Quatre présidents de club dans le vent : ils accueillent les D35

ROLAND-RICHARD MARTIN, Président du Club Nautique de Versoix

roland martinQuelles relations lient votre club aux D35 ?

Il faut remonter loin dans le temps pour trouver l’origine de la relation des multicoques avec le CNV. En effet, le premier multicoque lémanique a été construit à Versoix par Philippe Durr, en 1980 : Altaïr IX, il gagne le Bol d’Or cette année-là… Après bien des aventures, jusqu’aux multi de 40 pieds, naît la fameuse série de monotypes D35. Nous sommes en 2004. Le CNV est un club sportif qui, grâce à ses infrastructures, peut accueillir les D35 depuis leur origine. Nous organisons un ou deux Grand prix par saison avec la pose du parcours. La veille, nous préparons une journée d’entraînement. Par son professionnalisme, notre chef de base Benoit Deutsch est le directeur de course sur le bateau start. Le CNV accueille aussi sur ses bouées une bonne moitié de la flotte D35. À la fin des week-ends, après la distribution des prix, c’est toujours un grand plaisir de voir tous les marins des D35 échanger leurs sensations de course en dégustant une bonne pizza arrosée d’une bière fraîche… moment privilégié. L’aventure des D35 et du CNV est une belle passion qui dure.

Qu’apportent les D35 à la voile ?

Le D35 est le plus grand des multicoques en série monotype de Suisse, où il est construit. Cette série dynamise la région lémanique, rend les régates très attractives, attire aussi de grands marins étrangers qui haussent le niveau de navigation des marins locaux au niveau international.

Et qu’apportent les D35 au public ?

Cette monotypie est essentiellement liée aux propriétaires qui sont attirés par des régates intenses où le côté sportif prime sur le spectacle. Les régates de D35 sont extraordinaires à suivre, c’est très visuel, parfois très impressionnant. Mais, comme les parcours sont souvent posés au large, pour des raisons de sécurité évidentes et surtout afin que les marins puissent naviguer dans les meilleures conditions, le public à terre est éloigné des parcours, ce qui est un peu frustrant. Le public, s’il veut vivre intensément les régates, doit monter à bord des bateaux-suiveurs pour se rapprocher de la zone de course. Et là, attention à la sécurité, car les accélérations et la vitesse de ces Formule 1 du lac sont incroyables. On pourrait envisager d’utiliser la technologie des drones, des écrans géants et de la visualisation 3D pour mieux partager avec le public. C’est plus qu’une envie pour moi, c’est un vif souhait que cela se réalise.

NICOLAS MENZINGER, Président du Yacht Club de Genève

nicolas menzingerQuelles relations lient votre club aux D35 ?

Cela fait plusieurs années que nous accueillons les D35 au Yacht Club de Genève. Les deux dernières années, soit en 2016 et 2015, faute de sponsor nous avons organisé le Grand prix D35 du Yacht Club de Genève. Les deux années précédentes (soit en 2014, 2013), nous avons organisé le Grand prix Grange. Nous avons donc vécu deux expériences radicalement différentes en termes de communication et de visibilité, mais l’esprit de la voile restait lui inchangé. Les D35 sont toujours les bienvenus au YCG et tous les membres du comité se battent pour faire partie des bénévoles privilégiés qui pourront poser le parcours. Cela fait de nombreuses années que je m’occupe de l’organisation des forces vives au sein du YCG pour répondre aux besoins énoncés par Bertrand Favre qui gère très bien son organisation aussi bien sur l’eau que les jours et mois qui précèdent l’événement.

Qu’apportent les D35 à la voile suisse depuis toutes ces années ? Est-ce que le public est toujours aussi impressionné ?

Les D35 sont des bateaux très impressionnants, tant par leur taille que par leur performance. Ils impressionnent aussi bien les jeunes de l’école de voile, qui ont le privilège de pouvoir profiter d’un baptême sur ces superbes unités le vendredi soir après les régates d’entraînements, que les bénévoles qui posent le parcours, voire même les passants admirant le spectacle depuis la terre ferme. Au-delà du spectacle, cette série a vu défiler un nombre impressionnant de barreurs, régleurs, stratèges de renommée internationale (et souvent d’origine suisse) et je pense sincèrement que pour les initiés, naviguer sur un D35 est un honneur, un privilège et une sorte de reconnaissance de la maîtrise de ce sport.

Aujourd’hui, 14 ans après la victoire d’Alinghi, je n’arrive pas à percevoir l’engouement du grand public pour ce sport souvent apparenté à un milieu aisé et accessible qu’à une minorité. Cependant, et vu la bonne santé de notre école de voile que nous avons largement dédiée aux multicoques, j’ai le sentiment qu’il faut que cette série perdure, car elle continue à faire rêver les jeunes et les moins jeunes.

PIERRE GIROD, Président du comité central de la SNG

pierre girodQuelles relations lient votre club aux D35 ?

Je pense que c’est d’abord une relation avec une belle flotte qui navigue depuis 2004, et qui a permis d’ouvrir le jeu considérablement. On le doit notamment à celui qui a remisé son Black* au garage après avoir tout gagné de 2000 à 2003, le même régatier qui a ouvert le jeu durant l’America’s Cup pour finalement la ramener à la Société Nautique de Genève deux fois de suite. Lancés initialement au nombre de six, puis dix, puis douze, les D35 sont devenus une série qui a formé une quantité impressionnante d’équipiers de multicoques de très haut niveau. C’est toute cette émulation qu’on ressent quand ils viennent régater chez nous. Par ailleurs, plus de la moitié des propriétaires de D35 sont membres de la Nautique. La section Yachting Léger organise les Grands prix de D35 au moins deux fois par saison, et bien sûr nous les accueillons lors du Bol d’Or Mirabaud. Les D35 ont d’ailleurs contribué fortement à la décision de créer une deuxième ligne de départ il y a quelques années, conçue pour éviter les risques d’accident entre les monocoques et les multicoques.

Est-ce que le public est toujours aussi impressionné ?

C’est le cas du grand public en effet. Les gens rêvent toujours autant devant ces grandes unités qui se déplacent en nombre à toute vitesse. Leur taille et leur surface de voile les distinguent des autres bateaux, ainsi que leur vitesse. Les D35 sont toujours aux avant-postes et dominent pendant les grandes courses lémaniques. Ils offrent un spectacle sans cesse renouvelé depuis quatorze saisons, dans un format régulièrement optimisé qui en fait des événements bien menés et bien suivis. Leur circuit a sorti les grands multicoques de la marge. Il s’agit d’un phénomène étonnant et assez unique.

BORIS LERCH, Vice-président de Club Nautique de Crans

boris cadenceQuelles relations lient votre club aux D35 ?

Nous les accueillons depuis cinq ans à l’occasion d’un Grand prix à la rentrée, en l’occurrence depuis deux ans le Grand prix Alinghi. Comme j’ai navigué pendant près de dix ans en D35, d’abord sur Cadence avec Philippe Gaudin, un autre membre du club, puis sur Veltigroup, nous avons eu l’idée de les inviter à venir régater chez nous. Il s’agit de la série la plus prestigieuse et reconnue du lac, qu’il s’agisse de la taille des bateaux ou du niveau des régatiers, et nous avons souhaité les faire découvrir aux membres de notre club et à l’école de voile de Terre Sainte. De nombreux élèves ont ainsi pu naviguer dessus à l’issue des régates. Philippe supervise les aspects techniques sur l’eau pendant les manches, en relation avec Benoit Deutsch qui gère le bateau start du circuit. Par ailleurs, le club bénéficie d’un terre-plein surélevé au bord de l’eau, qui se prête magnifiquement à l’aménagement de zones de réception pour les spectateurs aussi bien que des participants après les compétitions. Nous organisons pour eux des soupers en toute décontraction sur la pelouse, qu’ils nous disent beaucoup apprécier. À une époque, nous avons même profité de l’infrastructure du Caribana Festival pour apporter encore plus d’ambiance.

Est-ce que le public est toujours aussi impressionné ?

Oui ! Même moi d’ailleurs, je ne m’en lasse pas. À tel point que je continue à effectuer des sorties avec les invités de Swisscom pour me replonger dans les sensations que procurent ces bêtes de course. Les D35 restent les bateaux monotypes les plus grands du lac et des machines incroyables, leur surface de voile est réellement impressionnante et le rapport poids/puissance est inégalable. Pendant les Grand prix nous emmenons quelques dizaines de personnes suivre les courses sur des semi-rigides, ils adorent.