Le Club nautique Vallée de Joux a célébré les 15 et 16 août la 60e édition de son Bol d’Or. Un anniversaire qui a permis aux dériveurs et multicoques de retrouver l’un des terrains de jeu les plus singuliers de Suisse, alors que le wing foil faisait – enfin – son entrée dans le programme. Un excellent moyen de conjuguer patrimoine et nouvelles pratiques.
Junior, Mini/Maxi-Fun, Bol… Un programme endiablé !
Le samedi avait valeur de mise en bouche, avec le Bol Junior, le Mini-Bol/Maxi-Fun et la Coupe M3. Le lendemain, place au 60e Bol d’Or proprement dit. L’épreuve reste fidèle à son ADN : une régate internationale ouverte aux dériveurs et multicoques jusqu’à 20 pieds, et intégrée cette année au Trophy Interlac de l’ACVL. Mais pour ses 60 ans, le CNVJ avait aussi décidé de regarder vers l’avenir. La grande nouveauté de cette édition 2026 était une première « Wing Edition », signe de l’intégration progressive des nouvelles pratiques à foils dans le paysage des clubs traditionnels. Le choix n’est pas que symbolique : plutôt que d’opposer générations et supports, le club a choisi, et réussi, à faire cohabiter ces différentes pratiques sur le même plan d’eau. Excellente idée !
Ce mélange des genres correspond d’ailleurs parfaitement à l’histoire du Bol. Contrairement à une régate monotype, l’épreuve du lac de Joux a toujours revendiqué une flotte hétérogène et un classement permettant de confronter des bateaux aux performances différentes. Lors de l’édition 2026, près de 70 unités étaient ainsi inscrites, mêlant dériveurs, skiffs, multicoques et wing foils dans ce décor du Jura vaudois.
Une navigation sur le lac toujours compliquée
Le lac ajoute sa propre difficulté. Ici, pas de longue houle ni de stratégie océanique, mais une navigation où l’observation du plan d’eau et des reliefs devient centrale. Les risées peuvent redistribuer rapidement les positions et faire payer cher quelques dizaines de mètres de décalage. Dans ce type de régate, la vitesse pure n’est jamais une garantie suffisante pour l’emporter… bien au contraire ! Et c’est précisément ce qui fait la personnalité du Bol d’Or du lac de Joux. À taille humaine, très loin des centaines de bateaux du Bol d’Or du Léman, il demeure une épreuve où peuvent se croiser régatiers locaux, spécialistes du dériveur et équipages venus d’autres bassins suisses et internationaux.
En faisant entrer le wing foil dans son programme pour son 60e anniversaire, le CNVJ envoie aussi un message assez limpide : six décennies d’histoire n’empêchent nullement d’expérimenter. Sur le lac de Joux, la tradition continue de naviguer ; mais aussi, maintenant, de voler.
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