Les Allées du Grenelle de la Mer au cœur du 50ème Nautic, Salon Nautique International de Paris.

 

Le 50ème Nautic ouvre ses portes le 3 décembre Porte de Versailles, et fête un demi-siècle de passion et d’innovations, qui ont fait de l’industrie nautique française un leader mondial. Les progrès accomplis par la plaisance sont spectaculaires, que l’on parle de sécurité, de confort, de design, de performance, mais aussi et surtout en matière de respect de l’environnement. Parce que la France possède le deuxième espace maritime du monde, elle a une responsabilité toute particulière aux niveaux européen et mondial. C’est pourquoi le Grenelle de la Mer a été lancé en 2009 par le Ministère du Développement durable en application du Grenelle Environnement. Les organisateurs, le Ministère de l’Ecologie, du Développement durable, des Transports et du Logement proposent donc aux visiteurs, au c?#8220;ur du Pavillon 1, une vitrine des dernières innovations en matière de développement durable : les Allées du Grenelle de la Mer.

 Dans ces Allées, outre les exposants institutionnels (Marine nationale, Douanes, SNSM, Météo France) et les associations, tous engagés dans la démarche du Grenelle de la Mer, des dizaines d’exposants se sont regroupés pour présenter leurs contributions à une navigation plus durable. Si la fabrication des bateaux de série a connu une évolution favorable avec la généralisation de l’infusion et de l’injection, qui permettent de limiter la diffusion de composés organiques volatils, c’est la propulsion, la production d’énergie, l’entretien et l’utilisation quotidienne qui ont fait l’objet de toutes les attentions des professionnels.

La propulsion est un dossier sur lequel toute l’industrie se penche depuis longtemps. Les motoristes d’abord, comme Nanni Diesel ou Steyr, qui proposent depuis plusieurs années des solutions hybrides diesel-électrique. Mais aussi le leader mondial Bénéteau qui, associé à ZF et Volkswagen, a présenté en 2009 un programme ambitieux de propulsion hybride avec hydrogénérateur. Dans les Allées du Grenelle de la Mer 2010, c’est le tout électrique et l’électro-solaire qui tiennent la vedette :
– Le spectaculaire trimaran Solar Odyssey, de Lemer Pax, qui tentera de battre le record de l’Atlantique exclusivement à l’énergie solaire, comme le tente en ce moment l’énorme catamaran Planet Solar, mais à une vitesse opérationnelle et un coût cohérent.
– L’Aequus, premier bateau familial entièrement autonome grâce à ses panneaux solaires intégrés. Conçu par Jean Marie Finot et Bruno Hervouet, l’Aequus préfigure sans doute la plaisance de l’après pétrole. Un des premiers clients déclare ne jamais l’avoir branché sur le secteur !
– L’Epic 21se, premier bateau de ski nautique entièrement électrique fabriqué en série. Avec une autonomie de 10 heures et un couple record, ce bateau importé par BoatCar Event est un véritable pavé dans la mare des sports de glisse motorisés.
– L’Oléa 5.50, bateau de balade et de pêche accessible, propulsé par un gréement simplissime et une motorisation électrique silencieuse et propre.
– Ruban Bleu, le leader français des bateaux électriques fluviaux, que l’on retrouve en location sur beaucoup de rivières, poursuit son développement de bateaux électriques.
– L’AFBE, Association Française du Bateau Electrique, qui expose quelques productions au Nautic et proposera un test de bateau électrique à passagers sur la Seine.
– Enfin, les premiers moteurs Hors-bord électriques de puissance débarquent, comme le Emotor de 100cv. Cette puissance lui permet d’équiper le gros du marché de bateaux déjà en service, comme la plupart des semi-rigides et les petits pêche-promenade.

La propulsion par cerf-volant arrive aussi à maturité, notamment pour les systèmes auxiliaires et passifs, comme la solution OmegaSails exposée au Nautic. Ce cerf-volant ne nécessite aucune compétence de pilotage, et permet de soulager la consommation par vents portants. Et c’est un indiscutable élément de sécurité supplémentaire pour les grands voyageurs.

L’entretien des bateaux, leurs peintures et leur recyclage en fin de vie est le second axe de recherche de l’industrie. On estime à environ 20 000 le nombre de bateaux arrivés en fin de vie chaque année, soit environ 15 000 tonnes de plastiques et métaux à recycler chaque année. L’APER, l’association pour une Plaisance Eco Responsable créée par la FIN, oriente les propriétaires vers les filières les plus adaptées en fonction des matériaux à recycler, centralise les devis, s’attache à coordonner la filière.

DDNR (Déconstruction, Dépollution Nautique, Recyclage) présente au Nautic ses outils et ses processus de dépollution. Un bateau est composé de multiples matériaux, polyester mais aussi bois, colles, fonte, aluminiums et autres alliages. Sa déconstruction nécessite, comme pour l’automobile, un travail rigoureux de démontage avant le broyage. C’est aussi pourquoi certains pionniers, comme NavEcoMat investissent dans la recherche de nouveaux matériaux pour la fabrication de bateaux dits « biocomposites », soit un composite biosourcé, recyclable et biodégradable en fin de vie, de façon à réduire l’impact environnemental par rapport au classique verre/polyester.

Avant d’en arriver là, les 700 000 bateaux de plaisance français demandent un entretien régulier, surtout lorsqu’ils sont utilisés dans un univers marin, ce qui représente des millions de litres de produits et de peintures sous marines chaque année. C’est pourquoi les industriels proposent depuis longtemps des produits bio dégradables, les ports s’équipent de zones de carénage équipées de séparateurs et les peintures sous marines abandonnent les biocides.
Le Label Bateau Bleu de la FIN impose à tout nouveau bateau d’être équipé d’un réservoir à eaux noires mais aussi d’un système anti-débordement pour les carburants, comme l’Econab présenté au Nautic. A propos de rejets d’hydrocarbures, la société Ecocéane expose un bateau spécifiquement conçu pour dépolluer les eaux des ports, le Cataglop 66. Ecocéane, société bretonne spécialisée dans les bateaux dépollueurs, a participé à la récente lutte contre la marée noire dans le Golfe du Mexique.

Dans les Allées du Grenelle de la Mer on pourra aussi découvrir les dernières formules biodégradables de MattChem, un des pionniers français de la chimie éco-responsable, mais aussi d’AGL Marine, Green Plaisance et Topoplastic. De même pour les peintures sous-marines, SeaWax Marine Coatings et BoatSonic proposent au Nautic des solutions innovantes à base de cire sans biocides ou d’ultrasons. A partir de 2014, l’utilisation de biocides sera totalement interdite, et les alternatives se développent tous azimuts.

La production d’énergie est le troisième important volet du développement durable nautique. Cela fait des décennies que les éoliennes et les panneaux solaires produisent de l’énergie sur les voiliers de voyage, mais leur rendement et leurs performances ne cessent de croître, fruit d’intenses recherches de la part des équipementiers. Dans les Allées du Grenelle de la Mer, seront notamment exposés la dernière génération de panneaux de Sun Elec, et la version grand public de l’hydrolienne Watt&Sea, conçue par et pour les coureurs du Vendée Globe. A elle seule, elle doit subvenir aux besoins d’une famille entière partie sur la route des alizés !
Encore un bel exemple des transferts de technologie de la course vers le grand public.

Cette recherche touche même des domaines très spécifiques, comme Gréement Import qui présente les premiers cordages bio-dégradables, pour que les vieux bouts perdus en mer disparaissent pour de bon.

On le voit, le nautisme poursuit sa révolution verte dans tous les domaines, de l’écoconception à la propulsion jusqu’au recyclage final. Grâce au Ministère de l’Ecologie, du Développement durable, des Transports et du Logement, à la participation des organisateurs, de la FIN, du réseau national EcoNav qui informera et orientera le public dans les Allées du Grenelle de la Mer, le visiteur du 50ème Nautic aura un aperçu des innovations éco-responsables en parcourant ces Allées.