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SailGP et America’s Cup : 2027, l’année de tous les conflits?

par Jean-Christophe Guillaumin

Entre la multiplication des épreuves SailGP, l’échéance de l’America’s Cup à Naples et une bataille judiciaire qui fragilise le défi britannique, la saison 2027 s’annonce mouvementée pour les meilleurs régatiers de la planète… La course à la victoire pourrait bien se jouer à terre, devant les tribunaux et dans les bureaux des directeurs sportifs !

La saison 2027 s’annonce comme un véritable casse-tête pour les grandes écuries de la voile internationale. SailGP a programmé treize événements à travers le monde, tandis que la 38e America’s Cup se disputera à Naples entre mai et juillet. Deux circuits majeurs qui mobilisent une partie des mêmes navigateurs, au risque de multiplier les conflits de calendrier. Le coup d’envoi sera donné les 23 et 24 janvier à Hong Kong, nouvelle étape du circuit SailGP. Les F50 prendront ensuite la direction de Perth, les 20 et 21 février, puis de San Francisco début avril et des Bermudes les 1er et 2 mai. Un programme déjà chargé auquel s’ajouteront Halifax, les 15 et 16 mai, et New York, les 5 et 6 juin. Six rendez-vous en moins de cinq mois, avant même le début de l’été européen.

Mais c’est surtout en Méditerranée que se concentreront les enjeux. À Naples, la Louis Vuitton Cup débutera les 22 et 23 mai par des régates en flotte, avant les confrontations en match racing. Les demi-finales se tiendront à partir du 16 juin, tandis que la finale des challengers s’achèvera au plus tard le 4 juillet, selon le calendrier prévu. L’America’s Cup proprement dite commencera le 10 juillet, avec une possible conclusion le 19 juillet.

Si les dates ne se superposent pas systématiquement, les périodes de préparation, d’entraînement et de développement technique seront directement affectées. Les navigateurs engagés sur les deux circuits devront multiplier les déplacements entre l’Europe, l’Amérique du Nord et l’Asie, tout en conservant le niveau d’exigence nécessaire pour piloter des machines capables de dépasser les 50 nœuds. Des supports par ailleurs très différents entre un monocoque volant de 75 pieds et un catamaran – certes tout aussi volant – de « seulement » 50 pieds.

GB1, entre préparation sportive et bataille judiciaire

La situation britannique illustre parfaitement ces tensions. Sir Ben Ainslie, à la tête du défi GB1, doit composer avec un calendrier particulièrement serré et un différend judiciaire avec son ancien partenaire, INEOS, propriété du milliardaire Sir Jim Ratcliffe. Depuis leur séparation en 2025, les deux parties s’opposent sur la propriété de Britannia, l’AC75 qui avait permis aux Britanniques de remporter la Louis Vuitton Cup en 2024 avant de s’incliner en finale de l’America’s Cup face à Emirates Team New Zealand. INEOS réclame la restitution du voilier et de plusieurs actifs financés lors de la précédente campagne. Selon les documents déposés devant la justice britannique, le groupe affirme avoir investi 174 millions de livres sterling dans le programme et chiffre sa réclamation à au moins 10 millions de livres. Athena Racing, la structure d’Ainslie, conteste cette interprétation du contrat et dénonce les méthodes employées par son ancien partenaire. Les documents judiciaires font notamment état d’accusations de pressions et d’intimidations, ainsi que de difficultés d’accès à certaines installations et ressources techniques. INEOS conteste ces accusations et indique vouloir laisser la justice trancher…

Une préparation compromise ?

Pour GB1, le principal danger concerne désormais le temps disponible pour fiabiliser et optimiser son AC75. La remise à l’eau du bateau modifié pourrait ainsi n’intervenir qu’à la fin janvier 2027. Une échéance qui laisserait moins de quatre mois de préparation avant les premières régates de la Louis Vuitton Cup… Clairement insuffisant, même pour un marin aussi titré qu’Ainslie. La présence de Dylan Fletcher, champion SailGP et barreur de GB1, symbolise également les difficultés auxquelles seront confrontés les équipages. Entre deux circuits exigeants, la gestion des ressources humaines, de la fatigue et des risques de blessure pourrait devenir déterminante.

Une année qui s’annonce passionnante pour les amateurs que nous sommes et qui pourrait se jouer – comme c’est déjà arrivé – devant les tribunaux mais aussi dans les bureaux des directeurs sportifs qui vont devoir jouer sur le planning de leurs navigants…

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