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Deux sur trois : Guirec Soudée passe un second cap majeur dans sa tentative de tour du monde à l’envers

par Jean-Christophe Guillaumin

Alors que tous les marins du monde célèbrent les exploits de Thomas Coville et son équipage qui vient de pulvériser le record du Trophée Jules Verne en un peu plus de 40 jours, et celui d’Alexia Barrier et de son équipage féminin sur le même parcours, un autre marin affronte une réalité radicalement différente sur les mêmes océans. À bord de son trimaran géant Ultim MACSF, Guirec Soudée s’est lancé dans L’EPREUVE, la navigation la plus difficile à imaginer pour un marin : le tour du monde « à l’envers ». Si la route classique du Jules Verne ou du Vendée Globe consiste à faire le tour du monde par les 3 caps majeurs (Espérance, Leeuwin et Horn) en suivant les vents et les courants dominants d’Ouest en Est, la route « à l’envers » impose de naviguer face aux éléments, transformant chaque mille en une lutte acharnée.

Trimaran Ultim MACSF
MACSF de Guirec Soudée, un trimaran Ultim face au défi ultime d’un tour du monde contre vents et courants… (Photo : Armel VRAC)

Ils ne sont que 5 à avoir réussi à accomplir l’exploit de réaliser un tour du monde en solitaire contre les vents et courants, en passant d’abord le Cap Horn, puis le Cap Leeuwin et enfin celui de Bonne Espérance avant de remonter passer la ligne d’arrivée située au large d’Ouessant en Bretagne. Chay Blyth en 1971, Mike Golding en 1994, Philippe Monnet en 2000 et enfin Jean-Luc Van Den Heede en 2004, actuel détenteur du record en 122 jours. Pour donner une idée de la difficulté de la navigation, le dernier Vendée Globe (donc dans le « bon » sens) s’est couru en 64 jours. En multicoque, ils sont deux seulement à l’avoir tenté en solitaire. Le Polonais Roman Paszke s’y était cassé les dents à deux reprises en 2012 et 2013. Plus récemment, en 2017, Yves Le Blévec avait vu son trimaran Actual chavirer au large du Cap Horn, rappelant que si les multicoques sont plus rapides, ils pardonnent moins l’erreur dans ces conditions de près permanent…

2 sur 3

Le 18 février, Guirec Soudée vient de franchir le Cap Leeuwin, situé au sud-ouest de l’Australie, après le Cap Horn franchi, lui, le 14 janvier dernier. Ce deuxième des trois grands caps marque l’entrée dans une phase tactique complexe. Pour préserver son géant de 31 mètres, Soudée a opté pour une trajectoire atypique dans le Pacifique, remontant plus au Nord que ses prédécesseurs pour éviter le cœur des dépressions les plus violentes. Un choix assumé pour ménager la monture avant d’affronter le détroit de Bass et la remontée vers l’Océan Indien.

Désormais, le regard du marin est tourné vers le Cap de Bonne-Espérance. Avec une avance qui est à Leeuwin de plus de 1 000 milles sur le temps de VDH, le record semble à portée pour Guirec Soudée. Encore faut-il franchir sans encombre le terrible océan Indien, puis entamer la longue remontée de l’Atlantique qui n’est jamais simple avec un bateau et un skipper forcément épuisé par la longue route du sud. Van Den Heed avait rejoint le Cap Leeuwin après 70 jours de mer contre 57 pour Soudée. VDH avait ensuite mis 22 jours pour traverser l’Indien face aux vents et courants dominants puis 30 jours pour remonter l’Atlantique jusqu’à la ligne.

Si tout se passe bien pour Guirec Soudée (on croise les doigts), la barre des 100 jours pourrait être battue, même si la route est encore très très longue d’ici à la délivrance.

A suivre sur www.guirecsoudee.com

Guirec Soudée à bord du trimaran MACSF
Et de deux caps déjà passé pour Guirec Soudée. Devant le marin, il reste l’Indien puis la remontée de l’Atlantique. (Photo : Armel VRAC)

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