Loïck Peyron

Quels navigateurs suisses connais-tu le mieux et lequel apparaît le plus comme un extra-terrestre aux yeux des Français ?
Je connais Stève et Yvan, Ernesto, les Bourgnon, Pierre Fehlmann, Nicolas Grange, les Cardis… J’ai beaucoup de respect pour Laurent et j’apprécie vraiment toute la bande multi et maintenant mono des bords du lac mais, en voile, je ne connais pas d’extra-terrestre. En Suisse comme ailleurs, les médias en fabriquent de temps en temps, les marins, eux, naviguent.

Comment expliques-tu que ton frère et toi soyez arrivés tous deux à ce niveau de la compétition ?
Tous les trois – Stéphane, Bruno et moi-même – avons eu la chance d’avoir des parents passionnés par la mer et c’est venu naturellement avec pas mal de galères et de vaches maigres.

Qu’est-ce qui fait la force des marins français et qu’est-ce qui leur manque le plus en général d’après toi ?
Leur force est cette culture large, novatrice et un poil dilettante, leur faiblesse vient de là aussi.

Quel programme t’attend de juillet à décembre ?
Quelques étapes du Tour de France avec Pierre-Loïc Berthet et sa bande, un Figaro en août, un Clairefontaine en septembre, quelques petits bords à Lausanne, un poil de «nav’» sur le nouveau Maricha, une transat Jacques Vabre avec Jean-Luc Nélias sur Belgacom en novembre; le tout articulé autour de la recherche d’un partenaire financier pour reconstruire au plus vite un nouveau trimaran 60 pour la saison Orma 2004.

Quels liens as-tu avec le Grand Prix Beau-Rivage Palace ?
J’ai la chance d’y être convié depuis sa création et, pour rien au monde, je ne rate les lacustres bastons au pied des quais d’Ouchy.

Te verra-t-on un jour au Bol d’or ou au Rund-um (l’équivalent sur le lac de Constance) ?
Oui, j’aimerais bien y revenir.

Comment vois-tu les dix prochaines années ?
Occupées… Autour du monde en multicoque, autour de bouées en monocoque et le reste du temps sur un trimaran de 60 pieds.

Quel était le sens de ta présence assez prolongée à Auckland pendant la Coupe ?
Cela m’intéresse, évidemment, comme tout marin sur cette planète.

Tu prépares un défi français. Sous quelle forme et à quelles conditions ?
C’est ce sur quoi je travaille pour l’instant, avec Bertrand Pacé et une équipe potentiellement très intéressante. Le principe général est d’ouvrir le village au multiculturel.

Quel serait ton pronostic sur la ville retenue pour la prochaine Coupe et pourquoi ?
Pas de pronostic mais c’est une évidence. Pour moi, Marseille s’impose, surtout si on veut faire de la Coupe un événement populaire. Le seul endroit avec de l’eau salée où les drapeaux suisses peuvent s’agiter dans les mains d’un public nombreux et passionné, c’est Marseille !