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Anthony MARCHAND Et Corentin HOREAU PARES Et En Confiance

par Quentin Mayerat
A 48 heures du départ de la Transat Bretagne-Martinique (dimanche, à Brest), Corentin Horeau et Anthony Marchand, les skippers des Figaro Bretagne – Crédit Mutuel Espoir et Bretagne – Crédit Mutuel Performance, sont fin prêts. Ils sont surtout en confiance, après leurs excellents résultats du prologue dimanche dernier (4e et vainqueur). En partance pour trois semaines de mer à travers l’Atlantique – destination Fort-de-France -, les conditions viriles annoncées pour la première semaine de course ne les effraient pas. A les entendre, on pourrait même croire qu’ils aiment ça. Entretiens…

 

 

Anthony Marchand, Bretagne – Crédit Mutuel Performance : « le terrain de jeu est très ouvert »

 

« La météo s’annonce assez virile, au moins sur la première partie de course. Nous allons évoluer dans des systèmes dépressionnaires, avec des passages de front, du vent fort, de la mer et du froid. Au moment du départ, ça ira avec 15 noeuds de vent, mais rapidement on pourra avoir le double, 30 noeuds donc, pendant une bonne semaine voire plus. Il y aura un choix à faire entre perdre beaucoup de terrain pour aller chercher un semblant d’alizé au Sud, ou bien à l’inverse rester sur la route directe au Nord, mais en affrontant tout le train des systèmes dépressionnaires dans des conditions difficiles. On a le temps encore pour affiner nos prévisions. C’est possible d’avoir quelques doutes au départ dimanche et de devoir prendre la décision plus tard, entre une transat un peu plus sous le soleil et une transat en mode hivernal ! ! On a déjà vu sur une Transat AG2R des vainqueurs qui avaient compté jusqu’à 650 milles de retard en allant au Sud… mais il ne faut pas se tromper car contrairement à une étape de la Solitaire, on ne peut pas retraverser le plan d’eau pour changer d’option ! Le terrain de jeu est très ouvert jusqu’en Martinique : on a juste à laisser à tribord Teircera, dans l’archipel des Açores, donc la décision peut être prise même quatre ou cinq jours après le départ. Le prologue était sympa pour le moral, car j’ai remonté beaucoup de bateaux. Je sentais que j’étais présent, que le bateau avançait bien, qu’on avait bien travaillé cet hiver. C’est sûr que ça met en confiance. Maintenant, dans les dernières 48 heures, j’ai pas mal de rendez-vous média, mais tout est prêt : on va faire les dernières courses ! de produits frais et s’isoler demain samedi pour travailler encore la météo… »

 

Corentin Horeau, Bretagne – Crédit Mutuel Espoir : « prêt à faire face »

 

« A 48 heures du départ, je me sens très, très bien ! Je suis impatient d’y aller. Tout est prêt, je pourrais même partir dès aujourd’hui vendredi s’il le fallait. J’ai envie d’y aller et de bien faire les choses… Je suis programmé pour cette transat ! J’étais bien dans le coup sur le prologue (4e). Je pense que le travail de cet hiver a payé et comme Antho (Marchand) a gagné, c’était super pour les partenaires de voir les deux bateaux Bretagne – Crédit Mutuel terminer 1er et 4e. Maintenant, il ne faut pas s’enflammer : ce n’était que le prologue, mais c’est vrai que c’est encourageant. Côté météo, on devrait partir dans du vent modéré, entre 12 et 15 noeuds, sans doute au reaching vers le cap Finisterre. Ensuite ça va vite se renforcer, dès la deuxième journée de course. C! e sera des conditions un peu difficiles avec de la mer et du vent d’ouest-nord-ouest qui tournera en se renforçant au nord-nord-ouest. L’Atlantique ensuite c’est un peu un chantier ! Les modèles météo changent tous les jours et bien malin qui pourrait dire maintenant si c’est l’option sud ou la route directe qu’il faudra suivre. Faudra-t-il faire du près jusqu’aux Açores ou bien, au contraire, essayer de glisser le long de l’Espagne ? On verra bien, mais ça m’étonnerait qu’on envoie le spi avant au moins 5 ou 6 jours de course. En tout cas, les conditions musclées annoncées pour cette première semaine me vont bien : le bateau va vite et je me suis préparé à ça cet hiver en m’entraînant dans de grosses conditions. Je suis plus à l’aise sur le bateau que l’an dernier et je suis prêt à faire face, ça fait partie du job ! Pour moi qui suis un vrai bi! zuth sur une transat, c’est une vraie aventure et c’est aussi ce qui fait la beauté de cette course. Je veux dire que même si par malheur je faisais un mauvais résultat, je serais quand même content d’arriver de l’autre côté. Car une transat en solo à 23 ans, c’est quand même quelque chose. Mais avant tout j’ai envie de me battre contre les autres, d’attaquer pour ne pas me faire distancer… et d’essayer de profiter des bons moments ! »

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