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Un tracé en or

par Quentin Mayerat

Le CER remporte sur le D35 Realstone Sailing l’une de ces plus belles victoires lors du Bol d’Or Mirabaud 2012 et réussi du coup le doublé « Genève-Rolle-Bol d’Or ».

 

« La veille du départ, j’ai consulté d’excellents météorologues comme Bernard Dunand et Pierre Eckert, explique Denis Girardet. Cela permet de se poser les bonnes questions et d’ajuster la stratégie » Deux scénarios sont envisagés par le tacticien: utiliser les petits thermiques locaux durant la matinée pour glisser jusqu’au Bouveret ou attendre patiemment le vent d’ouest prévu l’après-midi. « Nous ne voulions par tirer de plan sur la comète et la priorité était de chasser la pression. »

Et quand la chasse à la pression commence, Realstone Sailing montre encore son aisance et s’extirpe le premier de la Rade de Genève. Comme le weekend passé lors de la Genève-Rolle-Genève, le CER glisse étonnement seul le long du littoral suisse. Les adversaires réagissent trop tard. Alinghi par exemple, empanne au dernier moment en direction de Genthod alors que Realstone Sailing avance plus vite depuis de longues minutes. Pourtant, le bateau bleu doit se frayer un chemin au travers des monocoques pour rejoindre la bouée de dégagement au large de Versoix.

« A la sortie du Petit-Lac, nous observons du vent du nord-est. C’est du Vauderon. Alors que nous avons navigué le long de la côte suisse, c’est le moment de se recentrer sur le lac. De plus, il n’y avait pas de Rebat annoncé donc le Vauderon devait tenir plusieurs heures.Toutefois, nous avons transité trop tôt et deux adversaires nous ont dépassé proche d’Aubonne. »

Ce n’est que partie remise, car moins d’une heure plus tard, Realsone Sailing repasse en tête grâce à une meilleure utilisation du Vauderon. Seul De Rham – Sotheby’s, parvient à accrocher ce vent qui sonnera le glas de tous les adversaires proche de la Suisse. « A ce moment, avec De Rham – Sotheby’s nous naviguons de sorte à tirer les bords les plus rapprochants en direction du Bouveret, sans prendre de risque, nous explique Denis Girardet. » Les deux bateaux creusent l’écart.

L’atterissage au Bouveret est délicat. Comment arriver? Par la gauche? Par la droite? Peu importe, le CER réussi sa volte sans tour de contrôle et redecolle aussitôt pour Genève en passant par le couloir français – celui le plus proche de la côte – pour aller chercher le plus vite possible le flux d’ouest salvateur. La transition est très courte. Bien plus courte que De Rham – Sotheby’s qui semble mettre plus de temps à accrocher le flux d’ouest. Protéger la côte française vis-à-vis du poursuivant était le bon choix. Realsone s’envole.

« Nous avons pris très vite 30 noeuds de vent. La seule chose à faire est d’envoyer du lourd jusqu’à Genève. Tactiquement, le choix est de rester proche du littoral français pour s’habriter des vagues. »

Le CER prend un ris pour réduire la toile. Bon choix, car la vitesse augmente tout en préservant le matériel. Au large d’Yvoire, les régatiers choisissent de lacher le ris. Coup de stress: la drisse semble bloquée et cinq minutes sont nécessaires pour rétablir les voiles. Derrière, son poursuivant grossit à vue d’oeil mais le CER reprend à temps son envol pour ne plus lacher le commandement de la course. Realstone Sailing franchit la ligne d’arrivée en vainqueur.

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