Sur l’Hudson River, avec Manhattan en toile de fond et la Statue de la Liberté pour horizon, le SailGP a une nouvelle fois fait son show. À New York, les F50 ont navigué dans un décor presque irréel, mais dans des conditions bien concrètes : vent instable, plan d’eau exigeant, décisions arbitrales lourdes de conséquences et une flotte contrainte de composer avec une journée de samedi finalement neutralisée.
Le rendez-vous new-yorkais devait se courir sur deux jours. Il s’est transformé en sprint dominical après l’annulation des résultats de la première journée, certaines équipes n’ayant pas pu être mises à l’eau dans des conditions équitables. Dans ce format ramassé, sans véritable droit à l’erreur, l’Australie a encore démontré pourquoi elle demeure la référence absolue du circuit.
Le BONDS Flying Roos SailGP Team de Tom Slingsby s’est imposé en finale face à Emirates GBR et NorthStar Canada, signant une troisième victoire consécutive cette saison et un quatrième succès en six épreuves. Une domination qui impressionne autant par sa régularité que par sa capacité à survivre aux scénarios les plus contrariés. Car les Australiens n’ont pas déroulé une partition tranquille. Leur dimanche avait même commencé dans la difficulté, avec un safran endommagé avant la première manche, puis une neuvième place initiale qui aurait pu compromettre leur accès à la finale.
Mais c’est précisément dans ces journées heurtées que les grandes équipes se distinguent. L’Australie a progressivement repris le fil de sa régate, avec une deuxième puis une troisième place, suffisantes pour se hisser dans le match final. Là encore, rien n’a été simple. Emirates GBR a longtemps semblé en mesure de contester la suprématie des Flying Roos. Mais dans les derniers bords, une option osée et une meilleure lecture d’une bascule de vent ont permis à Tom Slingsby et à son équipage de reprendre l’avantage au moment décisif.
En SailGP, la vitesse pure ne suffit pas. Les F50 volent au-dessus de l’eau, les écarts se creusent ou se referment en quelques secondes et, à chaque manœuvre, vous risquez de tout perdre… Et à ce petit jeu, les Australiens semblent, aujourd’hui, imbattables !
Pour l’Explora Journeys Swiss SailGP Team de Sébastien Schneiter, l’étape américaine laisse un sentiment plus contrasté. La Suisse termine neuvième de l’épreuve, avec deux points au classement de l’événement. Après la cinquième place obtenue aux Bermudes, où l’équipe avait affiché de réels signes de progression, New York rappelle une réalité cruelle : le niveau est exceptionnel. Dans ce championnat, la moindre erreur se paye cash.
Au classement général, l’Australie prend désormais une avance nette. Avec 55 points, les Flying Roos devancent Emirates GBR, deuxième avec 44 points. Derrière, la lutte reste intense pour les places qualificatives en finale de saison, tandis que l’Espagne, handicapée par l’annulation de son excellent samedi puis par des problèmes techniques le dimanche, recule dans la hiérarchie. Pour la Suisse, l’enjeu est clair : retrouver de la constance, mieux convertir les départs et capitaliser sur les phases de vitesse qui avaient permis à l’équipe de se rapprocher du haut de tableau lors des épreuves précédentes.
La prochaine étape se disputera à Halifax, au Canada, les 20 et 21 juin 2026. Elle s’annonce déjà comme un rendez-vous important pour la suite du championnat. L’Australie y arrivera dans la peau de l’équipe à battre, plus que jamais. La Suisse, elle, devra y chercher un rebond, avec l’ambition de renouer avec une dynamique plus conforme à son potentiel avant les grands rendez-vous européens et le retour très attendu du SailGP à Genève en septembre.
Informations : sailgp.com



