La vocation de musée maritime à ciel ouvert du Port Rhu ne s’est rarement aussi bien exprimée que depuis l’arrivée en son sein de la flotte de l’Oberthur Atlantic Trophée. Du plus petit au plus grand des voiliers inscrits à cette course entre Douarnenez et Horta, tous racontent à leur manière l’histoire d’une passion, d’une famille et très souvent d’une vie. D’un bord à l’autre, les trajectoires divergent mais le plaisir de se montrer et d’admirer les « concurrents » est le même. Et pour le public, la vision de carte postale est à portée d’appareil pour des souvenirs inoubliables.
Amarrés à Douarnenez depuis une dizaine de jours pour certains, les yachts classiques de l’Oberthur Atlantic Trophée attendent patiemment leur heure. Le large et le coup de canon du départ, ce sera pour le 14 juillet. En attendant, les inscriptions de poursuivent et les découvertes aussi. Du haut de ses 22,25 mètres, Amazon est le plus grand voilier engagé sur cette course à destination des Açores. Construit en 1971, ce plan Sparkman et Stephens possède un pédigrée exceptionnel. C’est sous pavillon allemand qu’il a passé ses premières années, s’illustrant notamment sur de grandes courses à travers le monde. Racheté par Olivier Pecoux, premier propriétaire européen de ce bijou, il a subi de nombreux travaux « préventifs », du pont à la peinture, en passant par les haubans. A 48 heures du départ, l’équipage de huit personnes regroupant famille et amis du skipper est fin prêt et ne cache pas ses objectifs : » C’est une course, alors si on vient, c’est pour faire un résultat, quelle que soit la classe. Et avec la jauge, tout le monde a sa chance. Mais avec ces unités, pas de course à la technologie. Les classiques, il faut savoir leur montrer un certain respect ».
Pazienza, l’élégance du doyen
Presque voisin de celui qui dévoile ses longues lignes à qui veut s’en saisir, Pazienza est le doyen de la course. Construit en 1956 à Gènes, en Italie, sur des plans de Laurent Gilles pour le propriétaire du chantier Beltrami, ce cotre bermudien de 18 mètres est spécial à bien des égards. Construit en teck, il a déjà dans son sillage de nombreuses transatlantiques et s’est notamment illustré sur la dernière édition de la Transat Classique en coupant le premier la ligne d’arrivée de la première étape. Ancien bateau de Peter Townsend, guitariste des Who, il est désormais la propriété du britannique Richard Haycock. Il seront six à bord, à croiser le fer entre Douarnenez et les Açores, dont une équipière française. Ensemble ils entendent bien profiter de cette belle aventure : « Notre objectif est de nous amuser, de naviguer en sécurité et d’être rapides ! Ce ne sera pas facile parce qu’il y a d’autres bons bateaux. S’il y a du vent fort, ce sera bon pour nous parce que Pazienza est lourd. Nous étions les premiers de la première étape de la dernière Transat Classique parce que les vents étaient forts. Nous savons que nous avons nos chances, si la météo nous aide ».
Suzalah, petit mais marin !
Lancé en 1965 pour le compte de Tony Taylor, Président de Camper et Nicholson, Suzalah est avec ses 9,83 mètres de long le plus petit bateau engagé dans l’Oberthur Atlantic Trophée. Relativement lourd avec ses 7,6 tonnes de déplacement, ce petit bijou se révèle dès 14 nœuds et exprime tout son potentiel de voilier résolument marin. Acheté en 1986 par son propriétaire, le Britannique Richard Cross, Suzalah a alors subi une rénovation complète. Considéré à l’époque, de l’aveu même de son skipper, comme « un vieux voilier bon marché », jamais il n’aurait alors imaginé que 20 ans plus tard il entrerait dans la catégorie des yachts classiques, navigant sous pavillon du Royal Southern Yacht Club et du British Classic Yacht Club. Il y a cinq ans, Richard Cross a entrepris un deuxième chantier pour offrir une nouvelle jeunesse à Suzalah, y consacrant chaque hiver. De la coque au mât, en passant par le pont, l’électricité, l’électronique, les voiles et le confort intérieur… tout a été revu pour redonner toute sa superbe à la monture et la rendre la plus autosuffisante possible afin d’en faire un bateau respectueux de son environnement. Le 14 juillet prochain, avec un Anglais à la barre et un équipage 100% français, à bord duquel prendra place Christian Wilame, le seul douarneniste de la course, Suzalah prendra le large « pour ne pas se prendre au sérieux et pour participer à une belle aventure. C’est la première fois que nous partons pour une navigation aussi longue. Nous sommes ravis d’être ici pour partager ça dans un esprit très convivial ».
Concert et feu d’artifice
Côté mer les choses se précisent et à terre, les animations ne manquent pas. Ainsi, demain mercredi, à 18 heures, la présentation officielle de l’ensemble des équipages se déroulera-t-elle sous le chapiteau, avant que le feu d’artifice de la ville de Douarnenez ne vienne transformer en un tableau magique la flotte de l’Oberthur Atlantic Trophée, à partir de 21h30. Dans la foulée, le groupe Mano Loco fera danser le Port Rhu aux rythmes chauds et entraînants d’une musique teintée d’influences sud-américaines, jamaïquaines, réunionnaises… une réelle invitation à la fête et au voyage. Programmé à 22 heures sur le quai, ce concert est gratuit et ouvert à tous.
Enfin, pour celles et ceux qui souhaitent assister au départ de l’Oberthur Atlantic Trophée sur l’eau, il reste de places à bord de la Recouvrance pour le 14 juillet. Fixée à 92 euros, la journée en mer inclura un déjeuner pour un moment inoubliable. Renseignements et inscriptions au bar du village de la course
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