Vers un très long final au près

 

Virbac-Paprec 3 attendu à Gibraltar le 1er avril
MAPFRE sorti du mode furtif
Séance bricole pour Dee Caffari et Anna Corbella
L’équipage de Central Lechera Asturiana doit annoncer s’il repart ou non de Wellington
Virbac-Paprec 3 et MAPFRE s’apprêtent à vivre un très long final au près. Avec des vents contraires peut-être jusqu’à Barcelone. Les premiers sont pratiquement à la latitude des Canaries. Les seconds s’en approchent. Dans leur sillage, Renault Z.E, Estrella Damm et Neutrogena sont promis au même sort.

Pour vivre heureux, vivons penchés ? Pas vraiment ! En règle générale, à moins qu’il ne s’agisse de verts pâturages, le marin n’aime pas batifoler dans le près. Il n’a même aucune inclinaison pour la navigation gitée. C’est pourtant l’allure imposée aux deux bateaux de tête depuis leur franchissement de l’équateur. Après un long bord dans les alizés de l’hémisphère nord, les voici abordant l’anticyclone des Açores par sa face Est, un itinéraire qui a des airs d’option obligatoire vu la taille de cette bulle. Après 36 heures en mode furtif, Iker Martinez et Xabi Fernandez (MAPFRE) ont réapparu dans les classements et il n’est pas très surprenant de constater qu’ils ont peu ou prou calqué leur route sur celle de leur adversaire de tête. Pendant la partie de cache-cache, le tandem espagnol a gagné quelques longueurs mais accuse toujours 211 milles de retard sur le monocoque bleu.

Tout en flirtant avec les hautes pressions, les deux bateaux vont peut-être devoir passer dans l’archipel des Canaries en prenant soin d’éviter les dévents de ces îles escarpées. Ce faisant, ils se préparent à vivre encore au moins 8 jours au près, dans un flux qui va se renforcer dans le détroit de Gibraltar. C’est la dernière punition avant la ligne d’arrivée d’ici 8 à 10 jours.

Mêmes conditions, même sanction

L’anticyclone des Açores prend ses aises sur toute la largeur de l’Atlantique Nord et ne semble pas vouloir bouger d’un iota. En conséquence, les prétendants à la 3e place que sont Renault Z.E, Estrella Damm et Neutrogena, seront certainement contraints d’adopter la même stratégie que leurs prédécesseurs pour arriver jusqu’à Gibraltar.

Au large de Natal, Dee Caffari et Anna Corbella ont profité des conditions molles du Pot au Noir pour s’arrêter et terminer les réparations de la cloison de leur ballast avant. Les deux navigatrices prévoyaient trois ou quatre heures de travail de stratification. Si elles réussissent l’opération, elles pourront enfin mener Gaes Centros Auditivos à 100% de ses capacités.

Plus au sud, Hugo Boss et FMC cogitent pour trouver le meilleur passage dans un labyrinthe d’anticyclones et de petites dépressions qui se forment sur le continent sud-américain. Pour l’heure, Wouter Verbraak et Andy Meiklejohn sont dans le bon tempo par rapport à ces phénomènes. Ils naviguent au largue à plus de 15 nœuds, soit la meilleure moyenne des classements de cette 85e journée de course.

Dans le Pacifique, Jaume Mumbru et Cali Sanmarti progressent très lentement vers le Horn. We are Water navigue avec un ORC à l’avant et le tourmentin à la place de la grand-voile, en attendant que la bôme soit réparée. Les conditions sont toujours musclées dans ce secteur avec un bon 35 nœuds et une mer grosse.

Partira ? Partira pas ?

A Wellington, Central Lechera Asturiana qui a remâté hier après trois semaines de réparations, procède à des essais de gréement et de voiles. Juan Merediz et Fran Palacio devraient annoncer dans les prochaines heures leurs intentions quant à leur retour ou non dans la course.

En bref :

Passage à l’heure d’été

Dimanche matin, l’Europe passe à l’heure d’été. L’organisation sportive de la course et les marins sont calés sur le temps universel (TU) ou Greenwich Mean Time (GMT). C’est le temps de référence pour toute publication officielle. Ce passage à l’heure d’été (TU+2) implique donc que les classements sortiront une heure plus tard en heure locale soit : à 6h00, 11h00, 16h00 et 21h00.

Classement du 26 mars à 15 heures (TU+1) :

1 VIRBAC-PAPREC 3 à 1599,3 milles de l’arrivée

2 MAPFRE à 211 milles

3 RENAULT Z.E à 1094 milles

4 ESTRELLA DAMM Sailing Team à 1248,7 milles

5 NEUTROGENA à 1265,4milles

6 GAES CENTROS AUDITIVOS à 1768,8 milles

7 HUGO BOSS à 3596,5 milles

8 FORUM MARITIM CATALA à 3855,2 milles

9 WE ARE WATER à 5619,6 milles

10 CENTRAL LECHERA ASTURIANA à 9951 milles

ABN FONCIA

ABN PRESIDENT

ABN GROUPE BEL

ABN MIRABAUD

Ils ont dit :

Loïck Peyron (Virbac-Paprec 3) : « On commence à compter les jours. Mais c’est un compte à rebours un peu long qui s’égrène de plus en plus lentement au fur et à mesure que la vitesse diminue ou du moins n’accélère pas ! Le moins que l’on puisse dire c’est que l’on n’est pas prêts d’accélérer et en tout cas pas droit vers le but. Quand je pense à l’arrivée, je me dis que toute personne normalement constituée a besoin d’un bon bain, de revoir sa famille, sa femme et ses enfants… et en ce qui me concerne d’une salade fraîche à l’huile d’olive ! On n’a absolument pas regardé notre ETA d’arrivée à Barcelone, car on a déjà très peu d’idées précises pour Gibraltar ! Et entre Gibraltar et Barcelone il y a quelque chose qu’on appelle la Méditerranée et concernant les ETA dans cette zone, je connais très peu de gens capables de le faire, donc pour l’instant on ne regarde pas et on ne se pose même pas la question ! »

Antonio Piris (Renault Z.E.) : « On avance au près avec 15 nœuds de vent, c’est un régal comparé aux semaines précédentes, c’est de l’or pur ! Nous ne pensons pas aux défis à venir, mais à Estrella Damm qui est très rapide et ils vont lutter jusqu’à la fin. Nous utiliserons notre arme du ghost mode seulement à un moment où nous serons très proches d’eux et qu’il y aura un système météo compliqué avec des options variées. Alors là on pourrait bien l’utiliser. Nous nous battons et ce sera une fin de course vraiment divertissante. Il y aura de la tension jusqu’à l’hôtel W (là où se situera la ligne d’arrivée à Barcelone), c’est vraiment mieux que d’être espacés de nombreux milles. On n’est tout de même pas dans des transports en commun, mais dans une course jusqu’à la fin ! »

Wouter Verbraak (Hugo Boss) : « Un centimètre, c’est à peu près la taille de la fente laissée à travers mon équipement étanche et à travers lequel je garde un œil sur les instruments. Mais même au travers d’une ouverture aussi petite, l’eau salée réussit à trouver son chemin et me brûle les yeux ! Mon visage est une grande croûte de sel et fermer les paupières devient incroyablement douloureux. Ah ! Les joies de naviguer à toute allure avec du vent de travers ! Mais c’est un moindre péage à payer en échange d’une rapide progression vers le nord, et surtout dans cette région, où normalement on est freiné par des vents très légers. Après 80 jours de course, la puissance du bateau avec ces angles de vent nous sidère encore. Nous n’avons pas besoin de mettre beaucoup de toile pour voir HUGO BOSS s’envoler à des vitesses incroyables. »