Brad Butterworth

Il paraît que vous avez beaucoup voyagé l’hiver passé, avez-vous pu joindre l’utile à l’agréable ?
Alinghi fonctionne non-stop et il y a toujours du travail à faire! L’hiver passé ce sont avant tout les designers et les constructeurs de bateau qui ont été à l’oeuvre, les navigateurs ont pu faire un break. Depuis fin mars ils sont tous à nouveau à l’entraînement. De mon côté, j’ai passé un peu de temps en Nouvelle-Zélande et aux Caraïbes.

Quel était le but de ce meeting Alinghi dans les Grisons en mars dernier ?
L’idée était de tous se retrouver pour faire quelque chose de différent. Nous passons tellement le temps ensemble à longueur de journée quand nous sommes sur l’eau, particulièrement l’an passé qui a été très intense, qu’il est indispensable de prendre un peu de distance puis de fêter les retrouvailles dans un environnement qui nous change de l’ordinaire. Et puis Lenzerheide est une bonne façon de faire découvrir un autre visage de la Suisse à l’équipe !

Quel est l’état d’esprit d’Alinghi pour cette nouvelle série de LV Acts ?
Nous abordons les Louis Vuitton Acts 10 & 11 de la manière que nous avions abordés les acts 2005, avec la même volonté de réussite. Il n’y a que deux événements cet été et ils se déroulent tous les deux à Valence, ce sera donc beaucoup plus facile à vivre pour les équipages sans tous les déménagements et les voyages qui avaient marqué les acts de Malmö et Trapani l’année dernière.

Quels challengers seront le plus à surveiller ?
Maintenant que la nouvelle génération de bateaux fait son apparition et que les équipages ont défini leur configuration et fini leurs recrutements, nous aurons une attention particulière pour tous les challengers. Tous feront l’objet d’une observation et d’une analyse poussées de notre part et il se pourrait bien que l’on voit se profiler une équipe forte qui ne faisait pas de vagues en 2005.

Savez-vous lesquels régateront avec leur nouveau bateau ?
Nous ne savons pas encore, et d’ailleurs c’est encore également une décision à prendre de notre côté.

Doit-on s’attendre à des changements importants au sein de l’équipe?
Non.

Allez-vous alterner les trois barreurs comme l’an passé?
Nous avons développé un véritable réservoir de talents véliques alors il est évident que nous ferons tourner nos barreurs. Mais comme il n’y a que deux événements cette année ils ne pourront pas tous les trois être à la barre. En revanche ils navigueront tous.

Quels sont vos objectifs pour cette saison ?
Nous n’avons que cet été pour optimiser le nouveau bateau, ce qui implique une concentration de notre énergie sur les tests et les rééquilibrages nécessaires à en faire un bateau gagnant. C’est sur cette optimisation du nouveau bateau que nous allons nous concentrer.

Avec le recul, pensez-vous que tout ce qui a été mis en place par ACM se passe d’une manière optimale ?
Tout change en permanence et donc l’organisation peut toujours être améliorée, mais d’un point de vue sportif on ne peut vraiment pas se plaindre car les régates sont organisées de manière professionnelle. Par ailleurs, en se promenant sur la Darsena à Valence, on se rend tout de suite compte de ce qu’a apporté la Coupe à la ville.

Que pourrait-on encore améliorer d’après vous ?
Je pense qu’à l’avenir il faudrait penser à réduire les coûts afin de permettre à d’autres équipages de s’engager. L’America’s Cup devrait donc s’adapter encore un peu en termes de structure et de déroulement des événements, avec pour objectif de faciliter la venue de nouveaux défis. La période sur laquelle s’étend une campagne America’s Cup devrait également être revue à la baisse: quatre ans c’est beaucoup trop long, deux ans serait plus réaliste.