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SailGP à Rio : la baie de Guanabara en feu pour la grande première sud-américaine

par Jean-Christophe Guillaumin

Le 11 et 12 avril 2026, les catamarans volants de SailGP ont débarqué en Amérique du Sud pour la toute première fois. Décor de rêve, faits de course à la hauteur et, à la fin, les Australiens de Tom Slingsby qui repartent avec le trophée. Bienvenue à Rio.

Il suffisait de lever les yeux. Le Pain de Sucre d’un côté, le Christ Rédempteur veillant depuis les hauteurs du Corcovado de l’autre, et entre les deux, douze catamarans F50 prêts à filer à près de 100 km/h sur les eaux de la baie de Guanabara. Le cadre à lui seul aurait suffi à faire de cet événement un moment à part. La compétition entre les meilleurs marins du monde l’a rendu exceptionnel !

Prévu l’an dernier, l’événement avait dû être reporté après la découverte d’un défaut structurel dans les ailes des F50, ce qui avait imposé un programme de remplacement complet sur l’ensemble de la flotte. L’attente, finalement, n’a fait qu’amplifier l’impatience.

Grael chez elle, entre pression et émotion

Le symbole de l’événement portait un prénom : Martine. Pilote du Mubadala Brazil SailGP Team, première femme à tenir la barre dans le championnat, Martine Grael retrouvait ces eaux où elle avait remporté l’or olympique en 2016 en 49erFX, avec Kahena Kunze, à deux secondes des Néo-Zélandaises lors de la dernière course – les cariocas étaient alors aux anges… Dix ans plus tard, rebelote sur la même baie, avec une pression décuplée et un public brésilien chauffé à blanc. Mais la journée du samedi a commencé par une cruelle désillusion : une panne technique a retenu le Mubadala Brazil à quai pour les deux premières courses de la journée. Grael réagissait sobrement : « C’était une journée dure et frustrante, mais une fois qu’on a pu courir, c’était vraiment excitant de retrouver les départs et les bords de près ».

Serpents et échelles sur Guanabara Bay

Le vent était léger, instable, parfois quasi inexistant, et les quatre premières courses se sont déroulées dans des conditions qui maintenaient les F50 loin du décollage et de leurs incroyables vitesses de pointe. Résultat : quatre courses, quatre vainqueurs différents, les classements façonnés autant par les pénalités et les contestations que par la vitesse pure. Tom Slingsby, leader de la journée avec les Bonds Flying Roos, résumait la situation avec son humour habituel : « C’était vraiment difficile et incertain, un peu comme au jeu de serpents et d’échelles, mais on a eu un peu de chance et on s’en est bien sortis ». Artemis (Nathan Outteridge) s’imposait en course 1, Los Gallos impérial de bout en bout en course 2, Red Bull Italy capitalisait après un départ chaotique en course 3 pour offrir à Phil Robertson sa première victoire avec l’équipe italienne, et l’Allemagne concluait la journée par une remontée spectaculaire en course 4… Une première journée de feu !

Dimanche, les Roos décrochent Rio

Le dimanche a tenu ses promesses et l’enchaînement des courses a permis aux 3 meilleurs de se retrouver en finale. Au terme d’une course haletante, Tom Slingsby et les Bonds Flying Roos ont remporté le Grand Prix de Rio devant Los Gallos et Artemis, renforçant ainsi leur emprise sur le Rolex SailGP Championship. Les champions en titre britanniques d’Emirates GBR, eux, ont vécu un week-end cauchemardesque : retrait technique dès la course 1, puis une accumulation de pénalités qui les renvoyait dernier du classement du jour avec seulement cinq points tandis que les Néo-Zélandais n’ont pas pu prendre le départ suite à un problème technique. L’équipe suisse de Sebastien Schneiter finit 11e et n’a pas réussi à profiter d’un plan d’eau technique…

Bermudes en ligne de mire

La saison SailGP 2026 – 13 événements, 12,8 millions de dollars de prize money au total, et une récompense de 2 millions pour le grand vainqueur final – se poursuit dès les 9 et 10 mai aux Bermudes. Slingsby et ses Roos arriveront à Hamilton avec la pleine confiance d’un champion qui sait exactement où il va.

A suivre sur : sailgp.com

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