Avec NEO, Lagoon ne se contente plus de vendre des catamarans neufs : le chantier structure désormais une véritable seconde vie pour ses modèles les plus emblématiques. Après le 620, le programme de refit s’étend désormais aux Lagoon 450 et 42, une proposition qui devrait séduire autant les propriétaires privés que les opérateurs de charter.
Imaginer refiter son catamaran de grande série n’a jamais été simple. Pour se lancer, il fallait oser essayer de résoudre une équation délicate : prendre beaucoup de temps, imaginer une facture difficile à maîtriser et surtout attendre un résultat qualitativement dépendant du chantier retenu. Avec son programme baptisé NEO, Lagoon tente de changer la donne en industrialisant ce que les plaisanciers appellent depuis longtemps une remise à niveau lourde, un refit complet. Mais cette fois, il s’agit d’une opération organisée et pilotée par la marque, avec une méthodologie, des contrôles et surtout une promesse de garantie.
Le programme avait été inauguré avec le Lagoon 620, vitrine logique pour démontrer le savoir-faire du chantier sur une unité haut de gamme. Mais l’intérêt du dispositif prend une autre dimension avec son arrivée sur des modèles beaucoup plus répandus, en particulier le Lagoon 450. Produit à plus d’un millier d’exemplaires, ce catamaran de 13,96 m reste l’un des grands best-sellers du marché. Autrement dit, le vivier est considérable, surtout dans les bases de location où les 450 ont beaucoup navigué. Le Lagoon 450 NEO présenté à La Grande-Motte illustre bien cette nouvelle approche. Baptisé Lipopette, ce 450F exploité par VOGFLEET avait déjà une belle histoire derrière lui : des centaines d’élèves embarqués, plusieurs traversées de l’Atlantique, des saisons en Méditerranée et aux Antilles. Plutôt que de sortir le bateau du circuit, l’armateur a choisi une reconstruction raisonnée, réalisée à Bizerte, en Tunisie, avec les équipes spécialisées du groupe.
Un refit complet pour un prix raisonnable
Le package de base annoncé autour de 50’000 euros (46’000 francs) sur l’unité exposée va bien au-delà de la simple cosmétique. Il comprend un contrôle structurel et fonctionnel poussé, le remplacement du gréement dormant et courant, des trampolines et du lazy-bag, de nouvelles transmissions de barre, des reprises de composite sur le pont représentant environ 100 heures de main-d’œuvre, de nouveaux moteurs, un nouveau guindeau, ainsi qu’une remise à niveau complète de la plomberie et des aménagements intérieurs, huisseries comprises. À bord, c’est d’ailleurs l’intérieur qui frappe le plus : le bateau ne cherche pas à masquer son âge, il donne plutôt l’impression d’avoir retrouvé sa cohérence d’origine, avec des standards d’usage actuels.
Pour les flottes de charter vieillissantes, l’enjeu est évident. Entre l’achat d’un bateau neuf, le maintien en exploitation d’une unité fatiguée et la revente sur un marché de l’occasion parfois saturé, le refit constructeur ouvre une voie intermédiaire. Il permet de prolonger la valeur d’un actif connu, de rassurer les clients et, potentiellement, de réduire l’empreinte liée au renouvellement complet des flottes.
Quant aux propriétaires, seront-ils intéressés par ce concept novateur ? Le succès du programme NEO dépendra avant tout de la capacité de Lagoon à contenir les coûts, les délais et d’organiser toute la logistique qui va autour de l’opération. Mais sur le papier, l’idée est franchement séduisante : transformer les milliers de Lagoon déjà en navigation en une nouvelle gamme parallèle, plus responsable, plus accessible financièrement et presque aussi belle que le neuf.

