Reportages Voile en Suisse

Des nouvelles du front

Journaliste de voile ou reporter de guerre ?! Ces derniers mois, le front de l’America’s Cup a permis de se poser cette question. En lieu et place des régates, c’est le tapis vert qui a animé le plus vieux trophée sportif du monde. Les tentatives de manipulation, fourberies et autres contrevérités auront été les ingrédients principaux de notre automne. En s’opposant violemment au Protocol de la Société Nautique de Genève (Alinghi) d’Ernesto Bertarelli et de Brad Butterworth, le Golden Gate Yacht Club (BMW Oracle Racing) de Russell Coutts et de Larry Ellison n’y a pas été avec le dos de la cuillère. A défaut de le faire sur l’eau, où le bateau américain n’a pas vraiment brillé lors de la 32e édition, c’est à la Cour suprême de New York, seul organe habilité à traiter des affaires de l’America’s Cup, que des cohortes d’avocats ont été régater.

Pour quel résultat ? Une seule chose est sûre, ces tergiversations ont temporairement ralenti, voire abîmé, les préparatifs de la 33e Cup. A Valence, les forces de travail qui ont fait le succès de la 32e édition se sont tournées vers d’autres employeurs: account managers, responsables de communication, personnel administratif et technique, marins; voilà autant de compétences qu’il faut retrouver une fois les esprits calmés. Ceci sans compter le gel des contrats de sponsoring qui n’a pas permis aux petites équipes de se préparer sereinement.

A Barcelone, le 8 novembre dernier, AC Management a présenté le nouveau «Règlement de la Compétition», avec le format et le calendrier de l’épreuve. Des précisions sur la nouvelle jauge AC 90, éditée comme prévu en date du 31 octobre, ont également été apportées. En l’absence de verdict du Juge Cahn, ce document fait foi à l’heure où nous mettons sous presse. Il devrait toujours être valable, souhaitons-le, à l’heure des régates.

Soulignons d’abord un des plus grands changements. Dans l’idée de «réduction des coûts», chaque équipe ne construit plus qu’un seul bateau. Exit les fastidieuses séances de «speed test» à deux bateaux. Ceci d’autant plus que les entraînements conjoints seront également interdits. Entre octobre 2008 et avril 2009, des épreuves d’entraînement officielles, organisées par le directeur de course d’ACM, permettront la confrontation. Autre nouveauté, l’organisation se réserve le droit d’interdire la navigation pendant des périodes déterminées, les «périodes à quai».

Le format de l’épreuve aussi a changé. Les éliminatoires des Challengers ou «Trials» permettent à Alinghi de participer aux deux Round Robins qui les composent. Les 6 meilleurs se confrontent lors des demi-finales et les trois perdants retrouvent le Defender dans les régates de classement. Les prétentions d’Alinghi de régater avec les challengers, une des pierres d’achoppement du conflit, ont donc rétrogradé par rapport au Protocol de départ.

D’abord un peu ambitieux, le Protocol de départ a mis de l’eau dans son vin. Tant mieux ! Plus alléchante pour les petites équipes, la 33e America’s Cup devrait aussi présenter des bateaux plus spectaculaires. On se réjouit !

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