Les Voiles de Saint-Tropez : les Voiles, une passion suisse

Photos : ©Gilles Martin-Raget

Le rideau est tombé le 8 octobre dernier sur les Voiles de Saint-Tropez, qui ont conclu en beauté la saison de yachting méditerranéenne pour les quelque 4000 marins et propriétaires qui avaient fait le déplacement cette année.

Les Voiles de Saint-Tropez ont une nouvelle fois tenu toutes leurs promesses, avec des conditions météos variées qui ont permis aux plus de 300 unités classiques et modernes en lice de disputer de belles régates sous un beau soleil automnal. Présents dans la quasi-totalité des catégories, les Suisses ont prouvé qu’il fallait bel et bien compter sur eux, que ce soit du côté des modernes ou des voiliers de tradition.

De belles joutes nautiques sur le rond des traditions

VST17-D6_5311Témoins de l’âge d’or du yachting, les traditions ont pu valider de belles manches tout au long de la semaine. Si Oiseau de Feu, 10e en Epoque Marconi A n’a rien pu faire contre un Rowdy très en forme, Carron II, qui termine 2e à un petit point du vainqueur Cholita, aurait pu l’emporter en Epoque Marconi B. « L’équipage aime venir à Saint- Tropez chaque année pour régater et faire la fête. Il y a plus de challenge qu’ailleurs », souligne Angelo Mazzarella. D’origine italienne, le propriétaire du 8 m JI, qui réside à Genève, est un vrai passionné de voile. « Je navigue depuis longtemps. En devenant membre de la Société Nautique de Genève, j’ai décidé d’acheter un bateau classique, qui est considéré comme l’un des plus beaux du lac Léman. On a monté une équipe avec Europ’sails, qui gère depuis sept ans les aspects techniques et régates. On a gagné trois des quatre derniers championnats de 8 m JI », poursuit-il.
On notera également la belle performance du Tofinou 9.5 (SUI 18) Jolt de Peter Harrison en Marconi Moderne, qui termine à cinq points du vainqueur Camomille. « C’est la huitième année consécutive que je participe aux Voiles. C’est l’événement idéal pour finir la saison. Je suis ravi d’y participer avec mon Tofinou. L’ambiance dans la Classe est très bonne et le niveau de compétition relevé », indique le CEO de Richard Mille Europe, qui a quitté Londres pour s’installer en Suisse il y a huit ans, en emmenant Jolt dans ses valises. « Je navigue un peu à l’île de Wight, où je possède une maison, sur le lac en Suisse, mais également ailleurs dans le monde en TP 52 et en 72 », précise-t-il.

Mariska, vainqueur du Trophée Rolex

Avec quatre victoires au compteur sur sept manches disputées, le Mariska de Christian Niels s’est quant à lui illustré sur le Trophée Rolex. « Je participe aux Voiles chaque année depuis 2009. C’est l’événement de fin de saison, où chacun essaie de confirmer ou de rattraper les points qui lui manquent. Saint-Tropez est vraiment un endroit spécial et le spectacle sur l’eau magnifique », confie le Lausannois, dont le bateau est basé à Saint-Tropez.

Un superbe plateau moderne

VST17-D7_6673Du côté des modernes, le plateau était une fois encore relevé, avec la présence de nombreux spécialistes du match race et de ténors de la course au large. Toute la semaine, les voiliers modernes ont fait parler la poudre au large de la Cité du Bailli de Suffren, validant quatre courses pour les IRC et six pour les Wally. S’il a été compliqué pour le Suisse Inouï de rivaliser avec Babsy mené par Franck Cammas en IRC A, David Estoppey (Ninotchka IV) n’a pas été plus chanceux, avec une 15e place en IRC D : « Notre première participation remonte à la Nioulargue. La voile, c’est une histoire de famille. Cette année, trois générations sont représentées sur le bateau. Mon père et ma famille sont à bord. On régate beaucoup dans le coin, le bateau est basé à Port Grimaud, mais les Voiles de Saint-Tropez sont vraiment l’un de nos événements préférés. Avec l’arrivée du professionnalisme, on a du mal à être devant, mais on garde le plaisir de naviguer. On est de purs amateurs. On navigue aussi sur le lac de Neuchâtel en Suisse pendant l’année », commente-t-il. 29e en IRC E loin derrière l’autre bateau suisse, Cochise, qui a terminé 15e, Philip Haefelfinger (Monique Anne IV) prend la chose avec philosophie. « Ça fait neuf ans que je participe aux Voiles à bord de ce bateau, qui appartenait à une personne d’un certain âge qui avait navigué toute sa vie et qui rêvait de faire les Voiles. Je lui ai proposé de monter un équipage et d’y participer. Il m’a cédé son bateau après trois éditions. On ne peut pas jouer aux avant-postes, mais on s’amuse beaucoup. Le reste de l’année, je navigue beaucoup en Suisse, où je suis assez impliqué dans le milieu vélique », avance celui qui vit à Glarus, dans les montagnes suisses alémaniques.

Renata s’adjuge le Trophée Edmond de Rothschild

VST17-D6_5458La chance a plus souri à Renata, loué pour l’occasion par Orel Kalomeni, qui a raflé le Trophée Edmond de Rothschild et le Trophée de la Ville de Saint-Tropez. Pas étonnant quand on sait que le Suisse, qui réside à Monaco, s’est adjugé les services de fins régatiers tels que Sébastien Col ou Dimitri Deruelle. « J’avais envie d’essayer le TP52, et Saint-Tropez est l’endroit idéal pour ça. Sébastien Col, qui est un ami et un excellent marin, a su monter une équipe solide et très internationale », explique Orel Kalomeni, qui court d’habitude sous les couleurs de son team Arcora : « Pendant l’année, je navigue en Melges 20. On a terminé 4e au Championnat d’Europe cette année. L’an prochain, on participera également au Championnat du monde avant de venir à Saint-Tropez, mais je ne sais pas encore avec quel bateau », poursuit-il. Cette année encore, les Suisses sont venus chercher des résultats et de la bonne ambiance. Deux bonnes raisons de revenir l’année prochaine.


Gstaad Yacht Club Centenary Trophy : un très bon millésime Organisée par le très sélect Gstaad Yacht Club, la 7e édition du Centenary Trophy a réuni seize unités centenaires la journée de jeudi, consacrée aux défis comme le veut la tradition. Habitués et nouveaux venus tels que Chips, le sistership d’Olympian, se sont mesurés sur le format de la « pursuit race ». À ce jeu, c’est le Sonderklass Tilly XV qui l’a emporté, devant le tenant du titre Spartan et le Linnet de Patrizio Bertelli, vainqueur des Régates Royales de Cannes la semaine précédente.