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Marstrand fête le solstice d’été, l’amour et les RC44

par Pierre-Antoine Preti

RC44

Navigation suédoise à bord du bateau suisse Black Star Sailing. À presque vingt ans, la série monotype créée par Russell Coutts en 2005 est en augmentation. La série plaît de plus en plus aux propriétaires-barreurs. Décryptage.

Au solstice d’été, les Suédois se parent de fleurs. Le peuple du nord célèbre la journée la plus longue de l’année, l’amour et la vie. Sur l’île de Marstrand, c’est aussi le moment de la migration annuelle des RC44. Une tradition entretenue à l’invitation de Torbjörn Törnqvist (Artemis Racing). «Je suis très heureux d’accueillir la série chaque année dans mon pays, dans un petit village typique et dans cet archipel très particulier de Marstrand. » Cette année, du 24 au 28 juin, douze unités étaient présentes, soit trois de plus que l’année précédente. À l’invitation de la série, Skippers s’est rendu sur place pour comprendre le regain de vitalité de cette classe imaginée par Russell Coutts et le Slovène Andrej Justin, construite en Hongrie en 2005 et
lancée en 2007.
À Marstrand, l’équipe suisse Black Star Sailing s’est bien battue. Spi rouge, étoile noire : les couleurs du Zurichois Christian Zuerrer ont commencé à briller sur le circuit GC32 en 2019. Présentesdepuis cette année dans la classe Cape 31, elles existent aussi en RC44 depuis quatre ans. Pas facile de jouer sa partition dans ce circuit exigeant. Les régates sont serrées, chaque fausse note se paye cash. « Nous devons améliorer nos départs », annonce le skipper au début de l’événement. Une déclaration sans doute bénéfique : sous nos yeux, la majorité des départs de Black Star étaient plutôt bons. « Nous voulons
figurer dans la première moitié du classement», insiste le propriétaire-barreur. Et la régularité de l’équipe suisse aurait pu payer. Mais avec dix manches courues, l’objectif ne sera pas atteint. Les Suisses terminent à la septième position, à égalité de point avec Ceeref Vaider (SLO). La faute à une onzième place dans la deuxième régate. Les positions sont si serrées en RC44, qu’une ou deux contre-performances peuvent plomber un classement.

L’exigence de la monotypie ne fait aucun doute. L’ensemble de la flotte passe souvent les marques dans la même minute. L’ambiance aux bouées est électrique. Le deuxième jour de course a été marqué par trois accrochages. Artemis Racing en a fait les frais avec un trou béant sur son tribord arrière. Heureusement, l’organisation est rodée. Une nuit en zone technique et l’avarie est réparée. Les voiles aussi ont droit à leur service express. Dans le sail loft de l’organisation, les techniciens de Quantum, North Sails et Doyle, les trois voileries représentées, réparent et optimisent en temps réel. Sur le parking, douze containers de 20 pieds abritent les ateliers des équipages. Un village technique dans lequel l’organisation et son magasin de pièces détachées tiennent une place de choix. Une fois la jupe détachée, bateau et mât se glissent dans un container de 40 pieds, prêt à voguer vers de nouveaux horizons. En Suède, le montage des douze bateaux a été bouclé en une semaine. Le cahier des charges de cette série garantit une livraison « clés en main » aux propriétaires-barreurs. Il assure aussi une bonne organisation du point de vue des sites d’accueil. Marie-Hélène Polo, une des propriétaires de la Marina di Puntaldia située en Sardaigne, était en visite à Marstrand. Pour cette marina privée, qui ne dispose pas forcément de toutes les infrastructures techniques, «la qualité organisationnelle du circuit » est tout aussi importante que celle des bateaux et des marins. La saison 2025 compte cinq événements. Un agenda minutieusement coordonné avec celui des TP52, Swann et autres SailGP. Les équipiers, qui sont souvent engagés dans plusieurs circuits, doivent pouvoir passer de l’un à l’autre sans encombre. Depuis 2005, une trentaine de RC44 ont été construits. D’autres sont en commande. La série a abandonné le match racing et ses complications en 2017. Il ne subsiste désormais que les régates en flotte. La vitalité de cette classe « owner-driver » dépasse peut-être aujourd’hui les ambitions initiales de son créateur, Russell Coutts. Mais qu’est-ce qui attire autant les propriétaires-barreurs ? Pour Chris Bake, président de la classe, la réponse est multiple : « les gens réalisent l’intérêt d’une monotypie forte. Nous avons aussi lancé la construction de nouveaux bateaux. Nous sommes aujourd’hui en mesure d’intégrer rapidement de nouveaux propriétaires. C’est un cadre attractif auquel s’ajoute une excellente camaraderie entre compétiteurs. » Avec des propriétaires fidèles et des marins parmi les meilleurs au monde, le circuit des RC44 est une monotypie de haut niveau. L’étape de Marstrand n’a pas fait exception à cette qualité. Et à la fin, les ténors se sont imposés : victoire du Team Nika du Bulgare Vladimir Prosikhin, devant Aleph Racing, barré par l’Italien Pietro Loro Piana, puis Team Charisma du Néerlandais Nico express. Dans le sail loft de l’organisation, les techniciens de Quantum, North Sails et Doyle, les trois voileries représentées, réparent et optimisent en temps réel.

LES SUISSES TERMINENT À
LA SEPTIÈME PLACE, À ÉGALITÉ
DE POINTS AVEC LES SLOVÈNES
DE CEREEF VAIDER. ©Nico Martinez

Sur le parking, douze containers de 20 pieds abritent les ateliers des équipages. Un village technique dans lequel l’organisation et son maga- sin de pièces détachées tiennent une place de choix. Une fois la jupe détachée, bateau et mât se glissent dans un container de 40 pieds, prêt à voguer vers de nouveaux horizons. En Suède, le montage des douze bateaux a été bouclé en une semaine. Le cahier des charges de cette série garantit une livraison « clés en main » aux propriétaires-barreurs. Il assure aussi une bonne organisation du point de vue des sites d’accueil. Marie-Hélène Polo, une des propriétaires de la Marina di Puntaldia située en Sardaigne, était en visite à Marstrand. Pour cette marina privée, qui ne dispose pas forcément de toutes les infrastructures techniques, «la qualité organisationnelle du circuit » est tout aussi importante que celle des bateaux et des marins. La saison 2025 compte cinq événements. Un agenda minutieusement coordonné avec celui des TP52, Swann et autres SailGP. Les équipiers, qui sont souvent engagés dans plusieurs circuits, doivent pouvoir passer de l’un à l’autre sans encombre. Depuis 2005, une trentaine de RC44 ont été construits. D’autres sont en commande. La série
a abandonné le match racing et ses complications en 2017. Il ne subsiste désormais que les régates en flotte. La vitalité de cette classe « owner-driver » dépasse peut-être aujourd’hui les ambitions initiales de son créateur, Russell Coutts. Mais qu’est-ce qui attire autant les propriétaires-barreurs ? Pour Chris Bake, président de la classe, la réponse est multiple : « les gens réalisent l’intérêt d’une monotypie forte. Nous avons aussi lancé la construction de nouveaux bateaux. Nous sommes aujourd’hui en mesure d’intégrer rapidement de nouveaux propriétaires. C’est un cadre attractif auquel s’ajoute une excellente camaraderie entre compétiteurs. » Avec des propriétaires fidèles et des marins parmi les meilleurs au monde, le circuit des RC44 est une monotypie de haut niveau. L’étape de Marstrand n’a pas fait exception à cette qualité. Et à la fin, les ténors se sont imposés : victoire du Team Nika du Bulgare Vladimir Prosikhin, devant Aleph Racing, barré par l’Italien Pietro Loro Piana, puis Team Charisma du Néerlandais Nico Poons. Un deuxième groupe suit de près, avec les deux bateaux suédois, dont le GeMera du jeune Markus Törnqvist, épaulé par le tacticien italien Francesco Bruni.

BLACK STAR SAILING, DU ZURICHOIS CHRISTIAN ZUERRER, EST DANS LE CIRCUIT DEPUIS 2019. ©Nico Martinez

Pour Bertrand Favre, l’organisateur de la série, la semaine suédoise fut une réussite. Une seule journée de régate a dû être annulée à cause du vent fort. Des conditions nordiques et un bilan satisfaisant. Et l’avenir s’annonce serein : « Je pense que nous pouvons très facilement passer à quatorze bateaux. Au-delà, il faudra un peu réfléchir à la logistique, mais je crois que tout est prêt pour accueillir de nouveaux propriétaires-barreurs. »

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