching qui étaient très importantes aujourd’hui, nous ne pouvons pas rivaliser… » Vesper vire donc en tête avant la dernière manche demain, un petit point devant Antilope, et 7 devant Venemous.

Le retour de Lost Horizon…

Nix, X Yacht 60 de Nico Cortlever et Black Hole, First 50 de Jeroen Min, courraient eux aussi pour prendre l’avantage au classement général ; Cette lutte fratricide entre Néerlandais a clairement tourné à l’avantage du grand X Yacht. Nico Cortlever, malgré un casier pris dans la dérive, a pu faire parler la puissance de son voilier tandis que Black Hole, pourtant très à l’aise sous spi, ne trouvait sur le parcours que peu d’occasion d’envoyer sa voile fétiche. La surprise vient du discret J 122 Lost Horizon à James Dobbs. Le navigateur d’Antigua termine second de la manche du jour et s’installe sur le fauteuil de dauphin au général, au détriment de Black Hole. Nico Cortlever et son équipage venu de Loosdrecht près d’Amsterdam porteront demain, dernier jour de course, la casquette rouge de leader, « avec la ferme intention de la conserver ! »

Ils ont dit :

Gavin Brady, Vesper

« Nous avons conservé un équipage très expérimenté sur Vesper. Tous les gars ici présents ont navigué ensemble aux quatre coins du monde et connaissent chaque caillou et chaque marque à Newport, San Francisco ou Cowes. Mais ici, tout est nouveau et en voile, il est passionnant de découvrir de nouveaux terrains de jeu. Ici on doit tout réapprendre, par où le vent va revenir, où il faut éviter d’aller…

On se tire une belle bourre avec le Grand Soleil 43 Antilope de Willem Wester et tout se joue en quelques secondes en temps compensé. On s’est entraîné hier pendant la journée de repos et l’emporter ici nous tient vraiment à cœur. On tire très fort sur le bateau… »

Henry Pepper, Mariella

Henry Pepper, navigateur sur le yawl classique Mariella, fêtera le mois prochain son 89ème anniversaire ; « Les courses sont très excitantes. Beaucoup de vent, de grosses vagues… J’ai la chance de naviguer sur ce beau bateau. Je suis aux réglages du mât de misaine. J’adore Saint Barthélémy. Carlo Falcone est un type super qui aime embarquer des marins sans expérience, juste pour partager son savoir… »

Jacques Vincent, Sojana

« Chaque jour nous apporte de nouvelles découvertes avec un nouveau parcours. Aujourd’hui, nous avons fait le tour de l’île par le sud, et nous avons été confronté à tous les types d’allure et de régime de vent, ce qui est toujours intéressant. Sur Sojana, nous avons passé en revue les 4 grandes voiles d’avant du bord, ainsi que notre spi d’artimont, qui est un peu une curiosité. Nous avons beaucoup navigué aux allures proches du vent. Sojana développe beaucoup de puissance dans cette configuration et nous avons bouclé le parcours en un peu moins de 3 heures… »

Bouwe Bekking, Highland Breeze

« J’ai navigué toute la semaine dernière sur Antilope, et je barre à Saint-Barth Highland Breeze, pour le compte du propriétaire de Gaastra, qui a monté de nombreuses opérations de relations Publiques. Je prends cependant beaucoup de plaisir sur ce magnifique voilier. Les conditions de navigations sont absolument fantastiques, beaucoup de vent, de la mer, le soleil… J’ai ferment l’intention de revenir ici l’an prochain, avec un bateau compétitif certainement. Cet événement a un potentiel extraordinaire !

Gavin Brady, tacticien sur Vesper

« J’apprécie particulièrement les conditions qui sont offertes ici ; On se bagarre contre la mer au vent de l’île mais on rencontre aussi beaucoup de situations de portatifs vraiment très agréables à plus de 20 nœuds. Tout ici est très équilibré.

On a cassé un peu de matériel le premier jour, un solent notamment et on a fini la course sous grand voile seule. Mais on a fini la course et cela fait partie du type d’épreuve que l’on doit savoir gérer ici. On a conservé notre seconde place car les autres aussi ont cassé. Cela me fait beaucoup penser aux conditions que l’on rencontre à Hawaï, de grosses vagues, du vent fort, et une mer très chaude ; que du plaisir ! Jim Swartz (propriétaire de Vesper et Moneypenny ndlr) adore les Voiles. Nous étions ci l’an passé et il avait tout de suite signé pour cette année, et il a déjà déclaré qu’il sera de nouveau présent l’an prochain, avec Vesper ou Moneypenny… »

Les chefs aussi…

Ile de tous les plaisirs et de toutes les beautés naturelles, Saint Barthélémy est aussi le lieu culminant de la gastronomie dans les Caraïbes. L’île brandit en effet très haut l’étendard du savoir faire bien français en matière culinaire, et les Voiles se devaient de souligner ce trait si typiquement tricolore au carrefour des continents américains. La soirée de ce vendredi a ainsi permis à trois chefs de renom, Laurent Cantineaux (Le Bonito à Sain-Barth), Yann Vinsot (Hôtel Saint-Barth Isle de France) et Jean Luc Grabowski (Président de l’Association Goût et saveurs) de présenter à plus de 150 invités participants aux Voiles leur savoir faire, à l’occasion d’une belle soirée de dégustation mais aussi de démonstration.

Le saviez vous ?

En 1784, l’île de Saint Barthélémy redevient monnaie d’échange. Louis XVI décide de céder cette possession contre un droit d’entrepôt dans le port de Göteborg en Suède. Le roi Gustave III de Suède, grand admirateur de la culture française, devient donc l’heureux propriétaire de ces 21 km2 de terre au milieu de l’Atlantique. Le souverain prodigue de grands efforts dans l’espoir de rentabiliser son achat. Il commence par instaurer un « port-franc » (zone portuaire exonérée de taxes) et développe la cité autour du port. Entre 1786 et 1787, ce dernier perd d’ailleurs le nom de « Le Carénage » au profit de « Gustavia », en hommage au roi Gustave III.

L’exploitation de cette zone va permettre à l’île de connaître des années de prospérité. Les navires affluent de toutes les Caraïbes afin de faire escale ici et participent ainsi à son développement.

De la période suédoise, on retiendra aussi un fait rarissime pour l’époque. En 1814, un communiqué annonce l’ouverture d’une école qui enseigne « aux enfants des deux couleurs et des deux sexes ». Ils y apprennent le français, l’anglais et l’espagnol, ainsi que plusieurs autres disciplines.

Si le gouvernement suédois ferma un temps les yeux sur le trafic d’esclaves, il permit l’abolition de l’esclavage en 1847, soit un an avant la France, en rachetant la liberté de tous les esclaves de l’île aux frais de la couronne de Suède.

Le partenaire du jour :

La collectivité de Saint Barthélémy, par la voix de son Président Bruno Magras, apporte un soutien total au développement des Voiles de Saint-Barth.

Pour mémoire, Saint-Barthélemy est une collectivité d’outre-mer (COM) depuis le 15 juillet 2007. Avant cette date, elle était une commune française du DOM-ROM de la Guadeloupe, date à laquelle le changement de statut a pris effet lors la première réunion du conseil territorial nouvellement élu.

De 1962 à 2007, les communes de Saint-Martin et de Saint-Barthélemy ont constitué le 3e arrondissement de la Guadeloupe (« les îles du Nord »), étant administrées par un sous-préfet ayant sa résidence principale à Saint-Martin. Le 7 décembre 2003, les électeurs de Saint-Barthélemy ont approuvé par consultation populaire, avec une participation de 78,71 % et 95,51 % des suffrages exprimés, un projet institutionnel faisant de leur île une collectivité territoriale à assemblée unique détachée du DOM-ROM de la Guadeloupe. Les premières élections territoriales de Saint-Barthélemy sont convoquées en juillet 2007 et l’île devient, le dimanche 15 juillet 2007, officiellement collectivité d’outre-mer : la commune de Saint-Barthélemy est dissoute, de même que l’arrondissement départemental et le canton.