En cette deuxième nuit de mer, les 46 solitaires encore en course naviguent toujours contre le vent au Sud des côtes britanniques et la flotte s’étire au large du cap Lizard derrière Eric Drouglazet (Luisina) et Jean-Pierre Nicol (Bernard Controls). Le vent de secteur Nord-Ouest commence progressivement à mollir avec l’arrivée d’une dorsale venue de l’Atlantique…
Depuis le départ de Ouistreham dimanche après-midi, les concurrents de La Solitaire du Figaro n’ont pratiquement fait que du près dans la brise et sur une mer formée. Mais en cette fin de deuxième nuit, les conditions deviennent plus maniables aux abords de la pointe extrême de la Cornouaille. Le premier solitaire à virer de bord la nuit dernière vers 22h fut le Britannique Sam Goodchild (Artemis) situé le plus à l’Est de la flotte alors que le gros du peloton a patienté jusqu’à minuit avant de basculer tribord amure, cap à l’Ouest quasiment devant l’entrée de Plymouth. Sur une mer nettement moins houleuse et bénéficiant d’une brise de Nord-Ouest 17 nœuds, les Figaro Bénéteau allongeaient la foulée à plus de 7 nœuds de moyenne : ils devaient parer le cap Lizard vers 5h30 et il leur restait 25 milles de plus pour contourner la pointe de Land’s End.
Etalement latéral
La traversée de la Manche a quelque peu étalé la meute qui navigue par petits groupes à la queue-leu-leu dans un carré de 15 milles de côté, Yanning Livory (One Network Energies) et Louis-Maurice Tannyères (St Ericsson) étant les plus au Sud. En pointe et au plus près des côtes, Eric Drouglazet (Luisina) et Jean-Pierre Nicol (Bernard Controls) naviguent de conserve avec un groupe compact dans leur sillage où se retrouvent le premier bizuth Morgan Lagravière (Vendée), Thierry Chabagny (Gedimat), Erwan Tabarly (Nacarat) et Jérémie Beyou (BPI). En fait, ceux qui ont tardé à se recadrer en entrant encore plus dans la baie de Plymouth à l’image de Frédéric Rivet (Vendée 1) ou d’Adrien Hardy (Agir Recouvrement) ont un peu perdu de terrain sur les leaders.
Quant à Eric Péron (Macif 2009) qui était positionné le plus à l’Ouest lors de la traversée de la Manche, il se retrouve 7 milles plus au Sud que le groupe de tête et cet écart ne devrait pas franchement diminuer au passage de la pointe de la Cornouaille. En fait, la bascule du vent est plus tardive et plus lente que prévue et les solitaires ne devraient pas tirer de bord dans la baie de Penzance puisque le vent s’oriente progressivement au Nord en mollissant. Il faut donc s’attendre à ce que le passage de Land’s End génère un effet de « chenilles processionnaires » puisque tous les concurrents vont se suivre, cap au Nord vers la mer d’Irlande…
Grosse fatigue
Cette fin de nuit est importante pour les organismes qui ont été particulièrement secoués depuis la pointe de Barfleur : les solitaires n’ont pas vraiment pu se reposer entre les algues à surveiller pour qu’elles ne se coincent pas dans les safrans, les vagues à négocier pour éviter que le bateau ne s’arrête, le vent à observer pour s’adapter à ses variations, la navigation à assurer pour décider du moment de virer… Cette fin de nuit est donc propice à un petit break pour changer de vêtements et se sécher, s’alimenter plus normalement, et si possible prendre un peu de repos avant une remontée vers l’Irlande qui s’annonce aussi très prégnante lorsque le flux de Sud-Ouest va imposer l’envoi du spinnaker… jusqu’à l’arrivée à Dún Laoghaire !
Ils ont dit
Erwan Tabarly (Nacarat)
« Le vent et la mer ont bien molli en début de nuit : des conditions plus maniables pour naviguer et j’en profite pour dormir un peu ! Je suis avec le paquet leader dans 15 à 20 nœuds de vent de secteur Nord-Ouest et on est passé du foc solent au génois. Après le cap Lizard, le vent devrait encore mollir : le prochain obstacle est une petite dorsale à contourner après Land’s End et nous aurons donc du près dans du petit temps. Je suis un peu fatigué puisque je n’ai pas dormi depuis le départ car il a fallu barrer tout le temps… »
Morgan Lagravière (Vendée) 1er bizuth
« C’est beaucoup plus agréable depuis que le vent et la mer se sont calmés. J’ai pu me reposer un peu parce que j’avais accumulé pas mal de fatigue depuis le départ. Je me suis changé : je suis tout beau, tout propre pour attaquer cette nouvelle journée qui s’annonce assez compliquée à négocier. Le vent va basculer au Nord dans un premier temps en s’essoufflant : il faudra contourner cette bulle anticyclonique par l’Est… Globalement, il est intéressant d’être aux avant-postes parce que ça devrait partir par devant. Mais il fait super froid quand même ! »
Thierry Chabagny (Gedimat)
« Il a fallu prendre les bascules dans le bon sens : là, le vent est passé au Nord-Ouest et on va sur un bord vers le cap Lizard. Il faut rester concentré pour garder le contact avec le paquet leader ! Il y a des coups importants à jouer vers Land’s End. J’ai pu faire quelques siestes d’un quart d’heure, assez courtes parce que les vagues étaient assez délicates à passer sous pilote. L’objectif prochain est la dorsale : dans le vent faiblissant, il va falloir s’extraire rapidement de cet axe anticyclonique pour attraper le vent de Sud-Ouest qui arrive ensuite. Et qui nous poussera jusqu’à l’arrivée… »
Gildas Morvan (Cercle Vert)
« J’ai viré assez tôt en essayant d’avoir la bascule au Nord-Ouest, mais elle n’est pas venue donc on est rentré à plusieurs dans la baie de Plymouth. Elle n’arrive que maintenant (5h) donc un peu en décalage : on est tous assez rapprochés et on arrive sous le cap Lizard. On navigue à vue, on voit des feux devant, des feux derrière : la flotte est assez compacte. Encore pas évident de se reposer cette nuit parce que le vent bouge pas mal, il faut être sur les réglages et ça cogne aussi, la mer est chahutée. C’est dur de prendre quelques minutes de repos : on verra plus tard quand ça va mollir. Actuellement, on a entre15 et 18 nœuds de Nord-Ouest, le vent vient de basculer donc on est au débridé pour aller vers le cap Lizard. Hier c’était un peu l’enfer, c’était du saute-mouton. Depuis la fin de journée en rentrant dans la baie, la mer s’est bien calmée mais il reste quand même des vagues : de temps en temps ça saute, c’est dur de s’accrocher, de se tenir dans le bateau et dehors. Après le cap Lizard, on s’attend à du petit temps, avec une dorsale qui arrive, du vent de Nord assez faible puis du Sud-Ouest qui va rentrer par la suite. »
There has been plenty of action in the first 24 hours of racing on the second leg of La Solitaire du Figaro from Caen to Dún Laoghaire, Dublin. Jean-Pierre Nicol, racing on board Bernard Controls moves into the lead following the bold decision to race in close to shore through the rocky area round the Cherbourg peninsula this morning, whilst David Sineau (Britanie Cosmetiques) is forced to abandon the race as a result of the damage suffered after hitting the rocks close to Barfleur. Twenty to twenty five knots of established breeze from the West, North-West continues to propel the fleet on the upwind slog across the English Channel towards Land’s End, the next point of passage, where the leaders are expected late Monday and early hours of Tuesday morning.
Soon after Sunday’s start the fleet was hit by a strong squall which left Louis Maurice Tannyères (St. Ericsson) with a ripped genoa and the accompanying French Naval Patrol ship, PSP Cormoran salvaging some drifting paddlers and holidaying fisherman from being swept out into the Channel. Overnight the solo sailors covered the first 120 miles from Caen across the Cotentin coastline, round the Cherbourg peninsula and down between Sark and Hern to round Guernsey a relatively strong 25 knots of wind, gusting 35. Local knowledge of the tricky tidal currents and rocky seaboard came in handy as the fleet negotiated the complicated passages; Jean-Pierre Nicol (Bernard Controls) being the boldest to sail on the inside of the Gros du Raz lighthouse through a very narrow channel in rough seas. The gamble paid off to give him a mile advantage over the chasing pack.
Fourteen miles now separate the fleet laterally, with Eric Peron (Macif 2009, 17th and 2.6 miles from the leader) positioned furthest out to the West and Sam Goodchild (Artemis, 36th and 5.4 miles from the leader) out on the Eastern side. Average boat speeds have slowed to just over 6 knots as they make headway to Land’s End. “We have clear blue skies this afternoon with a swell and choppy seas, 20 to 25 knots of established breeze ” described Jacques Caraës, the Race Director from the sea. “I imagine that now is the time for the solo sailors to try and get some rest in, let the autopilot do its job for a bit in the upwind conditions. There will be one more tack to realign and pass round Land’s End which we should reach late tonight or early hours of the morning Tuesday”, he continues.
Jérémie Beyou (BPI), Frédéric Duthil (Sepalumic), the rookie sailor Morgan Lagravière (Vendée), in 4th, Erwan Tabarly (Nacarat), Eric Drouglazet (Luisina), Gildas Morvan (Cercle Vert), and a list that reads like the Who’s Who of Figaro sailing race are within a few hundred yards of each other as they continue to make inroads on the 290 miles that remain to the finish in Dún Laoghaire. Phil Sharp (The Spirit of Independence) is the first British sailor, currently lying in 15th place and just 2.2 miles from the leader. Anthony Marchand (Bretagne Crédit Mutuel Espoir), who reported a non-functioning autopilot shortly after the start, holds to 28th with a 4.3 mile deficit. With twelve miles now separating the leader from the trailing boat, Sébastien Picault on Kickers, the time gap under the current 6 knots of average boat speed, builds to two hours.
The 40 strong members of the shore operations and race management have arrived to Dun Laoghaire’s National Yacht Club to prepare for the arrival of the 46 skippers expected on Wednesday 10th of August.
Quotes from the skippers at sea:
Jean-Pierre Nicol (Bernard Controls) – leading on the 16:00 position report rankings: « It has gone well for me so far: the first part of this leg was important off Cherbourg when I had to come in close to shore to shelter from the tidal currents. Then I went through the rocky are, which was pretty hairy. I just stayed below deck and used the autopilot and concentrated on watching the nav screen to get through the narrow passage. I did not want to be outside, it was too frightening! Now we are pretty much all on a port tack. It feels good being in the leading position, lets hope it lasts!
This afternoon, we are making progress with the wind to the left (west) and in the coming hours, we should have a new rotation to the right (Northwest). We are expected to reach Land’s End (tip of England) in the night or early morning … »
Anthony Marchand (British Espoir Crédit Mutuel) – limiting the damage: « I have had a few problems which started just outside Ouistreham. Firstly it was no electronics whatsoever. I have basically been stuck at the help since the start. The inshore start racing with the spinnaker was not easy at all in the waves. Then the night was difficult because I had no wind information. But all that is old news now. I have to limit the damage and keep the time deficit down to a minimum. Now I have changed to the solent jib, which means that there are 25 knots and it is shaking out here!”
Eric Drouglazet (Luisina) – in sixth place and 0.4 miles from the leader: « These are my kind of conditions and it was nice to go race in through the rocky area. We did that for the Tour de France à la Voile, but there, all alone with the screen on your knees, it’s quite something to be right in the middle of the rocks and race round inside the lighthouse at La Hague. But then at night, you see nothing, so there is less fear! Since then, I have put the solent jib on and I have managed three short naps. Currently we are on a port tack. No glitches to report on board: it’s pretty good and normal, but then conditions should ease off a little. The only real issue is the seaweed which you have to keep clearing from the rudders.”