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Deuxième étape Jour J, à Horta

par Quentin Mayerat

 

 

 

Un chameau par le chas de l’aiguille

 

– Une deuxième étape en plusieurs temps

– Sortir de l’influence de l’anticyclone des Açores sera compliqué

– La suite du parcours promet d’être rapide

 

Briefing météo studieux ce matin à l’hôtel Faial. L’exposé de Pascal Scaviner, chargé par Météo Consult de faire l’analyse météo de ce parcours retour laisse augurer quelques heures complexes au départ d’Horta. La faute à l’anticyclone des Açores, dont le centre est positionné légèrement au nord de l’archipel. Le but du jeu devrait être d’arriver à monter vers le nord, accrocher un régime perturbé, sans se faire prendre au piège des calmes proches du centre des hautes pressions.

 

Il va falloir réviser son petit Buys-Ballot illustré. Christoph Hendrik Buys-Ballot, météorologue néerlandais du XIXème siècle, fut le premier à découvrir comment les vents circulent autour des centres de hautes et de basses pressions, soit le sens des aiguilles d’une montre dans le cas de hautes pressions. Que les coureurs rencontrent des régimes généraux d’est et cela signifiera que le centre de l’anticyclone est dans leur nord, qu’ils accrochent des vents d’ouest et ils pourront considérer qu’ils sont bientôt tirés d’affaire. Mais les premières heures risquent d’être particulièrement complexes entre la tentation de s’éloigner du centre en faisant route vers le nord-est, voire vers l’est et celle d’arriver à franchir le col de hautes pressions pour accrocher le régime de nord-ouest leur permettant de faire route vers le golfe de Gascogne. Ensuite, ce devrait être la voie royale vers les Sables d’Olonne, au portant dans la brise. L’étape pourrait donc ne pas générer forcément des écarts en temps très importants, mais il faudra être opportuniste. Celui qui pourra, le premier, décoller sur la route directe, prendra un avantage certain. Mais le chemin pour y parvenir est semé d’embuches et l’on risque de voir plusieurs équipages se faire piéger dans les calmes.

 

Diagonales du fou

Les premières heures de course risquent donc d’être cruciales. Ce qui veut dire qu’il faudra, d’emblée, être dans le match, tirer le meilleur parti de son bateau, tenter d’être inspiré. Ce petit jeu pourrait bien avantager les Figaristes confirmés que sont Yannick Bestaven et Christophe Bouvet (Aquarelle.com). D’autres pourraient être tentés de jouer la prudence et marquer leurs adversaires, tels Jörg Riechers et Etienne David (Mare.de2) opposés à Jacques Fournier et Jean-Edouard Criquioche (Groupe Picoty). Une seconde séparant les deux équipages au terme de la première étape, il suffit de terminer devant l’autre pour espérer accrocher le podium, compte tenu des écarts que les quatre premiers ont déjà creusé sur le reste de la flotte.

Il reste que les routages témoignent de la difficulté de choisir une route gagnante : suivant les modèles météorologiques des différents opérateurs, certains routages poussent à tenter une route plein nord, voire même en rajoutant une pincée d’ouest, quand d’autres préconisent de contourner, dès le départ, l’île de Pico par le sud.

 

Une organisation du bord à reconstruire

Pour certains équipages enfin, il va falloir tout d’abord retrouver des marques communes. Ils sont en effet quatre équipages à changer d’équipier pour le retour. Une semaine de course commune, c’est autant de petits détails de la vie à bord qui ont pu être corrigés, améliorés, dans le sens d’une meilleure efficacité. Changer d’équipier, c’est aussi bouleverser quelques petites habitudes, pour retrouver au plus vite un rythme compatible avec les ambitions du bord. Ce devrait être relativement simple pour Denis Lazat et Frédéric Nouel (L’Express Sapmer) : ces deux-là ont réalisé l’opération à l’identique en 2009 et ont à leur actif depuis, une Transatlantique en double en commun. Pour peu que les apports techniques de Rémi Aubrun, équipier de l’aller, puissent être réinvestis, leur entente devrait vite trouver son rythme de croisière. Même cas de figure pour l’équipage de Techneau où Benoît Daval prend le relais de Gilles Dutoit auprès de son frère. Lionel Régnier et Denis Van Weinberg (Wanted Partner) se connaissent quasiment par cœur et la venue de ce dernier va, peut-être, introduire une nouvelle dynamique pour faire oublier la déconvenue de la première étape. Pour Stéphanie Alran (Velevent), le pari est autrement plus risqué. Son entente avec caroline Olagne-Vieille fonctionnait à merveille. Son nouvel équipier, Julien Pulvé, découvre le Class40. Pour ces deux-là, un petit coup de pouce du destin pourrait être bienvenu : enclencher une course sur une dynamique de réussite est souvent le meilleur moyen pour souder un équipage.

 

 

Classement de la première étape après jury

1 Aquarelle.com (Y Bestaven – C Bouvet) en 7j 10h 04mn 30s

2 Bureau Véritas (S Le Diraison – V Barnaud) à 4h 48mn 05s

3 Groupe Picoty (J Fournier – JE Criquioche) à 7h 19mn 04s

4 Mare.de2 (J Riechers – E David) à 7h19mn 05s

5 L’Express Sapmer (D Lazat – R Aubrun) à 11h 10mn 42s

6 Matetmat.com (M Galland – M Prochasson) à 17h 39mn 10s*

7 Grassi Bateaux (O Grassi – JB Glin) à 19h 24mn 31s

8 Techneau (A Daval – G Dutoit) à 21h 32mn 10s

9 Hip Eco Blue (A Fantini – S Merolla) à 1j 01h 27mn 28s

10 Velevent (S Alran – C Olagne-Vieille) à 1j 02h 13mn 50s

11 Wanted Partner (L Régnier – PY Cavan) à 1j 07h 14mn 22s

12 Spliff (A Dawson – J Mac Coll) à 1j 07h 38mn 25s

 

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