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Skippers

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Tous gagnants !

par Quentin Mayerat

 

La cérémonie de remise des prix de la Panerai transat Classique 2012 a vu le triomphe de White Dolphin, premier en temps réel et compensé de cette belle course transatlantique. Mais au final, tous les concurrents sont les vainqueurs de leurs propres aventures.

 

 

 

Ils voudraient que le temps s’étire, que la montre Panerai édition spéciale Transat Classique ralentisse, que les moments de rires et de belles histoires partagés s’éternisent. Les marins de la Panerai Transat Classique 2012 savourent jusqu’à la dernière minute l’intensité de cette grande épopée, l’émotion de cette traversée de l’Atlantique en course sur des voiliers classiques. Chacun selon son tempérament, son histoire, ses désirs en retiendra pour longtemps des images, des sons, des sensations. Pour Joël Browaes, sur Valteam, néophyte de la navigation hauturière, reste une expérience presque monacale, avec des périodes de méditation entrecoupées de manœuvres physiques et collectives. À bord de Corto, Romain Bouchet, adepte des petits voiliers de course, techniques et spartiates, raconte sa découverte d’un univers jusque-là inconnu : « Le parcours est fantastique, tout au portant, idéal pour travailler la glisse. Car oui, on peut surfer avec un classique. J’ai emmagasiné beaucoup d’expérience pour la prochaine Mini Transat. Et le partage entre les amateurs et les semi-pros s’est très bien passé, avec Bruno Jourdren qui nous a tous appris beaucoup. » Et son comparse Damien Cloarec d’ajouter : « Ces bateaux sont durs et exigeants, mais nous avons vécu une aventure humaine très riche. Nous avons réalisé un gros match contre Persephone, mais aussi Gweneven qui a tenté une belle option. Même si nous avons très bien mangé, en mode cool, nous étions à fond tout le temps. Toute la traversée s’est passée sous spi avec des changements de voiles incessants. Le record du bord est de 15,3 nœuds dans un surf. »

 

 

Et le gagnant est… White Dolphin !

 

Cette étape, entre Cascais et La Barbade, a été marquée par des conditions de vent plutôt clémentes, mais les équipages ont dû affronter des mers difficiles, hachées et usantes, en particulier pour les plus petits bateaux de la flotte, lorsqu’il n’est plus possible de cuisiner et que dormir relève de l’équilibrisme, comme en témoigne Juliette Petres, sur Cipango : « Les trois hommes du bord sont costauds et, dans les bannettes, ils pouvaient bien se caler. Moi qui suis plus menue, je n’arrêtais pas de rouler d’un bord sur l’autre. » Mais malgré ces désagréments, tous s’accordent à trouver l’aventure magnifique comme l’a souligné Pascal Stefani, propriétaire de White Dolphin, le grand vainqueur de la Panerai Transat Classique 2012. Après avoir reçu la superbe montre Panerai, gravée du logo de la course, des mains de Julio Sato, représentant la maison horlogère italienne pour les Caraïbes et l’Amérique du Sud, il a adressé ce message aux organisateurs, Comet Organisation et Atlantic Yacht Club : « Nous avions tous un rêve, merci de nous avoir permis de le réaliser. » Un joli compliment pour tous ceux qui ont œuvré au bon déroulement de cette épreuve.

 

Un cadeau sympathique

 

Durant cette cérémonie de remise des prix, dans le cadre superbe du Beach House décoré aux couleurs Panerai, l’émotion était palpable et le spectacle d’Elizabeth et Matthew Kelman, 7 et 6 ans, très intimidés au moment de recevoir un prix spécial pour leur traversée, a constitué un moment attendrissant. Mais l’humour et la bonne humeur entre les concurrents étaient les invités d’honneur, en particulier lors d’un échange très sympathique entre deux voiliers qui se sont livrés une véritable régate au cœur de la course. Gérald Ravache, jeune propriétaire de Gimcrack, a offert à Maurice Benzaquen, propriétaire de Cipango, un morceau… de sa drisse de spi avec son mousqueton, la rupture de celle-ci lui ayant fait perdre tout espoir de franchir la ligne d’arrivée devant son adversaire. Cette offrande donne aussi l’occasion de souligner la performance de tous les marins qui ont su faire avancer leurs bateaux avec beaucoup de ténacité, tout en les préservant : très peu de casse est à signaler sur les bateaux et aucun équipier ne s’est blessé.

 

Et maintenant…

 

Pendant que tous se congratulaient, dans un bel esprit de fraternité maritime, Marie des Isles continuait vaillamment son petit bonhomme de chemin et est attendu entre le 4 et le 6 janvier sur la ligne d’arrivée. En cette veille de Nouvel An, bien des équipages vont se réunir dans la chaude nuit de La Barbade pour se souhaiter tous leurs vœux de belles navigations futures. Pour certains, elles commencent dès demain avec l’appareillage vers les Grenadines ou la Martinique. Pour The Blue Peter, c’est une nouvelle saison de course qui commence dans les Caraïbes avec, dès le 21 janvier, la Round the Island, à La Barbade, en compagnie de Valteam, et, un peu plus tard la Classic Yacht Regatta à Antigua, l’une des épreuves outre-Atlantique du Panerai Classic Yachts Challenge. Le spectacle continue… en attendant la prochaine édition de cette merveilleuse épreuve. En 2014 ?

 

 

 

Messages du bord

 

Marie des Isles
Bonjour à tous. Demain, à l’heure de la remise des prix, nous serons les absents de la fête et nous le regrettons Cependant, nous nous joignons par la pensée à la joie des premiers et à l’émotion de tous. Gabriella nous représentera et nous comptons sur elle pour nous garder la trace de ce moment particulier (merci de la prévenir). Sur l’eau, la vie est belle, l’alizé reste faible et les vents de 15 nœuds sont accueillis avec joie… et dépit quand, dans la nuit, ils s’évanouissent.Pour le reste, soyez assurés que tout va bien, le dernier thon pêché a été servi en mi-cuit avec compotée d’oignons et riz au curry vert de Guyane. Ce midi, salade de betterave rouge aux germes frais de lentilles, fromage et chocolat en dessert. Les activités du bord se poursuivent et les discussions sur l’avenir du monde occupent les quarts. Nous prévoyons une arrivée entre vendredi soir prochain (le 4 janvier) au mieux et dimanche sinon (le 6). A bientôt.

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