Vivement demain

Franck Cammas et ses neuf équipiers naviguent toujours dans une zone difficile entre une dépression orageuse et les alizés de l’anticyclone de Sainte-Hélène : il faut que Groupama 3 progresse encore pendant 36 heures vers le Nord pour se sortir de la nasse afin de reprendre le fil de ce Trophée Jules Verne… Chaque souffle de vent se traduit par un gain ou une perte par rapport au temps de référence !

Encore 4 500 milles avant de voir poindre à l’horizon la terre du Finistère ! Et onze jours à Franck Cammas et son équipage pour espérer battre le record autour du monde ! Il reste surtout à se sortir de la nasse qui enferre Groupama 3 depuis plus d’une journée dans des vents instables et peu favorables… Et surtout une volonté sans faille d’un équipage de dix hommes focalisés sur un objectif accessible, même s’il est toujours délicat de se projeter à dix jours quand on est en mer. Avec, quoi qu’il arrive, une énergie et une ambiance à bord du trimaran géant tellement positive que les obstacles sur la route ne sont qu’une anecdote éphémère…

« On a eu du mal hier soir, et depuis, nous avons dû gérer des grains toutes les dix minutes mais on commence à sortir de cette zone instable ! Ce ne sont pas encore les alizés, mais ça y ressemble même si nous n’atteignons pas encore de grandes vitesses. Tout le monde est aux aguets dans des conditions plutôt agréables pour reprendre des forces. Après 39 jours de mer, nous n’avons plus de problème d’adaptation avec les conditions météo mais nous avons perdu du poids et on aspire à manger des vivres frais ! » indiquait Franck Cammas à la vacation radio de 12h30 avec le PC Course parisien de Groupama, en présence de Frédéric Courant, co-animateur de l’émission « C’est pas sorcier ».

Constante adaptation

 La zone de vents instables n’est pas encore dans le tableau arrière de Groupama 3 car il lui faut non seulement quitter la dépression orageuse qui l’a sensiblement ralenti ces deux derniers jours, mais aussi traverser une dorsale anticyclonique, une phase de transition délicate jusqu’à atteindre les alizés d’Est de Sainte-Hélène… L’équipage doit s’adapter en permanence avec ces conditions changeantes !

 « On a pu se laver dans un grain, en une minute ! Car on évite de se retrouver sous un cumulonimbus où il n’y a pas trop de vent… On voit bien que nous ne sommes pas loin des alizés. On en a un peu assez de naviguer au près car le temps est long dans ce type de conditions, mais il nous faut patienter encore 36 heures pour retrouver un régime plus régulier et favorable. L’équateur, c’est pour dimanche matin… D’ici là, on va flirter avec le petit temps. Il nous faut aller le plus vite possible pour garder une chance de battre le record du Trophée Jules Verne. »

Alizés mode d’emploi

« Groupama 3 navigue contre le vent depuis le cap Horn : avant de trouver des vents plus favorables, il faudra attendre la nuit de vendredi à samedi… Les prochaines 36 heures sont donc encore difficiles, car ils vont devoir franchir une dorsale anticyclonique. Après le Pot au Noir, les alizés de Nord-Est sont bien installés dans l’Atlantique Nord : il faut ensuite qu’une dépression se crée sur le continent nord américain pour propulser le trimaran géant très rapidement vers Ouessant et c’est une forte possibilité ! » précisait Sylvain Mondon de Météo France.

Le trimaran géant réussit encore à maintenir un écart stable par rapport au temps de référence car Orange 2 n’avait, au même moment, pas été très favorisé par Eole en 2005. Quand l’un doit tirer des bords pour gagner dans le Nord, son prédécesseur avait dû patienter pour atteindre les alizés de l’anticyclone de Sainte-Hélène. Avec environ 300 milles de retard, Franck Cammas et ses hommes sont encore dans le match car la remontée de l’Atlantique Nord n’avait pas été très rapide pour Bruno Peyron et son équipage… Mais chaque heure compte.

Tableau de marche de Groupama 3
(départ le 31 janvier à 13h 55′ 53 » TU)

 (Nombre de milles parcourus par rapport à la route optimale du Trophée Jules Verne)

Jour 1 (1er février 14h TU) : 500 milles (retard = 94 milles)
Jour 2 (2 février 14h TU) : 560 milles (avance = 3,5 milles)
Jour 3 (3 février 14h TU) : 535 milles (avance = 170 milles)
Jour 4 (4 février 14h TU) : 565 milles (avance = 245 milles)
Jour 5 (5 février 14h TU) : 656 milles (avance = 562 milles)
Jour 6 (6 février 14h TU) : 456 milles (avance = 620 milles)
Jour 7 (7 février 14h TU) : 430 milles (avance = 539 milles)
Jour 8 (8 février 14h TU) : 305 milles (avance = 456 milles)
Jour 9 (9 février 14h TU) : 436 milles (avance = 393 milles)
Jour 10 (10 février 14h TU) : 355 milles (avance = 272 milles)
Jour 11 (11 février 14h TU) : 267 milles (retard = 30 milles)
Jour 12 (12 février 14h TU) : 274 milles (retard = 385 milles)
Jour 13 (13 février 14h TU) : 719 milles (retard = 347 milles)
Jour 14 (14 février 14h TU) : 680 milles (retard = 288 milles)
Jour 15 (15 février 14h TU) : 651 milles (retard = 203 milles)
Jour 16 (16 février 14h TU) : 322 milles (retard = 375 milles)
Jour 17 (17 février 14h TU) : 425 milles (retard = 338 milles)
Jour 18 (18 février 14h TU) : 362 milles (retard = 433 milles)
Jour 19 (19 février 14h TU) : 726 milles (retard = 234 milles)
Jour 20 (20 février 14h TU) : 672 milles (retard = 211 milles)
Jour 21 (21 février 14h TU) : 584 milles (retard = 124 milles)
Jour 22 (22 février 14h TU) : 607 milles (retard = 137 milles)
Jour 23 (23 février 14h TU) : 702 milles (avance = 60 milles)
Jour 24 (24 février 14h TU) : 638 milles (avance = 208 milles)
Jour 25 (25 février 12h TU) : 712 milles (avance = 365 milles)
Jour 26 (26 février 14h TU) : 687 milles (avance = 430 milles)
Jour 27 (27 février 14h TU) : 797 milles (avance = 560 milles)
Jour 28 (28 février 14h TU) : 560 milles (avance = 517 milles)
Jour 29 (01 mars 14h TU) : 434 milles (avance = 268 milles)
Jour 30 (02 mars 14h TU) : 575 milles (avance = 184 milles)
Jour 31 (03 mars 14h TU) : 617 milles (avance = 291 milles)
Jour 32 (04 mars 14h TU) : 492 milles (avance = 248 milles)
Jour 33 (05 mars 14h TU) : 445 milles (avance = 150 milles)
Jour 34 (06 mars 14h TU) : 461 milles (avance = 58 milles)
Jour 35 (07 mars 14h TU) : 382 milles (retard = 100 milles)
Jour 36 (08 mars 14h TU) : 317 milles (retard = 326 milles)
Jour 37 (09 mars 14h TU) : 506 milles (retard = 331 milles)
Jour 38 (10 mars 14h TU) : 321 milles (retard = 384 milles)
Jour 39 (11 mars 14h TU) : 255 milles (retard = 309 milles)