Texte ) Louis Taurel
Le Gran Turismo 50 qui nous est proposé à l’essai arbore une belle teinte bleu abysse propre à la série limitée Alpine (option coque peinte en supplément du pack Alpine). Les générations de Gran Turismo qui se sont succédé ont toujours affiché leur filiation avec l’automobile, mais ce nouveau 50 pieds, avec ses lignes tendues, sa ceinture de coque plus basse que ses prédécesseurs, son étrave inversée et sa sellerie très soignée, assume clairement ce positionnement. On ressent également une montée en gamme dans le choix de l’accastillage : les balcons, taquets et mains courantes sont ici en noir mat. Les chandeliers, également noir mat, sont inclinés vers l’avant, donnant une sensation de vitesse alors même que le bateau est immobile, amarré au ponton. Autre petit détail, des éclairages LED sont dissimulés à l’intérieur et à l’extérieur du bateau de manière à renforcer la signature visuelle de ce Gran Turismo.
En accédant au cockpit arrière, on retrouve un îlot regroupant des bains de soleil puis une large table de cockpit permettant d’accueillir plus de convives qu’il n’y a de couchages dans ce Gran Turismo. Le bain de soleil abrite un grand coffre dans lequel il est possible de stocker tous les jouets essentiels au mouillage.
Si l’espace disponible autour de cet îlot peut paraître exigu, c’est sans compter sur les bordés déployants de chaque côté du cockpit ainsi que sur la large plateforme arrière qui permettent d’obtenir quelque 12 m² supplémentaires. La plateforme de bain a une capacité de charge de 400 kg et fait 4,2 m de large, ce qui est amplement suffisant pour accueillir une annexe de taille généreuse. Toujours sur cette plateforme, côté bâbord, on retrouve une échelle de bain escamotable. Sur tribord, on découvre un véritable escalier, avec des marches pliantes, qui prend forme lorsque la plateforme est immergée en position basse.
En empruntant les passavants, on retrouve sur le pont de classiques bains de soleil ainsi qu’un cockpit avant encastré dans le pont, créant un petit cocon et un astucieux espace pour venir manipuler le davier escamotable sans devoir se plier en quatre.
Sous le pont, on retrouve 3 cabines et deux salles de bain : l’une dédiée aux propriétaires, l’autre servant de cabinet de toilette de jour et pour les deux autres cabines d’invités. Les finitions y sont également soignées, les poignées de porte noires sont magnétiques, permettant de maintenir efficacement les portes fermées en navigation.
De retour sur le pont, le cockpit est séparé du carré par une cuisine surmontée d’une vitre basculante permettant de rassembler ces deux espaces intérieur et extérieur, tout en proposant un bar dans lequel on retrouve l’évier et les plaques de cuisson. Tous ces éléments, finitions Alpine obligent, sont teintés de noir.
Au poste de barre, on est immergé dans l’univers automobile : barre tulipée en Alcantara siglée Alpine avec repère de centrage, siège baquet semi-enveloppant en cuir surpiqué, planche de bord en carbone, boutons-poussoirs et commandes qui tombent naturellement sous la main droite. Sous la barre se trouve la plaque numérotée Beneteau X Alpine ; nous sommes sur une édition limitée à 110 exemplaires (en référence et hommage à la légendaire Berlinette qui a fait la renommée d’Alpine sur route, en rallye et sur circuit de 1962 à 1977).
Il est temps de démarrer les moteurs, deux Volvo de 480 ch chacun avec transmission IPS. On note que l’insonorisation, si elle n’est toujours pas parfaite, a fait beaucoup de progrès par rapport aux précédentes versions. Une fois le chenal d’accès à Monfalcone derrière nous, il est temps de voir si ce bateau se montre aussi dynamique que son aspect le laisse présager. Les conditions de ce jour de mi-juin sont idéales : très peu de vent, une mer plate et une coque neuve, toute propre.
À la barre, le Gran Turismo se montre incisif et précis ; difficile de se rendre compte que nous naviguons à bord d’une unité de 50 pieds cubant plus de 18 t avec sept personnes à bord. On atteint facilement la vitesse maximale de 31 nds. À cette allure, le bateau est comme sur un coussin d’air, à plat. En laissant le trim automatique, il vire à plat et ne cavite pas, gardant toute sa motricité, y compris dans les manœuvres serrées à haute vitesse.
La vitesse de croisière rapide cible est de 26 nds ; à cette allure, nous engloutissons 155 l par heure et avons une autonomie de 201 milles nautiques (avec 10 % de réserve). En naviguant à 17 nds, le bateau est également dans ses lignes et la consommation chute en dessous des 100 l à l’heure.traduis en allemand et en anglais




Photos ) Louis Taurel