Après un Vendée Globe 2024-2025 mené avec une maîtrise remarquable, Justine Mettraux change de braquet. Son futur IMOCA TeamWork – Team Snef est désormais en construction chez CDK, à Lorient. Un bateau neuf, signé Guillaume Verdier, pensé autour de la navigatrice suisse et de ses (grandes) ambitions pour le Vendée Globe 2028.
Chez CDK, le futur IMOCA de Justine Mettraux n’est plus un rêve. Il prend forme avec méthode dans ce chantier de haute technologie spécialisé dans la construction de bateaux de course au large. Les premières pièces de carbone ont été drapées, la coque se découvre au fur et à mesure, et l’aventure TeamWork – Team Snef entre dans sa phase la plus concrète. Pour la navigatrice genevoise, recordwoman du Vendée Globe féminin, ce nouveau bateau marque un tournant majeur : celui du passage d’un bateau performant mais ancien à un coursier des mers entièrement conçu pour elle.
Lors du dernier Vendée Globe, Justine Mettraux avait frappé fort. Huitième du classement général, première femme de l’édition, elle avait bouclé son tour du monde en 76 jours, 1 heure, 36 minutes et 52 secondes, établissant une nouvelle référence féminine sur l’épreuve. Une performance d’autant plus remarquable qu’elle naviguait sur un bateau déjà éprouvé : l’ancien Charal, un plan VPLP de 2018. Un IMOCA rapide, exigeant, et surtout imaginé à l’origine pour un autre marin… et une autre génération de bateau.
Le dessin du tout nouveau 60 pieds a été confié à Guillaume Verdier, l’un des architectes les plus influents de la classe IMOCA. Il ne s’agit pas d’un bateau jumeau ni d’une simple évolution d’un plan existant, mais bien d’un prototype unique, pensé autour du profil de Justine Mettraux, de sa manière de naviguer et de son objectif : arriver au Vendée Globe 2028 avec une machine capable de jouer les premiers rôles.
Un chantier titanesque…
Le chantier a déjà mobilisé plusieurs milliers d’heures de travail près de 3’800 à ce jour. Autour de la coque, huit à dix personnes interviennent dans ces étapes essentielles de construction, tandis que l’équipe dédiée affine les derniers arbitrages techniques. Sous la direction de Simone Gaeta, avec Nicolas Andrieu au bureau d’études, chaque détail compte : équilibre de la carène, intégration des foils, ergonomie du cockpit, fiabilité des systèmes, gestion de l’énergie. Sur un IMOCA moderne, la performance ne se résume plus à la vitesse pure. Elle dépend aussi de la capacité du marin à tenir longtemps, à manœuvrer juste, à préserver la machine et à rester lucide dans le fracas – à tous les sens du terme – du large.
Et dans ce domaine, que le nouveau TeamWork – Team Snef tente de faire un vrai pas en avant. Justine Mettraux est un marin qui navigue avec précision, régularité… une efficacité redoutable. Le nouvel IMOCA sera bien sûr puissant et rapide ; marin, fiable et cohérent pour sa skippeuse. Mais l’objectif est aussi de permettre de parcourir de longues distances sans transformer chaque mille en duel contre la fatigue ! Un objectif que cherche à atteindre tous les skippeurs sur la nouvelle génération de bateaux en construction.
L’énergie embarquée fera aussi partie des points clés. Le Groupe Snef, partenaire du projet, apportera son expertise dans ce domaine devenu central à bord.
La mise à l’eau est prévue au printemps 2027. Il restera alors quelques mois d’essais, de validation des systèmes et de réglages avant la Transat Café L’Or, puis la montée en puissance vers le Vendée Globe 2028. En attendant, Justine Mettraux continue d’accumuler les milles et les expériences, en navigant sur différents supports.
Avec ce nouvel IMOCA, nul doute que Justine Mettraux devrait pouvoir jouer les premiers rôles.