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Sea Loft 480 : la nouvelle manière d’habiter la mer ?

par Jean-Christophe Guillaumin

Dans le sillage habituellement feutré des innovations qui tentent de bousculer (légèrement) nos habitudes nautiques, le chantier vendéen Jeanneau vient de jeter un pavé dans la mare — ou plutôt une villa sur l’eau. Avec le Sea Loft 480, présenté en avant-première mondiale au dernier Nautic de Paris, la marque ne se contente pas de lancer un nouveau modèle ; elle inaugure une philosophie de navigation qui pourrait rapidement attirer de nouveaux pratiquants dans un univers à mi-chemin entre le nautisme et l’hôtellerie de luxe.

Un véritable nouveau concept

Ce concept, né d’une collaboration étroite avec le cabinet Marc Lombard Design Group, propose une rupture assumée avec le yachting traditionnel pour embrasser ce que les experts appellent désormais le « slow cruising ». Pour le lecteur de Skippers, habitué à la précision des carènes de régate ou au luxe des unités de croisière hauturière, le Sea Loft 480 impose une nouvelle grille de lecture où la destination importe finalement moins que l’instant présent.

L’architecture de ce navire de 14,10 mètres de long pour près de 5 mètres de large brouille volontairement les pistes entre le monocoque et le catamaran. Si sa silhouette peut surprendre les puristes, elle répond à un impératif de stabilité et de volume de plain-pied, une caractéristique rare dans cette taille. L’idée directrice est celle d’une « villa flottante ». Ici, on ne descend pas dans des cabines sombres ; on circule avec fluidité entre un carré baigné de lumière et des terrasses latérales dépliables qui agrandissent encore l’espace de vie au mouillage. Cette modularité, alliée à une cuisine extérieure et un solarium généreux, transforme le bateau en une plateforme de convivialité sans équivalent sur le marché. Jeanneau a d’ailleurs poussé le détail jusqu’à impliquer plus de 120 utilisateurs lors du processus de co-développement pour optimiser chaque flux de circulation à bord.

Sur le plan technique, le Sea Loft 480 assume son positionnement hôtelier et environnemental. Le navire est proposé avec une propulsion hybride qui fait du silence sa plus belle option. Équipé de deux pods électriques de 10 kW et d’un parc de batteries de 30 kWh, il offre une autonomie de 15 milles nautiques en mode 100 % électrique à une vitesse de croisière de 7 nœuds. Pour les traversées plus ambitieuses, le relais est pris par un générateur Fisher Panda de 20 kW, portant l’autonomie totale à 250 milles. La gestion énergétique est particulièrement soignée : les 12 panneaux solaires totalisant une puissance de 4,2 kW permettent de couvrir une grande partie des besoins du bord, autorisant ainsi jusqu’à cinq jours de mouillage en totale autonomie sans jamais solliciter le générateur. C’est une navigation apaisée qui s’offre aux plaisanciers désireux de déconnecter du tumulte urbain.

Un nouveau marché ?

Le marché visé par ce concept est vaste. Si les familles en quête de confort absolu y trouveront leur compte avec des versions allant de 3 à 4 cabines, le Sea Loft 480 s’adresse également de manière très directe au secteur de l’hôtellerie haut de gamme. Antoine Chancelier, Directeur Commercial chez Jeanneau, ne s’en cache pas : l’objectif est de proposer un « outil hôtelier » simple à exploiter, permettant aux établissements de bord de mer de proposer une suite de luxe flottante sans les contraintes de maintenance complexes d’un yacht classique. Avec un prix de départ aux alentours de 550 000 € TTC (500 000 francs suisses), ce modèle se positionne comme un investissement rationnel pour une nouvelle génération de plaisanciers ou d’investisseurs qui voient la mer non plus comme un terrain de performance brute, mais aussi comme un lieu de vie confortable et convivial.

En définitive, le Sea Loft 480 pourrait bien être le précurseur d’un renouveau profond de la plaisance en proposant une nouvelle manière d’habiter la mer… ou les lacs !

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