L’Audi MedCup à l’heure portugaise

Les onze TP52 et quatre des cinq GP42 ? Puerto Calero est attendu ce soir – sont à quai dans la Marina de Cascais et préparent l?ouverture de cette 6e saison de l’Audi MedCup sur les eaux atlantiques. Ce lundi, la plupart des équipages sont sortis s’entraîner en baie de Cascais en prélude à la manche d’entraînement officielle qui réunira mardi la flotte des TP52. Trois nouvelles équipes sont particulièrement attendues : les Franco-allemands d’ALL4ONE, les Britanniques de TeamOrigin et les Italiens de Luna Rossa.

Le beau temps est revenu sur la côte d?Estoril et une brise légère a poussé les TP52 vers la sortie du port ce lundi en fin de matinée, pour un entraînement informel. Pour les retouches de dernière minute et comparer leur vitesse avant d?aborder cette nouvelle saison, les équipages ont grand besoin de naviguer.

A fortiori les trois bizuths du Circuit, trois équipes en campagne pour la 34e America?s Cup, en réalité bien loin d?être des débutantes.

Les Italiens de Luna Rossa et les Anglais de TeamOrigin n?ont qu?une huitaine de jours d?entraînement sous la quille et ne sont pas encore prêts à 100%. L?équipage de Ben Ainslie doit prendre la mesure de son nouveau plan Juan Kouyoumdjian (seul plan Juan K et seul TP52 neuf construit pour 2010), un bateau original qui dispose entre autres d?un bulbe à ailettes.

Autre nouveau venu, l?équipage d?Audi A1 powered by ALL4ONE. Avec un bateau loué il y a à peine plus d?un mois (l?ex-Valars), l?équipe franco-allemande a couru contre le temps pour procéder aux modifications exigées par la nouvelle jauge et repeindre la coque aux couleurs de son partenaire. Encadrés par le quadruple médaillé olympique Jochen Schuemann avec Sébastien Col à la tactique, les hommes d?ALL4ONE n?ont navigué qu?une seule journée à Cascais  « pour vérifier que le bateau était navigable et histoire de rallonger la job list » expliquait Albert Jacobsoone, un des six Français du bord. C?est la première fois qu?un team (en partie) tricolore s?immisce dans le concert des nations de l?Audi MedCup, de quoi réjouir leur patron Stephan Kandler, qui souhaitait intégrer le Circuit depuis longtemps.

Dans les rangs tricolores, à noter également la présence de Julien Cressant qui officie au pieds de mât sur TeamOrigin (baptême du bateau mardi à 8h30) et de Thierry Peponnet, grand habitué de la MedCup qui coache l?équipage russe de Synergy.

Demain mardi,  à l?occasion de la régate d?entraînement officielle des TP52 (départ à 14h00 heure française) tout ce petit monde pourra se jauger sans enjeu face au champion en titre Emirates Team New Zealand, mais aussi à Quantum (USA) ou encore Artemis (SWE) les trois meilleures équipes de la saison 2009 qui font ici figure d?épouvantail.

Les choses sérieuses commencent mercredi à 14 heures avec, pour les TP52, les premières manches comptant pour le classement (pendant que les GP42 disputeront leur régate d?entraînement).
Pour ceux qui n?ont pas la chance d?être à Cascais, rendez-vous le même jour à 13h50 (heure française) sur www.medcup.org pour suivre les régates en direct grâce à Audi MedCup TV : quatre heures de programme quotidien diffusé en streaming.

Ils ont dit :

Jochen Schuemann (GER), skipper et barreur d?Audi A1 powered by ALL4ONE (FRA/GER):
« Pour ALL4ONE, c?est important d?être impliqué dans les grandes compétitions, nous sommes donc très heureux de rejoindre l?Audi MedCup qui est un peu la champions league de la voile. Quand vous voyez tous ces champions olympiques réunis ici, l?image n?est pas usurpée ! (?) L?Audi MedCup est un super terrain d?entraînement, une belle plateforme pour acquérir de l?expérience et pour courir après des équipes fortes comme Team New Zealand, Artemis ou Quantum? Nous sommes venus avec un bateau loué, qui n?est pas le plus neuf de la flotte mais notre équipe technique a fait un super boulot.  Mais nous avons toujours pas mal de problèmes à résoudre sur le bateau et nous ne sommes pas encore tout à fait prêts. Nous avons besoin de naviguer et de nous comparer aux autres pour mieux appréhender nos performances. Car avec les nouvelles règles de jauge ce n?est plus le TP52 que j?ai connu en 2008 (Jochen barrait alors Platoon, ndr). Ici, à Cascais, nous voulons  quand même être compétitifs. Notre objectif est donc une place dans la première moitié du tableau. Et si nous terminons 5e, ce sera super. En tout cas, je suis certain que nous avons le potentiel pour être plus forts à chaque épreuve de la saison. »

Julien Cressant (FRA), pied de mât sur TeamOrigin (GBR) :
« Après deux jours de navigation en Nouvelle-Zélande (où le bateau a été construit, ndr), on s?est entrainé 4 à 5 jours à Portimao où nous avons pu faire quelques speed tests avec Matador. Mais il faut encore qu?on apprenne à utiliser le bateau. Tous nos concurrents ont déjà une ou deux saisons derrière eux, il nous faut rattraper le temps perdu et aussi développer les voiles. C?est un bateau un peu extrême ? la forme de l?étrave, les appendices – et il faut apprendre à trouver le bon mode d?emploi. »

Torben Grael (BRA), skipper et tacticien de Luna Rossa (ITA) :
« Sur cette épreuve, nous sommes nouveaux dans tout. Nous allons apprendre sur le Circuit, la flotte, le bateau. Nous ne serons certainement pas le bateau le plus rapide de la flotte, mais ici, à Cascais, il a toujours des options tactiques. Surtout si nous courons près de terre. La vitesse ne fera pas tout. »