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Le 1er Août d’Alinghi,

par Quentin Mayerat

Alinghi ne pouvait rêver mieux ! En choisissant de présenter son nouveau bébé au public suisse le jour de la Fête nationale, le Defender de la 33e America’s Cup a réussi à reconquérir ses supporters de manière inespérée. Dix mille personnes se sont en effet ruées sur les quais d’Ouchy pour assister à la présentation du monstre de carbone, Alinghi 5. Des centaines de bateaux à voiles et à moteur ont ensuite participé la parade nautique qui a suivi le show lausannois jusqu’à Genève, en passant par Morges, Rolle et Nyon. Pour combler le tout, la météo ne s’est pas privée de jouer le jeu en offrant à l’équipage suisse une journée d’exception. Soleil en abondance et une légère brise… juste suffi sante pour lever un patin.

Conflit juridique oublié
L’enthousiasme de la foule et des membres du team a démontré que le fond du confl it -un protocole jugé abusif et un yacht-club fantoche en guise de Challenger of record – est désormais relégué aux oubliettes. Même si une partie de la communauté vélique a longtemps légitimé la position de BMW Oracle, la cote de popularité du défi américain semble être au plus bas. Le syndicat dirigé par Russell Coutts a négligé la carte de la séduction, comptant à tort sur une communication stricte et factuelle. Force est de constater que la voie choisie n’a pas payé. Aujourd’hui, quelles que soient les affinités entretenues envers l’un ou l’autre des projets, chacun fait le constat qu’Alinghi a pratiquement remporté son défi, même si l’America’s Cup doit encore se jouer sur l’eau. Après sa dernière défaite en appel, le syndicat d’Ernesto Bertarelli a en effet réussi à gagner le temps qu’il lui fallait pour se repositionner avec une belle longueur d’avance sur son Challenger. Ce dernier, qui semble s’être fait prendre à son propre jeu, n’a certainement pas sorti toutes ses cartes, mais sa marge de manœuvre est largement réduite et il lui faudra faire preuve de pas mal de créativité pour remonter la pente.

Un engin déjà mythique
Mais lors de ce 1er Août, où la fi erté helvétique est plus forte que jamais, personne ne se préoccupe d’Oracle et de ses éventuels projets. Le complexe de petit pays n’existe plus. La Suisse est capable de défier le géant arrogant d’outre-Atlantique qui attaque sur tous les fronts, fi nancier comme sportif. Le catamaran blanc, offert à la population le temps de cette journée nationale représente pour toutes les personnes présentes cette victoire. Le voilier a tout pour séduire, il est issu des développements réalisés avec le 41 pieds qui a remporté le Bol d’Or à quatre reprises. En plus d’être assez esthétique, Alinghi 5 est un trésor de technologie. Son équipage est d’ailleurs aux anges, et ne cesse de faire ses éloges. « C’est le plus beau bateau du monde », confie Yves Detrey habité par un large sourire depuis le début de la journée. Nils Frei, autre équipier suisse, est également comblé par ces premières expériences sur le géant blanc. « Ce qui est extrêmement positif, c’est que tout s’est passé comme nous l’envisagions », explique le Biennois. Et de poursuivre : « Il n’y a eu aucune mauvaise surprise. Le travail de planification a été réalisé de manière remarquable. Ce que nous avons acquis sur le ‘Black’ représente un gain considérable. »

Accueil genevois en grandes pompes
Après avoir paradé le long des rives du Léman, et même déroulé son gennaker entre Versoix et la Tour Carrée, histoire de montrer sa capacité à lever un fl otteur, Alinghi 5 a rejoint la SNG, le defending Yacht Club. La Conseillère Fédérale Micheline Calmy-Rey, tout juste de retour de Washington après les négociations sur l’UBS, était présente pour remettre offi ciellement à Fred Meyer et Ernesto Bertarelli le pavillon suisse, qu’elle a elle-même hissé le long de l’étai. Deux conseillers d’Etat genevois, François Unger et David Hiller, se sont également déplacés à bord de la barge spécialement aménagée pour recevoir l’immense catamaran. Les membres du club ont ensuite eu la possibilité de venir admirer le voilier. Le lac n’a pas désempli de bateaux pendant tout l’après-midi. Plusieurs personnes, notamment Ernesto Bertarelli, ont évoqué les souvenirs d’Auckland et Valence en voyant autant de supporters sur l’eau. Le patron du défi suisse a également déclaré que si ce « Deed of Gift Match » était regrettable car il laissait de nombreuses équipes sur le carreau, il représentait toutefois une opportunité de naviguer en multicoque : « C’est ce que nous faisons ici sur le Léman, et c’est ce qui nous plait. »

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