Photos © Ian Roman / Anna-Lena Elled /Mark Lloyd
Que serait le chaînon manquant entre Simone de Beauvoir et Florence Arthaud ? Élodie-Jane Mettraux ne cache pas son engagement féministe pour une voile professionnelle qui devrait faire la part belle aux femmes.
Les projets d’équipages féminins professionnels se comptent sur les doigts de la main. Et parmi eux, aucun n’a jamais été pérennisé malgré leurs retentissements remarquables. Pour n’en citer que quelques uns, Travy Edwards, première femme à la tête d’un équipage entièrement féminin lors de la Whitbread 89-90. America’s 3, premier équipage 99 % femmes engagé dans la course à l’aiguière d’argent en 1995, a tenu tête au mythique Dennis Conner. Lisa Charles, avec Amer Sports Too, qui a emmené un équipage entièrement composé de femmes lors de la Volvo 2001-2002. La même année, Ellen Mac Arthur terminait 2e du Vendée Globe et prouvait au monde qu’une femme était capable de battre les hommes dans l’épreuve la plus extrême. Et pourtant, ce n’est que douze ans plus tard qu’un nouveau projet féminin a refait surface grâce à Team SCA lors de la Volvo.
Le paradoxe est frappant, car la voile offre de vastes perspectives de féminisation. Qui peut nier qu’un équipage repose d’abord sur une diversité de profils, de compétences, de qualités ? À l’inverse d’un 100 m où il serait difficile à une femme de concurrencer la puissance pure d’Usain Bolt, les qualités requises pour prendre la barre d’un bateau ou la tactique sont essentiellement cérébrales. Alors, comment se fait-il que l’ouverture de la pratique professionnelle de notre sport aux femmes tarde tant ? C’est la question à laquelle tente de répondre Élodie-Jane Mettraux.
Magenta girls
« C’est justement pour ne pas regarder une nouvelle décennie 
« Certains pensent à tort qu’une équipe de femmes serait plus attractive pour les sponsors, car il s’agit d’un projet qui se démarque des autres, mais dans la réalité… c’est plus compliqué. Il ne faut pas oublier que la voile repose en grande partie sur un mécénat déguisé sous forme de sponsoring et que la lutte pour l’obtention des budgets est très compétitive », confie Élodie Mettraux.

Le 100 % féminin, un objectif ?
« Paradoxalement, je ne défends pas la constitution d’équipe 