Après un peu plus de 48 heures de course sur la 10ème Transat AG2R LA MONDIALE, le Figaro Banque Populaire skippé par Jeanne Grégoire et Gérald Véniard se maintient aux avant-postes et pointe à la 4ème place à 15h00 à seulement 1,1 milles du leader. Et pourtant, l’équipage a du faire face cette nuit à des conditions dantesques : nuit noire, des pointes à 50 nœuds de vent et une mer démontée. Les infimes écarts entre les premiers après 400 milles de course au passage de Cap Finisterre démontrent à eux seuls, le niveau de compétition qui va régner sur cette transat vers Saint Barthélémy ! Et c’est tant mieux !
Qui n’a pas eu une pensée pour les 16 Figaro Bénéteau engagés sur cette transat, hier soir au moment d’aller se coucher ? Mais Ils s’y attendaient… Après un début de course sous forme de sprint, sur un seul bord au reaching, le Figaro Banque Populaire a été cueilli hier en début de soirée par 30-35 nœuds de vent moyen, avec des pointes enregistrées à 50 nœuds !
Quand on aime, on ne compte pas…
La conversation est brève mais le plus marquant demeure la voix du skipper de Banque Populaire ! Claire, nette, tonique, si les adjectifs pour décrire sa nuit sont forts, on ressent également toute l’expérience et la joie du marin qui retrouve son élément. « La mer était totalement déchaînée cette nuit ! Dans ces conditions, les virements de bord ont été sport et je me dis que nous avons de la chance de nous connaître parfaitement avec Gérald. Je n’arrête pas de répéter que nous n’avons plus besoin de se parler et bien dans 45 nœuds, avoir une confiance infaillible en l’autre est un atout ! », raconte Jeanne par téléphone en début d’après-midi.
Toute la nuit, le Figaro Banque Populaire a du faire face à de véritables murs d’eau et si la compétition demeure au centre des débats, l’équipage a aussi fait preuve de bon sens marin. « Nous sommes constamment attachés, les vagues balayaient le pont et le goût de l’eau salée est omniprésent dans la bouche. Nous n’avons pas beaucoup dormi mais nous avons gardé un rythme de quarts de 2 à 3 heures pendant lesquels je me suis concentrée sur la météo. », ajoute la navigatrice, à quelques petits milles du Cap Finisterre.
Un bon repas et ça repart !
Désormais, les conditions s’améliorent sensiblement puisque la flotte progresse à l’arrière du front froid. L’occasion pour le tandem de se restaurer un peu, « nous avons pris notre premier repas chaud ce midi : petit salé aux lentilles pour Gérald et hachis parmentier pour moi, un régal ! D’autant plus que nous les avons dégustés au soleil entre deux grains. », Le Figaro Banque Populaire file actuellement entre 8 et 12 nœuds vers la Porte de Palma aux Canaries. « Les écarts et les classements sont insignifiants, ce qui compte, c’est d’être dans le bon paquet. Dès la fin de journée, le vent va tourner au Nord-Ouest et nous pourrons alterner entre Génois et Spi. La météo est assez claire pour les prochains jours, il n’y aura pas d’options à prendre 24 heures avant Palma où l’on commencera à tirer les premiers bilans. En attendant, nous naviguons à vue avec Cercle Vert, Nacarat, Skipper Macif et Artemis. »
Terminé ce jeu de saute-mouton et place maintenant à la glisse. Si le vent va continuer à souffler à une vingtaine de nœuds, la flotte va retrouver des températures plus douces, dignes de saison. La bagarre promet.