Passer au contenu principal

Skippers

🏛 » 24 heures du départ

24 heures du départ

par Quentin Mayerat

 

C’est la veillée d’armes au Port Rhu pour la flotte de . Demain, à 17h10 précises, les dix-sept yachts classiques engagés, en course ou en rallye, entre Douarnenez et Horta, quitteront la Bretagne et entreront de plain pied dans une aventure qui prendra pour beaucoup les allures de rêve d’une vie et d’une histoire forte partagée entre amis, en famille. Sur les pontons, alors que chacun s’affaire aux derniers préparatifs pour affronter les 1 100 milles atlantiques à destination de l’archipel des Açores, la plongée minutieuse dans les fichiers météo se fait de plus en plus prenante. Car si l’esthétisme de ces belles unités et la convivialité règnent d’un équipage à l’autre, elles n’éclipsent en rien le fait que dès le coup de canon de ce 14 juillet, la compétition prendra ses droits… entre gentlemen !

C’est la dernière ligne droite, celle des petits détails, des grandes questions et des ultimes visites de sécurité. Avec une quarantaine de points passés en revue les bénévoles de l’organisation ne chôment pas afin de s’assurer de la mise en conformité de toutes ces belles unités. On a beau s’aligner sur un yacht considéré comme classique, parce que construit avant 1976 et sorti à l’unité ou en petites séries, on n’en reste pas moins obligé de faire quelques concessions à la modernité, à commencer par une installation électrique et des appareils de navigation dignes de ce nom. Rivalisant de bois précieux, de lignes effilées, de raffinement absolu en matière d’aménagements, ces voiliers classiques recèlent donc aussi en leur sein un équipement proche des autres bêtes de course au large et démontrent que tradition et progrès font bon ménage. Côté caisse de bord en revanche, le lyophilisé n’a pas la côte sur l’Atlantic Trophée ! Légumes frais, cagettes de pommes de terre, jambons, saucisson, indispensable pâté Henaff et autres nourritures terrestres gagnent peu à peu les bords des uns des autres. Même en course, l’art de vivre reste la règle pour cette flotte d’exception.

Un tour en baie avant les Açores

Demain, à partir de 15 heures, les coursiers quitteront un à un le port Rhu, profitant de la marée haute et de l’ouverture des portes pour saluer une dernière fois cet écrin entre terre et mer. A 17 heures tapantes, Michel Vialet, président du comité de course, lancera le début de la procédure et libèrera les équipages dix minutes plus tard. Le flux de Nord Ouest d’une dizaine de nœuds devrait ainsi leur permettre d’assurer le spectacle en baie de Douarnenez et donner au public la possibilité d’assister depuis la côte à un parcours rythmé par une bouée de dégagement et un retour vers la marque de bout de ligne du départ, avant de gagner le large pour 1 100 milles d’une belle aventure humaine. Ultime marque à respecter avant de mettre le cap sur les Açores, la Tourelle de la Plate sera à laisser à bâbord et incarnera le premier obstacle, celui du raz de Sein. Derrière, avis aux stratèges qui auront toute latitude pour tracer le meilleur et le plus rapide des sillages vers Horta. Les premières heures de navigation devant se faire au près, elle génèreront certainement les premiers positionnement sur l’échiquier. Au Nord ou au Sud, chacun cherchera sa voie, en fonction du potentiel de sa machine et de son inspiration.

Ce soir, les équipages seront réunis pour une présentation officielle sur le village de l’Oberthur Atlantic Trophée, qui précèdera le traditionnel feu d’artifice de la ville de Douarnenez. Demain, à partir de 17 heures, ils joueront leur fête nationale à eux, celle qu’ils attendent comme un défi, une aventure, la concrétisation d’un rêve.

Dans la meme categorie