le point sur la construction du monocoque 60′ de Bernard Stamm

Alors que le pont du futur monocoque de 60 pieds de Bernard Stamm commence à se matérialiser et que le mannequin de la coque est actuellement en construction, les ingénieurs, le staff technique et les équipes du chantier Décision à Lausanne s’activent également pour faire avancer les systèmes de barre, de relevage des safrans et des dérives ou encore l’ergonomie du cockpit. Parallèlement à cela, les scientifiques, en collaboration avec la Fondation de Famille Sandoz, mettent en œuvre différents dispositifs qui permettront d’observer l’état physique de l’océan mais aussi d’examiner le plancton. Par ailleurs, et afin d’ancrer le projet RIVAGES dans une démarche écologique, la fondation a décidé de faire réaliser un bilan environnemental de la construction du bateau sous la forme d’un Bilan Carbone, selon une méthodologie dite d’Analyse de Cycle de Vie.

 

 

      Le pont a commencé à se matérialiser, l’empilement des couches de carbone pré-imprégné est terminé, elles ont mêmes été cuites à quelques 100°C le mardi 11 mai dernier, dans le grand four où trône le moule.  « Ce millefeuille constitue la première peau. L’équipe positionne actuellement les panneaux de Nomex qui vont constituer l’âme du sandwich et qui passeront elles aussi en cuisson, explique Gautier Levisse, ingénieur Projet. Avant la fin du mois, la deuxième peau va être exécutée. Il ne restera plus qu’à poser les éléments pour la structurer. Nous venons de recevoir les plans du bureau de l’architecte Juan Koujoumdjian, ils sont actuellement traités par le bureau des méthodes du chantier ». Parallèlement à la mise en œuvre du pont, le mannequin de la coque, savant mélange de bois et de mousse, est en construction et servira à réaliser le moule en carbone qui permettra ensuite de fabriquer la coque proprement dite. « Tous les couples sont positionnés, la forme est faite, elle est actuellement en train d’être enduite afin d’obtenir un état de surface optimum, continue Gautier, les yeux rivés sur son ordinateur. « Parallèlement à ses travaux de gros œuvres, nous avançons sur les systèmes de barre, de relevage des safrans, de montée et de descente des dérives. Nous avons également bien avancé sur l’ergonomie du cockpit et nous n’attendons plus que sa validation par Bernard. Il arrive juste au bon moment pour prendre les décisions que lui seul est à même de prendre ». En liaison avec l’EPFL, l’Ecole Polytechnique Fédérale de Lausanne, le dossier « production d’énergie » avance lui aussi à grands pas, tout comme le dossier « fabrication du mât ». L’espar en carbone va être construit par le chantier Lorimat de Lorient. Les études sont en cours pour concevoir un tube le plus léger possible tout en ne concédant rien au rayon solidité.
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Un projet scientifique original

      Pour contribuer  à l’observation de l’état physique de l’océan, Bernard Stamm offre aux scientifiques l’usage  de son bateau de course pour réaliser différentes mesures  destinées à enrichir les bases de données de bouées, de navires de commerce et de recherche.   » Le projet de Bernard Stamm est original mais l’homme l’est aussi « . C’est ainsi qu’Eric Hussenot, Directeur Délégué d’Océanopolis, plante le décor. De fait, la démarche du skipper suisse est relativement singulière. Son discours n’est pas celui d’un marin qui veut protéger les océans mais celui d’un coureur au large en passe de construire un bateau techniquement révolutionnaire, convaincu de pouvoir participer, à sa mesure, à leur connaissance. Les évolutions de l’état de l’océan, qu’elles soient naturelles ou d’origine anthropique, concernent l’ensemble du globe et se produisent à des échelles multiples de temps et d’espace. Des réseaux d’observations ont été mis en place, principalement des satellites qui permettent de suivre certains paramètres de surface et des réseaux de profileurs Argo qui sondent l’intérieur. Mais un coureur au large peut, lui aussi, apporter sa contribution. Par exemple, des capteurs de paramètres élémentaires tels que la température et la salinité peuvent être installés sous la coque et fournir ainsi en continu une mesure tout au long de la route. « L’intérêt est d’apporter une mesure proche de la surface sur des trajets différents de ceux habituellement fréquentés par les lignes commerciales. Un tour du monde en course  permet d’avoir une vision relativement rapide d’une zone d’océans assez grande  » poursuit Eric Hussenot.  Le défi des scientifiques, aujourd’hui,  est tout en miniaturisant l’ensemble des systèmes, de mettre au point les procédures et de les adapter au bateau : qualification des capteurs, validations des données ou encore définition d’un mode de transmission efficace et soutenable par un bateau en course, sur lequel  les  réserves d’énergie et d’eau douce ne sont pas sans limite.


Observer le plancton sur un bateau de course : une première !

      ?Associé à l’Agrocampus de Rennes et à la Fondation suisse pour le Progrès de l’Homme, Océanopolis a travaillé sur des systèmes vidéo marins. Fort de ces expériences, l’institution propose aujourd’hui pour la première fois de réfléchir à des systèmes d’équipement pour  un bateau de course,  qui puisse transmettre de précieuses informations sur le plancton océanique sur un parcours continu, à une vitesse relativement constante, passant d’eaux tropicales à des eaux subpolaires ou polaires…. Aujourd’hui, le plancton –  les organismes vivants qui flottent et dérivent en pleine eau – est menacé. Pourtant, qu’il soit végétal ou animal, il est indispensable à l’équilibre de notre système et les enjeux qu’il représente sont considérables. En effet, sa dégradation en quantité et en qualité est aussi pernicieuse que la disparition des espèces halieutiques.  Les recherches sont en cours. Plusieurs pistes de travail sont approchées et un système d’équipement pourrait être appliqué au bateau de Bernard Stamm pour le Vendée Globe.  Capturer des échantillons de plancton lors de moments d’accalmie et de le conserver est, lui aussi, envisagé. A suivre.

??Un projet carbone

     Afin d’ancrer le projet RIVAGES dans une démarche environnementale, la Fondation de Famille Sandoz a décidé de faire réaliser un bilan de la construction du bateau sous la forme d’un Bilan Carbone selon une méthodologie dite d’Analyse de Cycle de Vie. Un des volets de cette étude se concentrera sur les problématiques d’énergie embarquée et tentera de proposer des solutions alternatives, dans la mesure où elles sont non contraignantes à la performance. Le chantier Décision SA voit quant à lui dans cette méthodologie, l’opportunité d’améliorer l’impact environnemental de ses procédés. La Fondation de Famille Sandoz a décidé de confier la réalisation de ce Bilan Carbone à la société Quantis Sarl, spécialiste dans le domaine des Analyses Cycle de Vie d’entreprises, de projets ou de produits. Le développement de solutions d’optimisation énergétique a été confié à la société Sorane S.A., bureau d’ingénieurs-conseils en rationalisation énergétique fondé en 1978, qui collabore de manière étroite, dans le cadre du projet RIVAGES, avec deux laboratoires de L’EPFL. Le Bilan Carbone ACV est actuellement dans sa troisième phase : la collecte de données issues de la construction et la formulation d’hypothèses de travail, notamment sur l’évaluation d’une utilisation théorique du bateau, en conditions de course du Vendée Globe. ?La Fondation mettra également en œuvre des solutions de compensation dans le cadre de cette même démarche. Nous vous donnerons également régulièrement des nouvelles de ce projet.