Le monde du nautisme vient de vivre une semaine historique. En ce début d’année 2026, l’océan n’a pas seulement été le théâtre de performances chronométriques, mais celui d’un véritable changement de paradigme. Entre le nouveau temps de référence absolu de Thomas Coville et l’acte de naissance d’un projet féminin d’envergure mené par Alexia Barrier, la circumnavigation en équipage a définitivement basculé dans une nouvelle dimension.
Thomas Coville et Sodebo : La barrière des 40 jours vacille
Le dimanche 25 janvier 2026 à 7h46, le trimaran Sodebo Ultim 3 a coupé la ligne d’arrivée virtuelle entre Ouessant et le cap Lizard. Le verdict du chronomètre est sans appel : 40 jours, 10 heures et 45 minutes. Thomas Coville et son équipage de six marins (Benjamin Schwartz, Léonard Legrand, Pierre Leboucher, Nicolas Troussel, Guillaume Pirouelle, Fred Denis) pulvérisent le record de Francis Joyon de 12 heures et 44 minutes.
Cette victoire est avant tout celle de la ténacité. Pour Coville, dont on connaît l’histoire intime avec le tour du monde, ce record vient couronner des années de développement sur un bateau volant dont la complexité technique n’a d’égale que sa puissance.
The Famous Project : IDEC Sport conjugué au féminin
Mais l’émotion était tout aussi vive le lendemain, lundi 26 janvier. Le maxi-trimaran IDEC Sport, mené par Alexia Barrier et son équipage 100% féminin (Dee Caffari, Annemieke Bes, Rebecca Gmür Hornell, Deborah Blair, Molly LaPointe, Támara Echegoyen et Stacey Jackson), a franchi la ligne après un périple magistral. Si l’objectif premier de The Famous Project était d’établir un temps de référence féminin, la performance sportive – le 6e meilleur temps de l’histoire du Jules Verne – force le respect de tous…



Malgré une grand-voile déchirée à quelques jours de l’arrivée et des conditions dantesques dans le Pacifique — avec des vents de 50 nœuds et une mer croisée — Alexia Barrier et ses sept équipières ont « bouclé la boucle » en 57 jours. Ce temps devient la boussole pour toutes les futures tentatives féminines. « C’est un cercle très fermé que nous intégrons aujourd’hui », confiait Alexia au passage du Horn. Au-delà du chiffre, c’est la solidité du collectif et la maîtrise d’un Ultime réputé pour sa brutalité qui marquent les esprits.
L’équipage d’IDEC Sport a surtout démontré que le record absolu n’était assurément pas un rêve impossible à décrocher pour un équipage féminin. Si un sponsor est intéressé, qu’il nous contacte au magazine et nous ferons suivre auprès d’Alexia et ses « super girls »…

