Passer au contenu principal

Skippers

🏛 » Berne réconcilie clients et exposants

Berne réconcilie clients et exposants

par Quentin Mayerat

© DR

Le ton a été donné dès le premier week-end : les visiteurs sont venus, pas forcément très nombreux, mais ils sont venus avec de vrais projets d’achat. Du 12 au 19 février, rares ont été les occasions pour les quelque 200 exposants de bailler aux corneilles. Comme toujours, certains stands semblaient aimanter la clientèle, d’autres paraissaient transparents. Mais la comparaison avec l’édition 2009, lugubre, est sans appel : il s’agit d’un bon cru. Chez Europ’Sails qui fête ses 20 ans et North Sails, bien rodés, l’humeur était au beau fixe, tandis que chez Quantum, pour lequel SuisseNautic représentait le lancement officiel de la marque en Suisse, on ne savait plus où donner de la tête. La douce musique du bulletin de commande se diffusait dans la halle des chantiers et importateurs de voiliers, comme dans celle des équipementiers. N’exagérons rien, personne n’a parlé d’euphorie, mais de bonnes affaires, surtout quand les nouveautés servaient de catalyseurs d’intérêt et que les exposants avaient investi dans l’aménagement du stand.

© DR

A chacun sa recette du succès

Ainsi, l’un des stands les plus remarqués, et pas uniquement pour son excellente situation à l’entrée de la halle voile, était sans doute celui des agents suisses de Bénéteau (Jack Beck et GrafYachting). Déco ad hoc, espace invités, nouveaux modèles savamment agencés, et comme toujours chez Bénéteau depuis quelques années, excellent rapport qualité-prix… D’ailleurs, le salon n’a pas été seulement l’occasion de signer avec des clients, mais également avec un nouveau représentant lémanique. La directrice du chantier Jack Beck, Patricia Kefaya-Wacker, qui importe Bénéteau en Suisse romande, a conclu un accord avec Tomas Garcia de Corsier Port pour s’occuper des clients lémaniques. Juste à côté, dans un tout autre style, Joseph Schuchter exposait en première suisse son tout nouvel Esse 750, destiné aux esthètes sportifs souhaitant pouvoir naviguer à la journée, seuls ou en équipage réduit. Une disposition habile en escalier permettait aux adeptes de la régate d’appréhender d’un seul coup d’œil la fratrie des Esse 750, 850 et 990. Avis aux amateurs du Bol d’Or Mirabaud, les trois monotypes y participeront avec un Schuchter à bord ! Quelques allées plus loin, le chantier Portier avait sorti les valeurs sûres de Dehler, à savoir le 32 pieds maintenant équipé d’une barre à roue, tout en annonçant les premières livraisons du Dehler 41 pour la fin de l’été, optimisé en version régate. Sur le stand adjacent, où les budgets requis n’étaient pourtant pas du même ordre, on se frottait les mains aussi : non seulement les petites unités lacustres des J Boats trouvaient preneurs, mais Peter Bangerter se réjouissait également de voir le tout premier J111 de la production européenne livré sur le Léman au printemps.

Nouveautés, aménagement des stands, mailing pré-salon... les exposants les plus entreprenants ont mis tous les atouts de leur côté pour attirer une clientèle plus qualitative que quantitative. © DR

François Séchaud est beaucoup plus réservé quant à l’utilité de SuisseNautic. L’importateur du  voilier le plus vendu en Suisse (soit 736 Surprise fin février) déclarait : « A part des répercussions dans mes charges, salon ou pas, je ne constate aucun changement sur le nombre de bateaux vendus. » Et le patron d’Aquaplanning de préciser en outre qu’« en fait, les meilleures années étaient même celles où le salon n’avait pas lieu. Certes, il faut montrer qu’on existe et c’est l’occasion d’entretenir les relations, mais le seul intérêt d’après moi consiste à pouvoir mesurer directement le potentiel de nos produits. Or on pourrait faire beaucoup mieux, je leur reproche depuis des années d’organiser le salon à cette date quand la moitié de la Suisse est en vacances, je suis sûr qu’on se prive ainsi d’au moins 35% de visiteurs. L’avancer à janvier, voire en novembre, nous profiterait beaucoup plus ». Interrogé sur le trimaran de conception VPLP qu’il exposait aussi, le patron François Séchaud se réjouit tout de même d’avoir pu susciter la curiosité d’un quart des visiteurs venus sur son stand : « Des essais sont prévus au printemps avec le Multi 23, qui offre une polyvalence à l’heure actuelle inexistante sur le marché. Il n’est pas trop pointu pour permettre de sortir en famille, mais on peut se faire plaisir avec des pointes à 25 nœuds, c’est parfait pour ceux qui en ont marre de la combinaison isotherme, à plat ventre sur les petits catas de sport . En plus, il ressemble à un 60 pieds. »

Le Dehler 32, ici en navigation, est maintenant disponible avec une barre à roue. © DR

Nouveaux équipements en vue

Protections d’impact intégrées aux nouvelles tenues Henry Lloyd. © DR

Toujours plus confortables, toujours plus résistants, toujours plus performants, les équipements ont fait le bonheur des équipiers et propriétaires en mal de shopping. Le stand le plus impressionnant à ce niveau était sans aucun doute celui de Bucher + Walt, le plus grand importateur suisse d’articles nautiques et électroniques. Il mobilisait 15 collaborateurs de la société le week-end, et au total 25 se sont relayés d’un bout à l’autre du salon. « On ne s’attendait vraiment pas à accueillir une telle foule, c’était une édition extrêmement positive pour nous », révèle Romain Walt, qui tient pourtant une explication toute simple : « C’est la première fois que nous envoyons notre catalogue dix jours avant le salon, en précisant que nous y serons, le message est bien passé. Nous ne vendons pratiquement rien sur place, il s’agit essentiellement d’explication des produits. » Parmi les nouveautés repérées sur les rayons, notons notamment le winch réversible Selden (avec boutons avant-arrière pour faciliter le travail du régleur de génois), le système de navigation Garmin complet avec anénomètre et pilote automatique (compatible Raymarine), ou encore les protections d’impact à glisser dans les poches intérieures des nouvelles vestes et pantalons Henry Lloyd. Le plus grand intérêt des visiteurs s’est focalisé sur la collection de vêtements Zhik, nouvellement disponible en Suisse, ainsi que sur… les GPS sondeurs de pêche !

Les juniors de Backbord débarquent ! © DR

Très rafraichissant, le modeste comptoir des lycéens de Backbord était peut-être celui qui donnait le plus d’espoir lors de cette édition de SuisseNautic. Huit élèves du collège de Kirchenfeld ont consacré leur projet de maturité à créer une société recyclant les voiles de bateau en étuis et sacs. Si l’idée n’est pas nouvelle, la fonctionnalité et l’esthétisme sont au rendez-vous, et l’esprit de ces entrepreneurs en herbe terriblement sympathique. Dans le sillage de SuisseNautic, ils recevaient le soutien de Young Enterprise Switzerland pour aller exposer à la foire internationale de Bratislava. Leurs créations peuvent être commandées sur backbord.net, où il ne faut pas louper la page Team qui met en avant ces minois d’adolescents avec leurs fonctions : CEO, Production & Achat, Finance ou encore Marketing & PR. Qu’on se le dise, il n’y a pas de lac à Berne, mais un nouveau vent y est né et souffle sur toute la Suisse.

Dans la meme categorie